‹ Histoire de la campagne de 1815, WaterlooChapitre 70 sur 261 · CHAPITRE HUITIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIEME

Cette dépêche, sur laquelle nous aurons à revenir et qui fut adressée à Gosselies, prouve clairement qu'en ce moment, comme nous venons de le dire, Napoléon n'avait pas reconnu encore la force réelle de l'ennemi. Il ne voyait qu'un corps de troupes là où se trouvaient les trois quarts de l'armée prussienne; un corps dont Grouchy, avec Vandamme et Gérard, allait avoir raison.

Cependant, Wellington reprenait la route des Quatre-Bras; Blùcher attendait l'attaque, plein de confiance dans la valeur de ses troupes et dans la promesse de son allié; l'armée française, les yeux fixés sur le plateau de Ligny, brûlait d'en venir aux mains.

Tout à coup, du point où se tenait alors Napoléon, près d'un moulin à vent, à côté de Fleurus, on vit partir, à toute bride, des officiers d'ordonnance se dirigeant vers les divers corps d'armée; et bientôt toute la ligne française s'ébranla.

Elle exécutait un changement de front sur Fleurus, la droite en avant.

Ce mouvement achevé, le 5e corps se trouva sur une ligne brisée, faisant face aux côtés sud et ouest de Saint-Amand et ayant la division de cavalerie de Domon sur sa gauche, la division' Girard en réserve; le 4e corps fut, partie vis-à-vis de Ligny, partie vis-à-vis du coude du ruisseau; le maréchal Grouchy, avec Pajol et Excelmans, fut en retour sur le 4P corps, sa gauche près de la chaussée de Charleroi, sa droite le long de la petite route qui conduit de Fleurus à Namur par Onoz. La garde impériale et les cuirassiers de Milhaud formèrent une deuxième ligne sur Fleurus.

L'ordre fut expédié au corps de Lobau, laissé en attente à Charleroi, d'avancer rapidement pour venir se placer en réserve générale.

Avant cette manœuvre, rien n'indiquait à l'ennemi de quel côté se porterait notre attaque: ce pouvait être de Saint-Amand à Wagnelée ou de Saint-Amand à Ligny et Sombreffe. Aussi

Blùcher avait-il disposé ses troupes de manière à pouvoir faire front également sur l'une ou l'autre direction, et attendait-il, immobile, queles intentions de son adversaire se fussent démasquées. Notre changement de front, en se dessinant, les lui avait bien vite montrées ; et, du moulin de Bussy, où aucun mouvement ne lui échappait, il avait rapidement ordonné les dispositions devenues nécessaires.

La cavalerie qui était en avant du ruisseau de Ligny le repassa et alla se placer entre Ligny et Sombreffe, assez mal à couvert dans un léger pli de terrain.

Trois bataillons étaient dans Saint-Amand, dans le château et la ferme qui avoisinentle village. Ils y restèrent. Six bataillons vinrent se poster en deçà du ruisseau, derrière le premier pli de terrain, prêts à les soutenir immédiatement.

Trois bataillons et demi occupèrent Saint-Amand-la-Haye et Saint-Amand-le-Hameau.

Quatre bataillons et demi tenaient Ligny. Six bataillons furent envoyés auprès et en arrière du village.

Onze bataillons demeurèrent massés au moulin de Bussy et à Brye.

Un régiment de hussards était, depuis le matin, en avant de Wagnelée avec une batterie, éclairant la voie romaine et la chaussée de Nivelles. Il continua sa mission.

Toutes ces troupes, formant le corps de Zieten, comptaient 54 bataillons, 32 escadrons, 96 bouches à feu.

Pirch I laissa une division à Sombreffe, une division aux Trois-Burettes et porta vers Brye ses deux autres divisions, ainsi que la masse de sa cavalerie.

Thielmann fit avancer derrière Sombreffe une division qui détacha deux bataillons à la ferme de Potriaux, dominant de très-près le cours du Ligny. Une autre division marcha sur la chaussée de Fleurus, s'établit sur la hauteur au pied de laquelle est le pont, et garda les maisons qui l'avoisinent.

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