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I. Revue archéologique, nini ISfil

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dans leur ville une statue à un homme contrefait; c'est plus tard que, par suite de l'opinion généralement répandue que les bossus sont d'ordinaire gens d'esprit, on se représenta ainsi l'auteur de tant d'apologues populaires en Grèce. >

Il n'entre pas dans mon plan d'introduire des discussions étymologiques non plus que des questions de race; je ne me sens pas de taille à lutter avec M. Zandsberger qui fait un Juif d'Esope, avec Welcker qui nie la tradition, avec M, Zûndel qui tend à en faire un Égyptien. En archéologie, il est prudent de se retrancher dans la citadelle du doute.

Pourtant des savantes discussions allemandes il résulte que l'Egypte ancienne ayant eu le monopole de donner naissance à des esprits conteurs, Ésope pourrait bien provenir d'Egypte. L'apologue appartient plus particulièrement au génie oriental et les acteurs principaux des fables : singes, lions, paons, autruches, étaient, en effet, plus répandus en Orient qu'en Grèce.

Plus d'un conte et plus d'une fable, que nous regardons comme issus du sang gaulois, ont été transportés sur noire sol et rendus vivifiables comme les grains de blé qu'on trouve dans les pyramides. I^s Femmes et le Secret de La Fontaine est un conte traditionnel au Caire. Cendrillonse trouve tout au long dans Strabon. Ainsi les empires

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s'écroulent, les nations disparaissent; il reste un conte, une marionnette, une figurine comique qui en apprennent davantage sur la vie intime des peuples que les histoires des rois.

J'en veux un peu toutefois à la science d'avoir enlevé la bosse d'Ésope.

Qu'était-ce que ce personnage contrefait dont l'image (qu'on croit être du iv' siècle) représentait pour le peuple la personnification du fabuliste? Voilà ce que la critique ne dit pas. Cependant il y aurait ingratitude à médire des recherches exactes de l'érudition allemande. Moi aussi je crois que de l'Egypte sont venus la plupart des contes bleus, des facéties, des fables, des nains, des pygmées bizarres dont s'amusaient les Grecs et les Romains ^

L'Egypte se voit par certains détails positifs dans les peintures familières de Pompéi.

En Grèce, un proverbe disait d'un homme têtu qu'il l'emportait sur son ane, et une fable, à ce sujet, dépeignait un âne qu'il était impossible de remettre dans le bon chemin, môme en le tirant par la queue. Lassé de cet entêtement, l'ànier finis-

1. A ce propos, M. de Roncliaud disait avec justesse : « La légende très-tard accréditée, suivant Welcker, qui a transformé le fabuliste en nain bossu, ne serait qu'une autre version de la tradition qui faisait venir des bords du Nil tout un genre fantastique et plaisant de littérature et d'art, très-florissant surtout en Italie. »

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sait par pousser lui-même son âne à rabînic. Fable bien connue d'Horace : Ul ille, dit-il,

Qui ni?le ]iarenlcm in rnpes protusil aselUiin.

C'est cette fable de l'àne allant au-devant du crocodile, malgré les efforts de son conducteur, dont on trouve la reproduction à Herculanum.

Le fragment de fresque de l'àne et du crocodile, découvert dans les fouilles de Regina, est conservé au musée de Naples.

La fresque était malheureusement fort dégradée, et le temps, aussi destructeur que le crocodile, avait mangé la tête de l'âne.

Peut-être cette fresque est-elle du peintre dont Pline faisait un cas extrême, de Neala, qui ayant peint la bataille navale entre les Perses et les Égyptiens, pour démontrer que l'action s'était passée sur le Nil, peignit un âne buvant sur le rivage et un crocodile qui lui tend un piège.

Ce crocodile n'appartient pas à la Grèce; par cette fresque, on voit l'alliance des fables grecques et romaines avec les traditions du pays des Ptolémées.

Pour en revenir à l'appui que la fable prête à l'art populaire et plaisant, je citerai M. Edouard Fournier :

Chez les Iloniains, cette sorte de satire figurée par les animaux se retrouve encore, soit comme provenant de l'esprit grec, soit plutôt comme héritage de la vieille comédie. Elle était trop populaire pour ne pas avoir cette dernière origine, toute nationale.

Les cabaretiers même se faisaient des enseignes avec ce genre de caricatures.

Phèdre ne dit-il pas que l'idée de la fable du Combat des rats et des belettes, conçue toute dans cet esprit do l'animal parodiant l'homme, lui vint d'un tableau grossier qu'il avait vu au-dessus de la porte d'un cabaret ' ?

1. Je dois ajouter, pour me mettre de niveau avec la science aciuelle, que Phèdre semble encore plus menacé dans sa personnalité qu'Ésope. Suivant Dauiiou et d'autres critiques, la basse latinité de Phèdre inspirerait de terrildes doutes et passerait pour avoir été composée par quelque moine du moyen âge. Voilà ce que j'entends dire autour de moi dans un entourage de lettrés qui n'aiment pas à être pris pour dupes.

CARICATURE DE CARACALI.A

On voit au musée dWvignon deux petits bronzes qui passent, l'un pour une représentation caricaturale de Caligula, l'autre pour celle de Caracalla.

Le Caligula (voir page 108) est resté à peu près ignoré et vierge de commentaires; toute l'attention s'est portée vers le Caracalla.

« L'antiquité, qui nous apparaît sous un aspect presque toujours grave dans le lointain de Thistoire, n'avait pas moins que les modernes l'instinct de la plaisanterie. » Ainsi parle M. Lenormant dans un mémoire * à propos de la seconde statuette, que le catalogue désigne ainsi : a Un nain couronné de laurier, qu'on dit être la caricature de Caracalla, distribuant d'une main des petits gâteaux et tenant de l'autre un panier de friandises -. »

1. Imtitut de correspondance archéologique, atlas, vol. H, 1834-

2. (I J'ai admiré au musée d'Avignon une excellente petite carif'iiluie de Caracalla repri-senté en marchand de petits pâtés, » dil

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M. Lenormant pense que les deux statuettes sont la caricature de Caracalla.

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