‹ Histoire de la caricature antiqueChapitre 37 sur 94 · ETROITE COUTURE DE L HOMME ET DE L AN'IMAI · texte numérisé non relu

ETROITE COUTURE DE L HOMME ET DE L AN'IMAI

En étudiant le sens mystérieux de quelques bronzes à corps d'hommes et à lêles d'animaux, je sonse combien Fart suit la marche de la nature.

La Bible nous apprend que dans la formation primitive des êtres, l'homme fut créé le dernier, comme l'objet le plus parfait qui pûtêtre réalisé. On voit la nature à l'état d'apprentissage, tâtonner, sr tromper quelquefois, donner la vie à des monstres, se reprendre, trouver des formes mieux équilibrées, faire sortir de terre d'admirables animaux, et toujours marcher de progrès en progrès jusqu'au septième jour où, triomphant, le maître ouvrier pul se reposer, ayant créé son chet-d'œuvre, l'homme.

Il en fut des ouvrages sortis de la main des statuaires et dfîs peintres comme des êtres fabriqués par la nature. L'art antique va, de tâtonnements en tâtonnemonis, jusqu'à la parfaite représentation de

rhorniïiL'. Mais combien fut essayée la ligure humaine avant d'être traduite dans sa perfection !

L'animal est reproduit dans ses mouvements alertes par les Assyriens qui, je l'ai dit, représentèrent les animaux domestiques avec une perfection que les modernes n'ont pas dépassée; mais qu'il s'agisse d'un roi puissant, l'Assyrie sculpte seul le masque réel, terminant le corps par des détails empruntés à d'énormes et fabuleux animaux.

En Egypte, au contraire, le corps est emprunté à l'homme, la tête à l'animal. Tout est hypothétique en telles matières, et la science de longtemps encore ne dira son dernier mot sur ces peuples dont le Sésame est si profondément caché.

Les Grecs empruntèrent une partie de leur mythologie au culte égyptien; c'est ce qui explique comment eux aussi divinisèrent l'animal et regardèrent l'homme à travers la bête.

Qu'est-ce que le centaure? Un accouplement de cheval et d'homme.

Le satyre? Un mélange d'homme et de bouc.

Le faune? L'homme joint à la chèvre.

Le phallus de Priape est souvent une corne.

Hercule est issu du taureau. Certaines statues le montrent avec un cou bestial, trace de son ancienne origine.

Les satyres luxurieux ont emprunté au bouc in-

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tempérant ses cornes, ses oreilles, ses cuisses et ses jambes. Les faunes, plus chastes, furent dotés des oreilles, des queues et des cornes naissantes des jeunes boucs.

Lucien, dans la description d'une peinture de Zeuxis, donne une idée de ces bizarres accouplements :

Sur un épais gazon est représentée la cenlauresse. La partie chevaline de son corps est couchée à terre, les pieds de derrière étendus ; sa partie supérieure, qui est toute féminine, est appuyée sur le coude; ses pieds de devant ne sont point allongés comme ceux d'un animal qui repose sur le flanc, mais l'une de ses jambes, imitant le mouvement de cambrure d'une personne qui s'agenouille, a le sabot recourbé ; l'autre se dresse et s'accroche à terre, comme font les chevaux quand ils essayent de se relever. Elle tient entre ses bras un de ses deux petits et lui donne à teter, comme une femme, en lui présentant la mamelle ; l'autre tète sa

. mère, à la manière des poulains

Pour moi, j'ai surtout loué Zeuxis pour avoir

déployé dans un seul sujet les trésors variés de son génie, en donnant au centaure un air terrible et sauvage, une crinière jetée avec fierté, un corps hérissé de poils, non-seulement dans la partie chevaline, mais dans celle qui est humaine La femelle ressemble à ces superbes

cavales de Thessalie qui n'ont point encore élé domptées et qui n'ont pas fléchi sous l'écuyer. Sa moitié supérieure est d'une belle femme, à l'exception des oreilles, qui se terminent en pointe comme celles des satyres ; mais le mélange, la fusion des deux natures, à ce point délicat oi!i celle du cheval se perd dans celle de la femme, est ménagé par une transition si habile, par une transformation si fine, qu'elle

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