CHAPITRE SEPTIEME
occupait la vallée de la Dendre. La réserve était sur Bruxelles.
Le 15 juin, à neuf heures du matin, Wellington reçut une dépêche de Zieten, qui, écrivant de Charleroi (1), lui annonçait que ses avant-postes sur la Sambre étaient attaqués. Quelle était l'importance de cette attaque? Zieten n'avait pu le dire encore. Ne cachait-elle pas une opération plus grave sur un autre point de la frontière? On pouvait le croire. Wellington attendit de nouveaux renseignements et n'ordonna aucune disposition. Des apologistes outrés, il en a eu beaucoup, ont prétendu justifier cette attente inactive en disant qu'elle devait servir à éviter un faux mouvement. Mais il était une mesure qui ne compromettait rien, même à ce point de vue, et qui aurait dû être prise sur-le-champ : c'était de rassembler le corps du prince d'Orange et de Hill, par division, la réserve en avant de Bruxelles, et de rapprocher la cavalerie du centre de l'armée.
Le premier ordre de rassemblement, donné dans la journée du 15 juin, partit de Braine-le-Comte, quartier général du prince d'Orange. Il fut dû à l'initiative de son chef d'étatmajor, le général Constant de Rebecque.
Averti de l'attaque sur la Sambre, par un rapport de Chassé qui était en communication immédiate avec les Prussiens de Zieten, Constant de Rebecque prescrivit, vers deux heures après midi, à la division de cavalerie Collaert de se réunir par brigade en arrière de la petite rivière de Haine ; à la division Chassé de se concentrer sur Fayt-lez-SenetFe ; et vers trois heures, à la division Perponcherde masser une de ses brigades à Nivelles, l'autre aux Quatre-Bras.
Chassé avait prévenu cet ordre; et nous avons dit, dans le
(1) Le fait de la réception de cette dépêche, dont les écrivains prussiens ont donné le sens, est indiqué dans une lettre de Wellington à Clarke , ministre de Louis XVIII, à Gand, le 15 juin : « Je n'ai rien reçu, depuis neuf heures du matin, de Charleroi. » {The dispatches, etc.)
chapitre précédent, que l'un des brigadiers de Perponcher, le prince de Saxe-Weimar, le prévint aussi en se portant aux Quatre-Bras.
Collaert, Chassé, Perponcher formaient, on se le rappelle, la gauche de l'armée anglo-hollandaise.
Le prince d'Orange n'était pas à son quartier général. Il l'avait quitté vers midi pour se rendre à Bruxelles, ayant fait de bonne heure, dans la matinée, une tournée à ses avant-postes au delà de la Haine, et n'ayant pas jugé, il faut le croire, les renseignements qu'il y avait recueillis assez graves pour nécessiter sa présence à Braine-le-Comte.
Constant de Rebecque expédia sans retard à Bruxelles les nouvelles transmises par Chassé, et rendit compte des dispositions qu'il ordonnait.
Cette dépêche ne changea rien à la résolution de Wellington. Il attendit encore.
Enfin, de huit à neuf heures du soir, peut-être même un peu plus tard, une lettre de Bliïcher lui ayant appris que « Thuin avait été attaqué et que les Français paraissaient menacer Charleroi (I), » il fit expédier l'ordre de rassembler les troupes par division et de les tenir prêtes à marcher au premier avis.
Les points de rassemblement indiqués furent: pour le corps de Hill, Audenarde, Grammont, Sotteghem, Ath ; pour celui du prince d'Orange, Ath, Braine-le-Comte, Nivelles ; pour lacavaleried'Uxbridge,Ninove,àl'exceptiond'un régiment qui dut rester aux avant-postes entre l'Escaut et la Lys, et d'une brigade qui dut venir à Vilvorde; pour la réserve, Hal, Bruxelles, Vilvorde(2).
(1) Ce sont les expressions mêmes de Wellington, dans une lettre au duc de Berry, datée du 15 juin, à neuf heures et demie du soir. (The dispatches, etc.)
(2) Cet ordre ne porte pas l'heure où il fut écrit; mais il résulte, de la lettre indiquée ci-dessus, qu'il fut expédié avant neuf heures et demie, et, du journal du chef d'état-major Constant de Rehecque, qu'il ne le fut pas avant huit.
C'est donc à tort que les écrivains anglais et allemands en portent l'en-