‹ Histoire de la caricature antiqueChapitre 20 sur 94 · Tiadaitcs du grec avec remarques. Paris, mdcclxxu · texte numérisé non relu

Tiadaitcs du grec avec remarques. Paris, mdcclxxu

mettre à la postérité ces fantastiques légendes. Combien Pline en a-t-il conté !

L'histoire du cheval à l'envers de Pauson, citée sérieusement par Lucien, par Élien et par Piutarque, semble une boutade d'artiste irrité des exigences d'un amateur qui ne comprend pas son talent; je n'y trouve pas les motifs de la réprobation d'Aristote et la cause des injures d'Aristophane, aussi chercherai-je quels sont les écrivains qui ont parlé de Pauson, et les dates qui les rapprochent du peintre.

Aristophane fait jouer ses comédies à Athènes vers l'an 4'27 avant Jésus-Christ.

Aristote est connu dans la même ville par ses écrits, vers l'an 3i8 avant Jésus-Christ.

La célébrité de Plutarque remonte à Fan 70 ou <S0 de Jésus-Christ.

Lucien publie ses écrits vers l'an 160 après Jésus- Christ.

Elien est un écrivain du troisième siècle.

Selon M. Egger, Pauson était un artiste du siècle de Périclès, c'est-à-dire qu'il peignait, en prenant la moyenne de l'Age du célèbre Athénien, vers 430 avant Jésus-Chrisl. Il était contemporain d'Aristophane ; mais Aristote a vu ses tableaux, qui étaient renommés encore un siècle plus lard, puisqu'ils excitent son indignation. Plutarque, Lucien et Élien

ont recueilli longtemps après l'historiette citée plus haut; cependant les commentateurs, SilHg, Wieland, le comte de Clarac, etc., sont 'd'accord que le Pauson cité par ces divers écrivains est bien le même peintre.

Quelle conclusion faut-il tirer de ces divers témoignages? Que Pauson était un peintre satirique en vue, et que sa célébrité a attiré sur son œuvre l'attention, plus irriîée que sympathique, des grands esprits de l'antiquité.

M. ChassangMn'accusait jadis d'avoir gardé toutes « mes tendresses » pour Pauson, dont le « nom obscur sonne mieux à mes oreilles que le nom glorieux de Zeuxis. » Zeuxis n'a rien à voir dans une Histoire de la caricature; Pauson, peintre de grotesques, quoique malmené par Arislote et Aristophane, doit au contraire y occuper une certaine place. Quant à Pauson, « méconnu de son siècle, le siècle de Périclès, » nulle part une telle qualification ne se trouve dans les éditions précédentes de ce livre.

Je ne place pas Pauson, tel que je Fentrevois, plus haut qu'un Scarron; mais le mari de madame de Maintenon, si bouffon qu'il soit, a droit à une place, môme dans le « siècle de Louis XIY. ;>

Pour conclure, j'adopterai volontiers l'opinion de

1. A. Cliassaiig, /a Caricature elle Grotesque dans l'art grec. (Revue contemporaine, 15 décembre 1865.)

M. de Paw, en relranchant toutefois le dernier membre de phrase : « Il semble que la manière de Pauson se rapprochait de ces peintures satiriques où les défauts du corps et de Tesprit sont exagérés par des traits violents, qui divertissent un instant la malignité, et que le bon goût réprouva ainsi pour toujours '. »

1. De Paw, Recherchesphilosophiquessur les Cms. Berlin, 1788, 2 vol. in-8\

Masque de llu'-àtre, d'après une cornaline antique.

Page 1