‹ Histoire de la caricature antiqueChapitre 25 sur 94 · I]0 HISTOIRE · texte numérisé non relu

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tienuenl le peintre, son élève et le modèle. Le rapin montre la curiosité de l'enfant, plus occupé de ce qui se passe autour de lui que de la peinture qu'on lui enseigne peut-être durement. L'homme qui pose est un badaud, plein d'étonnement pour un artiste dont chaque coup de pinceau amène un" trait de ressemblance; il fera tout à l'heure quelques bourgeoises observations que semble annoncer la bouche pincée du peintre, assis devant son chevalet avec le recueillement d'un général se préparant à la bataille.

« Peintre et modèle ne sont que des pygmées, a dit un commentateur à propos de cette peinture. N'y a-t-il pas là comme une intention ironique dans la pensée de l'artiste, une allusion à la décadence de Vart? Les peintres de l'époque de Pline pouvaient s'avouer à eux-mêmes qu'il n'étaient que des nains auprès des géants de l'art. »

— Non, répondrai-je, il n'y a pas à'allusion dan> cette peinture comique. Non, certainement, les artistes du vivant de Pline, et l'auteur de cette fresque en particulier, n'ont pu songer à peindre un symbole méprisant pour leur épocjue. Les habiles décorateurs dePompéi et d'Herculanum accomplissaient leur tâche, sans s'inquiéter des grands maîtres qui les avaient précédés. L'intention satirique contre un peintre de l'époque paraît vraisemblable : contre

toute une époque cela devient une interprétation symbolique qui touche à l'hyperbole.

Par celte fresque nous pénétrons dans l'atelier d'un peintre de l'antiquité, comme les curieux étudient les mœurs du temps de Louis XIH dans l'œuvre d'un Abraham Bosse. Et c'est là l'utile et historique côté de la caricature, que de rendre des détails intimes auxquels se refuse le grand art.

M. Mazois sauva ce tableau en en donnant une gravure dans son important ouvrage des Ruines de Pompéi. </■ Lorsque je le dessinai, dit-il, il menaçait ruine, et il tomba en morceaux dès les premières pluies. » A l'époque où l'archéologue le copia, vers 1800, il n'était déjà plus complet. « 11 y manquait, dit le même auteur, un autre oiseau, et, du côté opposé, un enfant qui jouait avec un chien, »

Heureusement Guillaume Zahn^ a donné la fresque entière, telle qu'elle existait avant l'arrivée de Mazois à Pompéi , apportant comme nouveau témoignage dans le débat un oiseau et un chien.

Voici donc la fresque dans son entier, avant que l'humidité ne la fît tomber en ruine.

Que penser de l'oiseau volant dans le haut de Tatelier et qui paraît se diriger du côté du peintre? •Je m'en tiens à ma première opinion. Le chien, les

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