‹ Histoire de la campagne de 1815, WaterlooChapitre 74 sur 261 · CHAPITRE HUITIÈME. iiti · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME. iiti

Sur toute la ligne, le feu de Zieten et le sien étaient des plus violents.

Si le commandant de l'aile gauche de l'armée française ne recevait pas des renforts, il n'était guère à espérer qu'il pût avancer beaucoup.

Napoléon lui envoyait la division Subervie, retirée du corps de Pajol, et une batterie de la garde pour appuyer la division Domon vers Wagnelée, où l'ennemi montrait beaucoup de cavalerie; mais c'était insuffisant : il fallait de l'infanterie. Vandamme en demandait avec raison.

En ce moment, Blùcher faisait passer en réserve, entre le moulin de Bussy et Sombreffe, la division Steinmetz, qui, sur moins de neuf mille hommes, en comptait deux mille trois cent cinquante hors de combat (1). Il retirait aussi du feu trois bataillons de la division Jagow (corps de Zieten) non moins éprouvés, et les envoyait reprendre haleine en arrière de Ligny, où se trouvait le reste de cette division.

En même temps il portait, partie sur Saint-Amand, partie plus à gauche vers Ligny, neuf bataillons de la division Krafft, du corps de Pirch I, et, vers le moulin de Bussy, neuf bataillons de la division Langen, appartenant au même corps et venus de Sombreffe.

Déjà, il avait fait relever, aux Trois-Burettes, par la division de Brause (corps de Pirch I), celle de Tippelskirchen , mise, nous l'avons dit, sous les ordres de Jùrgas pour la manœuvre si bien arrêtée au débouché de Wagnelée; et il avait appelé, de l'extrémité de son aile gauche, la brigade de cavalerie de Marwitz (corps de Thielmann) pour l'ajouter aux forces de Jùrgas. Cette brigade arrivée, celui-ci disposerait de cinq mille chevaux.

L'attaque sur le centre de l'armée prussienne, à Ligny,

(1) Recueil des pla?is de combats et batailles, etc., par Wagner. — Berlin, 1825.

UQ WATERLOO.

avait commencé un quart d'heure après celle de Saint-Amand. C'était Gérard qui la commandait. Elle n'aurait pu être confiée à personne de plus digne.

Le 4e corps, toutes armes comprises, ne comptait que seize mille hommes.

Gérard avait dû porter sur sa droite, vis-à-vis du coude du ruisseau, la division Hulot (1); il avait jeté du même côté sa division de cavalerie, commandée par Maurin; il ne lui restait donc, pour enlever Ligny, que les deux divisions de Vichery et de Pécheux : moins de dix mille hommes.

Ce village était occupé, nous l'avons déjà dit, par quatre bataillons et demi qui en avaient six en réserve immédiate. Les uns et les autres appartenaient aux divisions Jagow et Henkel, du corps de Zieten ; et leur force était de huit à neuf mille hommes seulement. Mais ils avaient tout l'avantage de la position.

Depuis le matin, ils avaient barricadé l'entrée des rues, obstrué les passages des jardins et des vergers, crénelé les maisons et les murs de clôture, notamment le château de Ligny, situé à leur extrême droite, à l'abord du village. Seize bouches à feu étaient en batterie de ce côté, et seize encore à gauche.

Gérard ouvrit le feu avec vingt-quatre, et entama l'attaque. Elle se fit par trois colonnes entrant successivement en action à de très-courts intervalles de temps. La première sur la gauche, la seconde sur le milieu, la troisième sur la droite du village, contre le château (2).

Comme à Saint-Amand, les Prussiens attendirent, calmes et silencieux, l'approche de leurs ennemis, s' avançant au bruit des tambours et des musiques, exhalant leur enthousiasme en

(i) Hulot n'était que maréchal de camp. Il avait pris, comme le plus ancien de son grade, le commandement de la division Bonrmont, depuis la désertion de celui-ci.

(2) Ce château n'existe plus.

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