‹ Histoire de la campagne de 1815, WaterlooChapitre 92 sur 261 · CHAPITRE NEUVIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIEME

maison isolée, quand le due de Brunswick, lui-même, prit la charge contre elle avec trois cents ulilans. Il n'arriva pas jusqu'au choc. Accueilli par la mousqueterie de notre premier bataillon instantanément formé en carré, il vit ses uhlans tourner bride sans qu'il lui fût possible de les arrêter. La première ligne de son infanterie, déjà ébranlée, recula, pendant quelques instants, avec assez de fermeté. Mais l'approche du régiment de lanciers et du régiment de chasseurs, qui appuyaient le mouvement de Foy, la troubla et elle se retira en désordre, partie dans le bois de Bossu, partie vers la chaussée de Namur. Ce fut au moment où il s'épuisait en efforts pour arrêter cette déroute que le duc de Brunswick fut mortellement atteint d'une balle. Vaillant soldat, ardent patriote, il trouva à quarante ans une mort digne de sa vie. Ses hussards voulurent arrêter nos lanciers et nos chasseurs galopant parmi ses fantassins en fuite. Mais ils furent dispersés à leur tour, vivement poursuivis et allèrent se jeter sur la droite de Picton,qui reprenait, en ce moment, sa position sur le plateau, après sa sanglante rencontre avec Bachelu.

Dans cette poursuite ardente, nos lanciers et nos chasseurs se trouvèrent, tout à coup, en face des bataillons de Picton. Ils se rallient et les chargent.

Les lanciers abordent le 42°, formé en carré (1), l'enfoncent et le sabrent, tuant son lieutenant-colonel et l'un des deux majors. Ils se précipitent ensuite sur le carré du 44e, qui est auprès, et y pénètrent aussi; mais, décimés par les balles, ils sont forcés à la retraite et vont se rallier derrière notre infanterie.

Les chasseurs, arrivés pêle-mêle avec les hussards de Brunswick jusqu'aux maisons des Quatre-Bras, y rencontrent le ï)2c (Anglais), essuient son feu sans pouvoir l'entamer, sont sur le point de prendre le duc de Wellington en arrière de ce

(1) Le 42% comme tous les régiments de Picton, n'avait qu'un bataillon.

régiment, sabrent les fuyards jusqu'au delà de la chaussée de Namur; se trouvent arrêtés, enfin, par les réserves hollandaises et le contingent de Nassau ; et reviennent prendre haleine à l'abri de nos bataillons.

Le contingent de Nassau, formant la brigade de Von Kruse, est arrivé depuis quelques instants des environs de Bruxelles.

Wellington compte trois mille hommes de plus. Sa position néanmoins est compromise.

Guilleminot s'est avancé, maintenant, dans le bois de Bossu jusqu'à hauteur des têtes de colonne de Foy ; le prince de Saxe-Weimar, pressé de front, tourné par sa droite, est en retraite vers Houtain-le-Val; les quatre régiments de lanciers et chasseurs de Pire se sont ralliés et vont se lancer de nouveau contre les bataillons anglais, violemment battus par notre artillerie; Bachelu vient d'appuyer à droite pour tourner, vers Pireaumont, la gauche de Wellington, qu'il n'a pu forcer de front. Encore une fois, Ney est près de saisir le point de concentration de l'armée anglo-hollandaise. Ce point va-t-il lui échapper une fois encore?

Il est cinq heures et demie.

Alten, venant de Soignies, débouche, par la chaussée de Nivelles, sur les Quatre-Bras, avec deux brigades de sa division (1) et ses deux batteries. Une batterie à cheval de la division Cooke le suit presque immédiatement.

C'est un nouveau renfort de dix-huit bouches à feu et de plus de six mille hommes que reçoit Wellington quand Ney n'a plus la moindre réserve d'infanterie.

Abstraction faite des pertes respectives, le général anglais dispose de quarante-huit bouches à feu et de plus de trente mille hommes, dont dix-huit cents de cavalerie; le général

(1) La troisième brigade avait reçu, en route, l'ordre de rester en observation à Arquennes. Elle appartenait à la légion allemande. La plupart des écrivains la font figurer aux Quatre-Bras. C'est à tort. (Voir Histonj ofthe King's german Légion, parBeamish.)

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