‹ Histoire de la campagne de 1815, WaterlooChapitre 62 sur 261 · CHAPITRE SEPTIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIEME

Cet ordre précisait que les divisions liollando-belges Perponcher et Chassé devaient se concentrer à Nivelles (1); et il ajoutait que, si ce point avait été attaqué dans la journée, on y porterait la division anglaise d'Alten, qui serait appelée de Braine-le-Comte, « mais que ce dernier mouvement ne se ferait pas avant qu'on eût la certitude complète que l'attaque de l'ennemi était sur la droite de l'armée prussienne et la gauche de l'armée anglo-hollandaise. »

Ainsi, rien de plus net, Wellington voulait replier sur Nivelles le peu de troupes qu'il avait sur la chaussée de Bruxelles et ne pas faire occuper cette chaussée, même dans le cas d'une attaque dirigée comme nous le disons en usant de ses propres termes.

Il ne se conformait guère au plan convenu avec Blùcher pour cette éventualité même.

Après avoir donné ces instructions, il se rendit à un bal que donnait, ce soir-là, la duchesse de Richmond; et il y parut avec l'air le plus calme, le moins préoccupé. Mais il n'y resta pas longtemps.

voi vers quatre heures et demie ou cinq heures. Le journal des opérations du prince Frédéric des Pays-Bas, commandant la division Stedmann et la brigade indienne, et ayant alors son quartier général à Sotteghem, prouve que cet ordre ne fut reçu que le 16, dans la matinée; et, à coup sûr, il y serait parvenu la veille, avant minuit, s'il eût été expédié de Bruxelles, ce jour-là, à quatre ou cinq heures, comme le disent les écrivains dont nous parlons.

(1) Nous résumons l'ordre général de rassemblement. Il y eut aussi un ordre particulier pour le corps du prince d'Orange. Il fut apporté, « dix-heures et demie du soir, au quartier général de Braine-le-Comte, par lord Russel, un des aides de camp du prince. Cet ordre, écrit en anglais, a été conservé {Archives du ministère de la guerre, à la Haye). Il prescrit, comme l'ordre général, la concentration des divisions Chassé et Perponcher à Nivelles; mais il dit de ne mettre les troupes en marche, pour l'opérer, qu'à une heure du matin, et il fixe les hauteurs en arrière de Haine-Saint-Pierre comme le lieu de rassemblement de la division de cavalerie Collaert.

A dix heures, sur des nouvelles un peu moins vagues que celles qu'il avait reçues jusqu'alors, il dictait un ordre de marche, mais pour une partie seulement de son armée. Chose incroyable et certaine pourtant, on ne connaissait pas encore, en ce moment, à Bruxelles, la prise de Charleroi (1), où les Français étaient entrés à midi.

Le corps de Hill dut se porter le plus rapidement possible sur Enghien; la cavalerie d'Uxbridge sur le même point; les divisions Cooke et Alten, du corps du prince d'Orange, sur Braine-le-Comte et Nivelles.

Ces dispositions une fois mises à exécution, l'armée anglohollandaise aurait occupé une ligne brisée de sept lieues, d'Enghien à Braine-le-Comte et Nivelles, sa réserve restant à pareille distance en arrière sur Bruxelles; et l'extrémité de son aile gauche se serait trouvée à deux lieues et demie de la chaussée de Bruxelles, des Quatre-Bras, et à cinq lieues et demie de Sombreffe, où se réunissait l'armée prussienne.

Mais l'intelligente désobéissance d'un subordonné ne devait pas permettre que cette grande trouée s'ouvrît devant Napoléon. Le général Perponcher, on le verra, jugea mieux, à Nivelles, de l'état des choses que Wellington, à Bruxelles. Il en fut remercié plus tard; il l'avait bien mérité.

Vers onze heures, les renseignements précis venant de Mons, de Braine-le-Comte, des Quatre-Bras, de Sombreffe, affluèrent au quartier général anglais. On y connut avec certitude le passage de la Sambre par l'armée française, la prise deMarchienne et de Charleroi, l'attaque de Frasnes. Alors, les courriers, les ofliciers d'ordonnance galopèrent dans toutes les directions pour transmettre de nouvelles instructions du chef.

Le prince d'Orange, retenu jusque-là par Wellington, courut

(1) « Je n'ai rien reçu , depuis neuf heures du matin , de Charleroi. » Lettre de Wellington à Clarke, déjà citée et datée de dix heures du soir. Wellington y dit, comme dans la lettre au duc de Berry, que nous avons citée aussi : « L'ennemi paraissait menacer Charleroi. »

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