‹ Histoire de la campagne de 1815, WaterlooChapitre 50 sur 261 · CHAPITRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME

Mais, pendant sa marche, Steinmelz était parvenu à Gosselies ; et il y avait maintenant, sur ce point, une douzaine de mille hommes. Reille attendit, pour les attaquer, d'avoir réuni son infanterie. Dès que ses divisions furent formées, il les jeta sur Gosselies et le petit bois de Lombuc, qui est à côté. Les Prussiens n'attendirent pas le choc, et se mirent en retraite vers Fleurus, en tiraillant. Il était cinq heures.

Le maréchal Ney arriva, en ce moment (1), à la tête des colonnes de Reille.

« Faites appeler Ney. S'il désire être à la première bataille, qu'il soit rendu, le 13, à Avesnes, où sera mon quartier général. » Cette lettre laconique avait été adressée, le 11 juin, par Napoléon au ministre de la guerre.

Ney était alors aux environs de Paris. Prévenu par le ministre, il était accouru. Le lendemain matin, il était en route; et, le 14 au soir, il arrivait à Beaumont. Mais il n'avait pas même un cheval de selle; et son état-major était réduit à un seul aide de camp. Le 15, le hasard lui avait fait trouver deux chevaux à acheter. Vers onze heures, il avait pu partir de Beaumont; à quatre heures et demie, il avait rejoint Napoléon, près de Charleroi, à l'embranchement des chaussées de Bruxelles et de Namur. Après quelques paroles de satisfaction et de bienvenue, Napoléon lui avait dit : « Vous allez prendre le commandement des 1er et 2e corps d'infanterie. Le général B eille marche sur Gosselies; le général d'Erlon doit coucher ce soir à Marchienne. Vous aurez avec vous la division de cavalerie légère de Pire; je vous donne aussi les deux régiments de chasseurs et de lanciers de ma garde, mais ne vous en servez pas. Demain, vous serez rejoint par les réserves de grosse cavalerie aux ordres de Kellermann. Allez et poussez l'ennemi (2). »

(1) Notice historique sur les mouvements du 2e corps, pendant la campagne de 1815, par le lieutenant général comte Reille.

(2) Relation de la campagne de 1815, pour servir à l'histoire du marc-

Ney, s'étant fait rendre compte par Reille de la situation des choses, ordonna à la division Pire de s'avancer immédiatement sur la chaussée de Bruxelles, à la division Bachelu de l'appuyer, à la division Girard de suivre les Prussiens de Steinmetz en retraite sur Fleurus, aux divisions Guilleminot et Foy de prendre position, la première au bois de Lomhuc, la seconde à Gossclies; et, peu après, lui-même, avec les chasseurs et lanciers de la garde, marcha pour rejoindre Pire.

Il n'était pas encore à Frasnes, village à dix kilomètres de Gosselies, et à quatre des Quatre-Bras, quand le canon se fit entendre vers le premier de ces points.

A Frasnes, en effet, Pire avait rencontré l'ennemi. Il était six heures et demie (I) ou un peu plus.

Ce village était occupé par un bataillon et une batterie de la brigade commandée par ,1e colonel prince Bernhard de Saxe- Weimar, et appartenant à la division Perponcher, une des quatre divisions d'infanterie du corps aux ordres du prince d'Orange. Composée des deux régiments de Nassau au service des Pays-Bas, forte de plus de quatre mille hommes, cette brigade était cantonnée de Genappe à Frasnes, et formait, à cette hauteur, l'extrême gauche de l'armée anglo-hollandaise.

chai Ney, par le colonel Heymès, son premier aide de camp, témoin oculaire.

Cette relation a c ■ t é publiée en appendice au tome IX des Mémoires de Napoléon (Paris, 1850), et, plus tard, dans les Documents inédits sur la campagne de 1815 (Paris 1810), brochure du duc d'Elchingen (second fils du maréchal Ney).

Sur les instructions données par Napoléon, le 15 au soir, au maréchal iNey, et sur bien d'autres points, elle est en contradiction avec les récits de Sainte- Hélène. Il n'est pas douteux qu'elle ne donne exactement les instructions reçues par le maréchal, le 15 au soir. Nous le démontrerons plus loin.

(1) Rapport du prince Uernhard de Saxo Weimar au général Perponcher, daté des Quatre-Bras, le 15 juin, à neuf heures du soir.

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