COMBAT D IN PYCMKE CONTRE UN COQ
Lampe en tciTo cuite.
pèrenlleurs yeux. Qu'un personnage tînt à la main
un papyrus ou un volumen, aussitôt était rattaché à ce volumen le souvenir d'nn grand orateur, Démosthènes « peut-être ». Plus tard, il est vrai, la science voulut trouver la preuve de ces affirmations par des textes précis; et si on peut douter de la représentation de Démosthènes sur la lampe en question, il est certain, quoi qu'en pense M. Alexis Pierron, que Cicéron fit traduire plaisamment son nom par un pois cliiche sur un vase.
Pour ne pas quitter le champ des terres cuites, ie fais Qraver la liiiure d'un guerrier combattant contre un coq. Là aussi Fimagination pourrait se donner carrière. Il ne manque pas de guerriers dans l'antiquité, et on trouverait mille noms célèbres à appliquer à ce lutteur. Le coq fournirait facilement malière à un mythe pour les symbolisateurs.
A mon sens, ce n'est qu'un Pygmée de plus à ajouter à la famille nombreuse des petits êtres fantastiques qui, habituellement, sont représentés livrant de féroces combats aux grues. Ces combats avec les coqs sont rares, les Pygmées des bords du Nil ayant phis d'occasions de se mesurer avec les animaux aquatiques qu'avec des oiseaux domestiques. On voit cependant au musée de Xaples une mosaïque représentant un pygmée qui montre une branche verte à un coq mystérieux : le volatile semble inspirer une forte crainte au myrmidon.
Comliien les gras furent criblés d'épiprammes par les poëtes comiques, à combien de représentations sculptées donna lieu le ventre, c'est ce qu'il est facile de démontrer.
En ceci la tradition ne s'est pas interrompue, et toujours les caricaturistes ont fait, le plus souvent à leur insu, acte de spiritualisme en insistant sur l'excès de lymphe produit par la débauche, sur les bouffissures causées par la poinfrerie. L'antiquité, de ce côté, abonde en documents aussi chairs que les estampes de Breuf!hel, les croquis d'Ok'Sai ou les crayons de Daumier.
Les musées publics et les collections particulières sont riches en terres cuites représentant de gros hommes hébétés s'appuyant sur des amphores aussi grosses que leurs ventres. Cet abdomen développé aux dépens du cerveau fait horreur à ceux qui pensent : aux moralistes, aux historiens, aux auteurs comiques, surtout aux poëtes de la décadence.
Plutarque rapporte que Caton, se moquant d'un homme d'un excessif embonpoint, disait : « A quoi peut servir à la patrie un corps où, du gosier aux aines, tout l'espace est occupé par le ventre? »
Dans unri épigrarnine votive fJe Léonidas de Tarenle, le plus grand des petits poètes de la décadence, on lit :
A l'intempérance, à la gloutonnerie Disozus le Dorien consacre ces dons, des marmites ventraes de Larisse, des cruches, une coupe large et profonde, une fourchelle de bronze artistement recourbée, un grand couteau, une cuiller de bois à remuer la purée. 0 Gloutonnerie, en échange de ces mauvais présents d'un mauvais riche, accorde-lui de ne jamais connaître la tempérance!
Les fragments suivants d'une comédie d'Alexis sont encore plus significatifs :
Vertus, ambassades, commandements, vanités que tout cela, relenlissement vide du pays des songes! La m.ori te glacera au temps marqué, et il ne le restera que ce que tu auras bu ou mangé.
Ailleurs :
Le sage doit réunir toutes les voluptés; il y en a trois qui rendent la vie véritablement parfaite et heureuse : boire, manger et faire l'amour.
Et pour terminer :
(Jue viens-tu me radoter, bavardant du haut en bas, du Lycée à l'Académie, à l'Odéon? Enfantillage de sophistes! Rien de bon dans tout cela. Buvons, bm'ons à outrance et assis, moii cher Sicon, et vive la joveuse bombance, tant qu'il nous est permis d'y fournir! Allons, vive le tapage, Manès! Rien de plus aimable que le ventre : le ventre, c'est ton père, le ventre, c'est la mère!
Par ces sarcasmes du poêle Alexis est allcsl»'> le mépris qu'inspiraient aux anciens la paresse, la gourmandise, la débauche; et plus les craquomonls de la société antique se font sentir, plus les railleries redoublent.
M. de Long'périer a signalé di^s monumonis où la maigreur est Irailée saliriquement :
On a, (lit-il, dos exomplos (remporeurs, (racloiu's, de divinités nuMiie, dont les imperfections étaient lidienlisées avec nne extrême liberté. Parmi les iniirmités qni prêtaient à la raillerie on pent compter la niaigreur, téniuiii les niiscrahles inlibnlés dont Winckehnann a publié le dessin. (,t/onuments ini'ditx, n" IXS'.)
La maigreur, telle ([iie nous la représcnlciil. quelques mouumcnls roiuaiiis, est souveul duc à un élal maladir d'où résultent des détails plus anatomiques que plaisants. Ces bronzes de malades, d'agonisants, semblent courus sous une iiilliieiice cbrélienne; alors apparaît le squelette que l'art païen avait jusqu'alors presque toujours dissimulé.
Les monstres dansant malgré leur maigreur, dont parle M. de Longpérier, sont plus hideux (jue les figui^es de la Mort dans les danses macabres de la (!ihaise-Dieu. Le spectacle de ces maigres signalés