CHAPITRE NEUVIÈME
Dans les premières heures de la nuit, le général anglais fut rallié par la cavalerie d'Uxbridge et la brigade qu'Alten avait laissée sur Arquennes en s'avançant vers les Quatre-Bras.
Le reste de son armée fut alors partagé en quatre groupes :
Sur Nivelles, les divisions Chassé et Clinton, une brigade de celle de Colville, deux brigades de celle de Collaert (cavalerie hollando-belge);
Sur Braine-le-Comte, deux brigades de Colville, deux régiments de la brigade d'Estorff (cavalerie hanovrienne);
Sur Enghien, la division Stedmann et la brigade indienne aux ordres du prince Frédéric des Pays-Bas ;
Sur Bruxelles, la division Cole et la réserve d'artillerie.
Il fallait ainsi un jour encore de marche forcée, aux troupes les plus éloignées, pour rejoindre le gros de l'armée aux Quatre-Bras.
Si Wellington l'eût voulu, les forces rassemblées sur ce point auraient été plus considérables, même dès les premiers moments de la bataille qui venait de finir.
La division Chassé, deux des brigades de Collaert étaient
la chambre des représentants, le 1er juillet 1815, par le chef d'état-major du 2e corps, fixe à 4,125 le nombre des tués et blessés de ce corps aux Quatre-Bras.
Les cuirassiers en eurent 250 environ (dans sa Notice historique, Reille dit quelques centaines).
Les pertes de Ney furent donc de 4,575 hommes environ.
Le rapport officiel de Wellington indique 2,480 Anglais, 404 Hanovriens hors de combat et manquants (égarés, prisonniers); et ce rapport, soumis à l'entière liberté de discussion de l'Angleterre, n'a pas été contredit.
Les états officiels hollandais portent à 807 hommes les pertes de la division Perponcher et de la brigade Van Merlen {Archives du ministère de la guerre, à la Haye).
Celles des Brunswickois furent de 1 08 (Gcsehichtc des herzoglich Brunschweiijschen armée corps, etc.) ; celles du contingent de Nassau (brigade von Kruse) d'environ deux cents.
Les pertes de Wellington s'élevèrent donc à 4,059 hommes.
à Nivelles et Arquennes de midi à une heure; de deux à trois heures, elles auraient donc pu être rendues aux Quatre-Bras. Elles reçurent l'ordre de rester à Nivelles et Arquennes.
La brigade Omptéda, de la division Allen, aurait pu arriver sur le champ de bataille en même temps que les deux autres brigades de cette division, c'est-à-dire vers cinq heures et demie. Elle fut arrêtée sur Arquennes.
Il nous semble impossible d'expliquer les ordres qui retinrent toutes ces troupes loin de la lutte, à moins d'admettre que Wellington n'était pas encore pleinement convaincu que l'attaque de Napoléon portait exclusivement sur l'armée prussienne et l'extrême gauche anglo- hollandaise, et qu'il regardait comme probable l'apparition de forces françaises considérables sur Braine-le-Comte et Nivelles.
Au reste, notre récit l'a fait remarquer, il avait hésité, toute la matinée, à engager, tout à fait, sur la route de Charleroi la division Picton, les Brunswickois, le contingent de Nassau. La tête de colonne de ces corps, parvenue à sept heures à Waterloo, y avait été arrêtée jusqu'à midi, parce que, là, elle se trouvait un peu en arrière de la rencontre des chaussées de Bruxelles à Nivelles et de Bruxelles à Charleroi, et que Wellington ne savait pas encore s'il devait porter ces forces sur Nivelles ou sur les Quatre-Bras.
Il s'était décidé à les diriger sur ce dernier point. Mais cette décision ne s'était pas étendue à toutes les divisions venant de sa droite.
Erreur peu compréhensible, injustifiable, que nous verrons s'atténuer après le 16 juin, mais non se dissiper.
Au moment où Ney prenait ses bivacs, d'Erlon déboucha sur Frasnes.
Le 1er corps avait cinq divisions, dont une de cavalerie.
Vers midi, il était parti de Jumet, marchant sur Frasnes où l'appelait l'ordre écrit du maréchal Ney (voir page 171); mais, un peu en deçà de ce point, il avait quitté la chaussée