NOTICE. XXI
accompagne tant de jolies vignettes de chevaux, de chiens et d'oiseaux *.
« Permettez-moi de vous dire, monsieur le rédacteur, que je.crois que vous avez un peu déprécié le talent et la moralité de Gizray. Vous semblez ignorer qu'il devint malgré lui l'allié de la faction tory, et que son cœur resta toujours du parti des whigs et de la liberté. Il ne déserta pas aux torys, mais fut enrûlé de force (pressed) à leur service par un fatal concours de circonstances. Il s’était malheureusement fait traduire devant le « tribunal ecclésiastique » pour avoir publié une caricature politico-biblique qu'il avait appelée l’Offrande des mages, et ce fut sous la menace de condamnations et d'amendes qu'il se laissa prendre par le parti de Pitt à l'offre d’une pension et d’une absolution générale de ses péchés politiques et religieux. Voilà dans quelle situation il se crut obligé de capituler. » |
Ah! monsieur Landseer, quel aveu vous faites là contre votre ami Gillray ! Il se laissa prendre à l'offre d’une pension, lui, le caricaturiste démocrate ! Le journal auquel vous répondez n'avait pas osé nous le dire positivement. Plus d'illusion en faveur de Gillray : c'était un hibelliste de police.
« Il ne m'a jamais paru, continue M. Landseer, que Gillray aimât la société vulgaire et la gaieté grossière que vous lui reprochez. Mais il était silencieux et réservé jusqu'à ce qu'il eût reconnu qu'il était avec des personnes franches et libérales. »
(Le pauvre Gillray mordait sa chaine.)
« Son patriotisme et ses principes libéraux se faisaient jour alors, et éclataient quelquefois jusqu’à l’enthousiasme. Je me rappelle m'être trouvé avec lui et quelques artistes, dont la plupart ne sont plus, au café du Prince-de-Galles nouvellement ouvert : le but de la réunion était de faire les fonds et de tracer les règles d’une société pour le soulagement des artistes malheureux. Gillray, à cette occasion, se montra à la
4 Sir Ed. Landseer n'avait pas encvre reçu le titre honorifique qui glace Île sir devant ses doux noms.