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Ces caricatures, contemporaines du tournoi du moyen âge, lequel eut sa plus grande vogue pendant la période qui s’étend du douzième au quatorzième siècle, semblent avoir joui d'une grande popularité. Elles figurent assez fréquemment sur les marges des manuscrits enluminés. Le manuscrit, si connu aujourd’hui, du Psautier de la reine Marie (ms. Reg., 2, B. vu), écrit et enluminé tout à fait au commencement du quatorzième siècle, renferme un certain nombre d'illustrations de ce genre. Une de ces compositions, que reproduit notre figure 62, représente uu tournoi qui ne diffère pas beaucoup de celui quedécrit Alexandre Neckam, à part cette circonstance que les singes sontà cheval sur d’autres singes, et
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Fig. 62.
non sur des chiens. Au fait, icitousles personnages en scène sont des singes, et la parodie est complétée par l'introduction du héraut et du ménestrel, représentés, d'un côté, par un singe qui sonne de la trompe et, de l’autre, par un singe qui joue du tambourin. À moins peut-être que les deux singes musiciens ne figurent là que comme joueurs de cornemuse et de tambourin, instruments regardés comme les moins relevés, et ne viennent ainsi ajouter d’autant plus à la bouffonnerie de la scène.
C'est le même manuscrit qui nous a fourni notre figure 63. Nous assistons à un combat entre un singe et un cerf aux pieds de griffon. Ils sont montés aussi l’un et l'autre sur des animaux presque indéfinissables, dont l’un a la tête et le corps d’un lion avec des serres d’aigle pour pattes de devant, et l’autre une tête assez semblable à celle d’un lion avec le corps d’un lion et le train de derrière d’un ours. Ce sujet est sans douteune critique burlesque des romans du moyen âge, remplis de combats entre les chrétiens
et les Sarrasins: car le singe, qui, dans les morales dont sont accompagnés les Bestiaires, représente, dit-on, le diable, est ici pourvu d'armes qui, évidemment, peuvent passer pour un sabre et