‹ Histoire de la caricature antiqueChapitre 59 sur 94 · Pompéi, [ vol. in · texte numérisé non relu

Pompéi, [ vol. in

DE LA <; A W I r, A T l P. E A N T I Q U E 275

ces traits, les uns sont secs etroides, d'autres lâches et maladroits; certains se courbent et semblent à la recherche du mouvement. Les personnages de gauche sont barbares, celui de droite habilement jeté. Il ne faut s'étonner ni de cette barbarie ni de cette heureuse spontanéité. De Rembrandt à Delacroix qui n'a observé de ces jets bizarres !

Le rédacteur du Magasin pittoresque croit que celte « caricature» est l'œuvre de a plusieurs Pompéiens, » parce que le personnage à la palme est d'un dessin moins embryonnaire que les autres figures de la même composition.

Dans les projets des plus grands maîtres, on remarque de ces inégahtés. Certains mouvements sont rebelles à l'artiste, il ne peut les rendre à l'aide du souvenir, il les étudiera plus tard d'après le modèle, mais il est important de les indiquer, ne fût-ce que par un point. La mémoire a retenu tel geste plutôt que tel autre; sur le même feuillet d'album, à côté d'un héroïque trait de crayon, il n'est pas rare de trouver le bégayement.

J'ai sous les yeux les premiers croquis qui ont servi au Triomphe de Trajan de Delacroix : c'est un assemblage de pauvretés et d'opulences, de guenilles et de richesses, de cherché et de spontané, de pénible et de triomphant, de misère et de génie.

Les hein du geindre pétrissant la pâte dans une

cave, que sonl-ils à côté des efforts de railistc courbé devant sa table de travail, et qui ne peut réussir à rendre un mouvement? Plus l'artiste est passionné, plus pénibles sont ses efforts, car il les tire de son cerveau.

Les artistes anciens procédaient comme les modernes. Le graffito relatif à la querelle des Pompéiens et des Nucériens en est la preuve, et j'appelle à mon aide le P. Garucci qui le tient pour sérieux et non satirique.

On a trouvé à Pompéi des inscriptions vraiment satiriques; on en trouve également à Rome. Sur un mui" au pied du mont Palatin, le P. Garucci a calqué le dessin d'un âne tournant la meule, avec cette inscription :

LABORA ASELLE QVOMODO EGO LABoRAUI, ET PRoDERIT TIBI.

(Travaille, petit une, comme j'ai travaillé, et cela te servira '.)

Les esclaves à Piome travaillaient comme des bêtes de somme. Ce graffito est peut-être le cri sarcastique d'un esclave plein d'amertume.

I. « Là, au moulin, bon nomlire de bètes de somme loiirnaicnt incessamment au manège, et foi.saient circuler des meules de dimensions différentes. Ce n'était pas seulement le jour, mais encore toute la nuit, qu'elles mettaient en mouvement la machine, produisant par ces évolutions une farine due à lein'S veillées, » dit Apulée. {Métamorphoses, trad. Bétoland. Garnicr frères).

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