Ce vase appartenait en 1813 à l'évêque de Nola
inenls; on conoailpar les vases les moindres scènes du répertoire osque. Qu'on s'imagine perdues les comédies de Molière, el la mise en scène du théâtre de la Foire conservée par les dessinateurs du xvm" siècle.
Telle est pour l'archéologue moderne la situation du théâtre dans l'antiquité. Et même, pour pousser l'analogie plus loin, ne faut-il pas descendre jusqu'aux derniers échelons de l'art dramatique, aux pantomimes des Funambules, car voilà ce que le hasard a conservé plus particulièrement de l'antiquité, le relief funambulesque?
Je ne crois pas pousser l'analogie trop loin eu assimilant les Atcllanœ fabidœ aux pièces des Funambules; el si l'étude particulière que j'ai faite de la pantomime semblait m' entraîner à des relations trop étroites de cet art avecles pièces du répertoire osque, les dessins sont là pour la gouverne de la crilique et des érudits.
Tite Live rapporte qu'une peste considérable ayant éclaté à Rome vers l'an 390, les consuls, pour dissiper la terreur des esprits, firent venir des comédiens dits hidii, dont raffolait le peuple accoutumé seulement jusque-là aux jeux du cirque.
Suivant de l'Aulnaye, ce fut alors qu'aurait été représentée par ces ludions la parodie des Amours de Jupiter et d'Alcmène.
Alcmène est à la fenêtre. Pendant que Jupiter s'avance, la tête passée dans les barreaux d'une échelle qui doit lui servira pénétrer chez la belle, Mercure, à l'aide d'une lampe, éclaire le lieu de la scène, et, pour ne pas être reconnu, cache son caducée.
Les deux peisonnages ont un caractère ithypballique très-prononcé.
Celle scène apparlienl évideniiiient aux Mimes, dit île l'Aulnaye, parce que les acleurs y sont représentés nu-pieds, planiprdes.
De l'Aulnaye se contredit, car plus loin il ajoute :
Ces planipèdes n'avaient point de masques et se couvraient le corps de tuniques grossières, faites de peaux de bêles (voir dessin page 201).
Or Jupiter a un masque blanc surmonté du modius, et son costume, de même que celui de Mercure, n'est pas aussi baiijarc que celui des comédiens à l'origine de ces farces.
Le ventre postiche et exagéré de Mercure, les prolongements phalliques de cuir rouge (supprimés dans le dessin) des deux personnages indiquent que le drame était tourné au bouffon. Aussi inclinerais-je à croire que l'échelle, comme dans nos pantomimes, devait servir à quelque détail burlesque. Jupiter, la tète prise entre les barreaux, subissait certainement les malices de son confident,
AMOURS DE JUPITER ET h ALCMENE,
Peinture de vase.
l'échelle étant un moyen comique à l'usage des théâtres disposant de peu de moyens.
Un vase du Vatican représente une scène qui n'est pas sans analogie avec la précédente; quelques commentateurs y voient le second acte du drame.
Jupiter a posé l'échelle contre le mur de la maison et va se présenter à la fenêtre d'Alcmène, lui offrant des pommes, fruit consacré à Vénus. L'amant tient une bandelette; l'esclave porte un petit seau de bronze et une couronne de myrtes, cadeaux amoureux dont il est souvent question dans le théâtre antique.
Dans ce second vase, le maître se distingue de l'esclave par ses chaussures; mais les acteurs n'ont pas les mêmes détails significatifs dans les deux compositions. Jupiter, reconnaissable au moclius, Mercure au pétase et aucaducée lors de la première scène, ont perdu ces attributs, ce qui donne à croire qu'il s'agit ici d'un de ces rendez-vous à la fenêtre, qu'Athénée cite comme fréquents.
La seule analogie est l'échelle, quoi qu'elle ne suffise pas à faire de l'amoureux un Jupiter. Mercure, la torche allumée, n'y met plus, comme dans le premier tableau, le mystère de la petite lampe éclairant d'un faible rayonnement la fenêtre d'Alcmène.
Avec Panofka j'incline à croire qu'il s'agil d'une parodie de rendez-vous, et non d'une satiie des