CHAPITRE PREMIER
contre Napoléon, et destinés, en fait, à agir de concert avec la coalition;
Dans le Valais et en Savoie, soixante mille Austro-Sardes, sous le lieutenant général Frimont;
Sur le Var, dix mille Sardes, aux ordres du général d'Osasco.
C'étaient, en tout, sept cent soixante-quinze mille hommes, sans compter les garnisons des places frontières ; et, derrière ces masses, s'organisaient ou s'avançaient déjà des réserves évaluées à trois cent mille hommes.
De la Méditerranée à la mer du Nord, la France était donc menacée par plus d'un million de soldats.
L'empereur de Russie, l'empereur d'Autriche et le roi de Prusse s'étaient rendus à Heidelberg pour être plus près des événements.
Résolus à n'agir que par masses toujours à même de s'appuyer les unes sur les autres, ils attendaient, pour donner le signal des hostilités, que l'armée russe fût arrivée sur Kaiserslautern, à hauteur de la droite de Schwartzenberg. Elle devait y être avant le 1er juillet. Ce serait donc ce jour-là, au plus tard, que se porteraient les premiers coups.
Le plan d'opérations adopté avait été inspiré par l'expérience des deux dernières campagnes si funestes à la France. Il peut se résumer en peu de mots.
Schwartzenberg devait passer le Rhin en deux colonnes principales, mises simultanément en mouvement: celle de gauche à Râle et Rheinfelden ; celle de droite à Germersheim et Mannheim, s'appuyant à l'armée russe. Il forcerait le passage des Vosges, de la Queich, de la Sarre, enlevant les places mal défendues, masquant celles qui voudraient résister et repliant d'un côté sous le canon de Réfort, de l'autre sous celui de Strasbourg, les corps couvrant l'Alsace. Sa direction générale serait sur Saint-Dizier et Châlons-sur-Marne.
Les Russes franchiraient la Sarre plus bas que le général
autrichien, la Moselle entre Thionville et Metz, la Meuse près de Verdun, et se dirigeraient vers Châlons-sur-Marne et Reims, ayant aussi enlevé ou masqué les forteresses qui se trouveraient sur leur ligne d'opérations.
Le corps de Kleist était destiné à faire une trouée entre nos places de la Meuse vers Sedan, à les observer, à les attaquer.
Bli'icheret Wellington régleraient le moment de leur entrée en campagne sur les progrès des Russes et de Schwartzenberg. Ils déboucheraient vers Maubeuge et Avesnes, marchant sur Laon.
L'objectif commun de toutes ces armées était Paris.
L'arc immense formé par leurs lignes, appuyé par une extrémité à Baie, par l'autre à Ostende, devait se courber progressivement jusqu'à enfermer dans un cercle de fer la capitale de la France.
Là où serait Napoléon, on tâcherait d'éviter la bataille tant qu'on n'aurait pas à lui opposer des forces numériquement très-supérieures. On se souvenait de la campagne de France.
L'objectif des Austro-Sardes réunis dans le Valais et en Savoie était Lyon. Après s'être emparés de cette ville importante, ils devaient remonter une partie du cours de la Saône et se reliera la gauche de Schwartzenberg.
Tel était le plan de campagne des coalisés.