‹ Histoire de la caricature et du grotesque dans la littérature et dans l'artChapitre 27 sur 102 · XXX PRÉFACE DE L'AUTEUR · texte numérisé non relu

XXX PRÉFACE DE L'AUTEUR

la remarque s'applique également à l'art), il est nécessaire de connaitre toute l'histoire de la littérature de l’Europe occidentale pendant cette période. Le caractère particulier aux différents pays devint naturellement plus marqué et plus fortement individualisé à mesure du progrès social ; mais ce ne fut que vers la fin de la période féodale que la littérature de chacun de ces pays acquit son originalité propre. C'est à cette période que se restreint mon plan, selon le point de vue que je viens d’indiquer.—Ainsi, la littérature satirique et la caricature de la Réformation eurent leur berceau en Allemagne, d'où, pendant la première moitié du seizième siècle, leur influence s’étendit largement sur la France et sur l’Angleterre ; mais, après cette période, toute influence de la littérature allemande cesse dans ces deux royaumes.

La littérature satirique moderne a ses modéles en France pendant le seizième siècle, et l'influence directe de cette littérature sur la littérature anglaise se fait sentir pendant ce siècle et le suivant, mais pas au delà. La caricature politique prit de l'importance en France pendant le scizième siècle et fut transplantée en Hollande dans le dix-septième. Jusqu'au commencement du dix-huitième siècle l'Angleterre dut sa caricature, indirectement ou directement, aux Français et aux Hollandais : mais pendant le dix-huitième siècle il se forma une école de caricature purement anglaise, tout à fait indépendante des caricaturistes du continent.

Le mot histoire peut être pris dans deux sens en ce qui concerne la littérature et l’art ; d'ordinaire on l’enploie comme signiGant une suite de notices chronologiques des auteurs ou des arüstes et de leurs œuvres, quoique cette composition soit plus à propos comprise sous le titre de biographie ou de bibliographie. Mais il est une autre application très-différente du mot, et c'est le sens que j'y attache dans ce volume. Pendant le moyen âge et quelque temps après (dans les branches spéciales), la littérature (c’est-à-dire la poésie, la satire et tous les genres de littérature populaire) appartenait à la société et non aux auteurs, qui, individuellement, n’étaient que

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