‹ Histoire de la caricature et du grotesque dans la littérature et dans l'artChapitre 16 sur 102 · NOTICE XIX · texte numérisé non relu

NOTICE XIX

chaque bouteille figure un petit bonnet rouge et chaque étiquette est une épigramme politique. 7° Le Vieux Gentilhomme anglais (Georges III) assiégé par les valets solliciteurs ; 8° John Lull donnant à Pitt ses culottes pour sauver son derrière ; 9° Arlequin Quichotte (Sheridan) atlaquant les marionnettes, etc.

Mais je ferais mieux d'indiquer aux amateurs un choix des caricatures de Gillray, en dix livraisons, avec un texte explicatif, publié par Miller à Londres, et Blackwood à Édimbourg.

J'avais espéré trouver enfin dans ce texte des renseignements biographiques sur Gillray, mais inutilement. Je ne connaissais de Gillray que son nom et ses caricatures, lorsque dans l’Athenœum parut un article moitié critique, moitié laudatif, où je recueillis ces lignes : « On connait peu de choses « de la vie de Gillray, on ne saurait guère en parler beau- « coup. Les personnes qu'il fréquentait ont gardé le silence. « Le silence est quelquefois discrétion. Il avait travaillé chez « un graveur et gravait lui-même ses caricatures. Ceux avec « qui il frayait de temps en temps le regardaient comme un « homme taciturne et inexplicable ; il aimait cependant une « société vulgaire, la grosse gaieté, les joies sensuelles et im- « pures. Il avait d’abord fait des caricatures amères dans le « sens des whigs : le temps ou un autre correctif adoucit son « hostilité ; il passa dans le camp des torys, et attaqua ses « anciens amis avec toute l’exagération haineuse d’un nouveau « prosélyte. Il était à l'affût de tous les bons mots, de toutes « les médisances, et les traduisait à l'instant avec son burin. « Ses caricatures n'étaient pas toujours de son invention ; la « pensée première lui en était fournie par certains grands « seigneurs. Comme artiste, Gillray fut remarquable ; mais, « comme homme, il suffit qu'on dise de lui qu'il vécut fort « peu honorablement dans la rue Saint-James ; qu'il fut in- « sensé pendant les six dernières années de sa vie, et qu'il fut « aperçu pour la dernière fois, le 1° juin 1815, nu et la « barbe longue, en plein midi, dans le magasin où se ven- « daient ses caricalures. Telle fut Ja fin d’un homme dont la

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