‹ Histoire de la campagne de 1815, WaterlooChapitre 60 sur 261 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

Naraur, le 15 juin, vers dix heures du soir; et le premier arriva à Mazy, avec trois de ses divisions, six ou sept heures plus tôt, c'est-à-dire au moment où les têtes de colonne de l'armée française n'avaient encore dépassé la Sambre que d'une lieue.

La quatrième division de Pirch I n'atteignit Namur qu'à minuit.

Bliicher ne fut pas aussi bien servi par Biilovv que par ses autreschefs de corps.

Soit que celui-ci n'eût vu aucun caractère d'urgence dans l'ordre de prolonger son mouvement de Hannut vers Sombretfe; soit qu'il se fût persuadé que l'armée prussienne viendrait se concentrer près de Hannut; soit toute autre cause, car on a allégué beaucoup de motifs (1), il n'arriva pas jusqu'à ce dernier point; et, le 15 au soir, son quartier général resta même encore à Liège.

Vers quatre heures, Bliicher avait le sien à Sombrell'e, et il parcourait un plateau qui y touche, pendant que retentissait la canonnade de Gilly. Toujours audacieux, le vieux maréchal persistait à concentrer son armée vers Sombreffe, malgré l'approche de Napoléon.

On a dit et répété, sur la foi des écrits de Sainte-Hélène, que c'était Bourmont qui avait dévoilé à Bliicher l'arrivée des Français sur la Sambre. Mais, nous l'avons déjà fait remarquer, Bourmont ne déserta que le 15, entre cinq et six heures du matin, étant en avant de Philippeville; il ne put donc arriver à Charleroi que vers huit heures (2); et, en ce moment,

(1) De grandes discussions ont eu lieu dans la presse militaire allemande sur la conduite de Biïlow. Mais il n'en est rien sorti de précis, ni pour ni contre sa justification. Voir notamment le Militair Wochcnblatl (1845).

(2) Bourmont fut envoyé par Zieten à Bliicher. Quand il se présenta à ce dernier, alors près de Sombreffe, il en reçut un si dédaigneux accueil, dit un écrivain étranger, que des officiers de l'entourage du maréchal

toute l'armée prussienne était en mouvement pour se concentrer; les ordres qui l'appelaient vers Sombreffe étaient partis du quartier général de Namur depuis près de douze heures.

Dans la nuit du 15 au 16, Blùcher eut le corps de Zieten sur Saint-Amand et Ligny, en arrière de Fleurus, tenant cette ville par deux bataillons; trois divisions du corps de Pirch 1 sur Mazy, et la quatrième à Namur; le corps de Thielmann à Belgrade, en avant et à une demi-lieue de Namur; le corps de Bùlow à quatre ou cinq lieues en arrière de Hannut.

Wellington tarda bien plus que son allié à ordonner la concentration de son armée.

Aux nouvelles qui avaient déterminé Blùcher à appeler Bùlow de Liège sur Hannut et, quelques heures après, sur Sombreffe, ainsi que Pirch I et Thielmann, il resta impassible.

Depuis plusieurs jours, le bruit d'une attaque imminente courait en Belgique, comme à plusieurs reprises déjà il y avait couru. Le général anglais avait prescrit « de tenir les divisions prêtes à marcher, de rassembler les troupes, par bataillon, dans leurs cantonnements, dès le matin, et de ne les faire rentrer, le soir, dans leurs quartiers qu'autant que tout serait tranquille (1). » Il en était resté là.

Le front de l'armée anglo-hollandaise s'étendait, nous l'avons dit, depuis la chaussée de Bruxelles à Charleroi, sur laquelle s'appuyait la gauche du prince d'Orauge, jusqu'à l'Escaut, où était la droite de Hill. La cavalerie d'Uxbridge

crurent devoir faire remarquer à celui-ci la cocarde blanche au chapeau du transfuge. Mais le vieux soldat, indigné, s'écria sans s'inquiéter desavoir si Bourmont comprenait l'allemand : Einerlei was das Folk fur cinen Zeichen aufsteckl! Hundsfott bleibt Hundsfott'. ce qui revient à peu près à ceci : « Qu'importe la cocarde! un coquin est toujours un coquin. »

(1) Cet ordre fut donné, le 9 juin, au corps du prince d'Orange. H est signé par le chef d'état-major Constant de Rebecque. (Archives du ministre de la guerre des Pays-Bas.)

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