CHAPITRE HUITIEME
sion Tippelskirchen (corps de Pirch I) retirée des Trois-Burettes et mise momentanément sous ses ordres.
Blùcher donnait, en même temps, à Zieten le commandement général depuis Saint-Amand jusqu'à Wagnelée.
Pirch II arriva promptement sur le champ de l'action. Il avait neuf bataillons; il les forma en colonnes d'attaque et sur deux lignes.
La première se jeta sur la Haye avec grande résolution. Girard tenait ce village par l'une de ses brigades, et avait l'autre en arrière.
Pirch II s'empara, tout d'abord, des premières maisons, et, gagnant bientôt plus de terrain encore, il s'était rendu maître de la moitié du village, quand Girard, dans un furieux effort, lui fit lâcher prise et le força à se retirer en désordre. Appuyé par sa seconde ligne, Pirch II revient à la charge, reprend une partie de la Haye, et ne peut encore s'y maintenir. Après une sanglante mêlée, ses bataillons plient, sont rompus et repassent précipitamment le ruisseau.
Blùcher, qui voit leur défaite, accourt au galop au milieu d'eux. Sa présence les raffermit; il leur jette quelques paroles ardentes. Les rangs se reforment à sa voix; et, sans perdre un instant, le vieux maréchal ordonne à Pirch II de les ramener au feu.
Pendant ce temps, Steinmetz gardera sa position devant Saint-Amand et le château; Jùrgas, qui s'est fait attendre, débouchera de Wagnelée et tombera, en la prenant à revers, sur la gauche de Girard. Deux de ses brigades de cavalerie sont venues se poster entre ce village et celui de la Haye, prêtes à fondre sur tout ce qui en sortira.
La charge bat; Pirch II marche à l'attaque et aborde do nouveau les soldats de Girard. Ame de feu, cœur intrépide, le général français se multiplie pour soutenir le choc; il tombe mortellement blessé. Inférieure en nombre, sa troupe cède, mais lentement, en bon ordre. Disputant avec la der-
iU WATERLOO.
nière intrépidité chaque rue, chaque maison, chaque clôture, elle est repoussée du village et va s'appuyer au Hameau. Elle a, maintenant, un millier d'hommes hors de combat, le quart de son effectif. Ses, deux généraux de brigade sont blessés : c'est un colonel, Tiburce Sébastiani, qui la commande.
Pendant la dernière période de ce combat si acharné, Jùrgas, débouchant de Wagnelée, s'était avancé vers la gauche de Girard pour la prendre en flanc et de revers. Il n'y avait pas réussi.
Vandamme, dans la prévision d'un mouvement de ce genre, avait dirigé l'une des brigades de la division Habert, avec une batterie, vis-à-vis de Wagnelée. Placée en potence sur la division Girard, cette brigade avait jeté en avant, de son front une forte ligne de tirailleurs cachée dans les moissons. La division Domon était sur sa gauche.
Jùrgas, paraît-il, avait marché sans faire éclairer son chemin. Sa colonne d'infanterie était venue donner, inopinément, sur nos tirailleurs, qui l'avaient accueillie par une vive fusillade et mise dans un désordre tel, qu'elle s'était débandée, s'enfuyant au delà de Wagnelée. Jùrgas était parvenu, non san grande peine, à rallier une partie des fuyards sous la protection de trois de ses bataillons et d'une batterie qui n'étaient pas encore sortis de Wagnelée, et qui, de concert avec les deux brigades de cavalerie placées entre ce village et la Haye, avaient empêché les nôtres de poursuivre leur succès. Sa troisième brigade de cavalerie avait contenu la division Domon.
Il était cinq heures ou cinq heures et demie. Après tous les coûteux efforts que nous venons de dire, Vandamme occupait Saint-Amand et le château; mais il ne pouvait en déboucher, et il se maintenait au Hameau. Il envoyait la seconde brigade de Habert soutenir la première devant Wagnelée; toute son artillerie était en batterie. Il ne lui restait ni un bataillon, ni un canon en réserve.