‹ Histoire de la caricature et du grotesque dans la littérature et dans l'artChapitre 28 sur 102 · PRÉFACE DE L'AUTEUR XXXI · texte numérisé non relu

PRÉFACE DE L'AUTEUR XXXI

des ouvriers gagnant leur vie en satisfaisant aux demandes de la société. Par suite, les changements de forme ou de caractère de la littérature dépendaient tous du progrès variable, et conséquemment des demandes changeantes de la société elle-même. Voilà pourquoi, surtout dans les premières périodes, presque toute la littérature populaire — ou sociale, si je puis l'appeler ainsi, — resta anonyme dans le moyen âge. — A de rares intervalles seulement se révélait un individu qui se faisait une renommée par la supériorité de ses talents. Quelques auteurs de fabliaux mettaient leurs noms à leurs compositions, probablement parce que c’étaient des noms d'auteurs qui avaient acquis la réputation de mieux raconter que la plupart de leurs confrères, ou de raconter des histoires plus piquantes. Dans quelques branches de la littérature générale, — comme dans la littérature satirique du seizième siècle, la société excrçait cette espèce d'influence, et quoique ses grands monuments doivent tout au génie spécial de leurs auteurs, il étaient produits sous la pression de circonstances sociales. Retracer toutes les variations de la littérature dans ses rapports avec la société; décrire les influences de la société sur la littérature et de la société pendant le progrès social, voilà ce qui me semble être le vrai sens du mot histoire, etc'est dans ce sens que je l’emploie.

Ce qui précède expliquera pourquoi mon histoire des diverses branches de la littérature et de l’art populaires se termine à ces époques très-diverses. La sculpture grotesque ct satirique qui décorait les édifices religieux cessa avec le moyen âge. Les livres de contes, comme faisant partie de cette littérature sociale, se continuèrent jusqu’au seizième siècle, et l'histoire des recucils de facéties qui en émanèrent ne peut être considérée comme allant au delà des premières années du dix-septième; car, donner une liste de livres de facèties depuis cette époque, ce serait dresser un catalogue de livres de vente composé par les libraires, livres copiés les uns des autres, et, jusqu’à une date récente, chacun plus méprisable que son prédécesseur. À tout événement, l’école de la littérature sati-

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