BILLET D'ENTERREMENT
Vous ë'es priez d'assister au convoy, service et enterrement du très-haut très-grand et très-infâme Prince infernal, graud statouder des Armées diaboliques de la ligue d'Augsbourg, et insigne usurpateur des royaumes d’Angleterre, d'Ecosse et d'Irlande, décédé dans l'irlande au mois d'Aoust 1690, qui
se fera ledit mois, dans sa paroisse infernale, où assisterunt Dame Proserpine, Radamante et les Ligueurs.
Les Dames lui diront, s'il leur plaist, des injures.
Les estampes gravées en Angleterre à cette époque étaient pires, S'il était possible, que celles qu'on publiait en France. La caricature contemporaine sur la chute des Sluarts, la seule à peu près que l'on connaisse, est une estampe mal exécutée, publiée immédiatement après l’avénement de Guillaume III, sous le titre de Commémoration pour l'Angleterre de sa merveilleuse délivrance de la tyrannie française et de l'oppression papiste (England’s memorial, etc.). Le milieu du tableau est occupé par l’oranger royal, qui fleurit malgré toutes les tentatives faites pour le détruire. Dans le coin supérieur de gauche est représenté le conseil du roi de France, composé d'un nombre égal de jésuites et de morts assis alternativement à une table ronde.
La circonstance que les titres et les légendes de presque toutes ces Caricatures sont en hollandais semble montrer que, dans l'intention de leurs auteurs, c'était en Hollande plutôt qu'ailleurs
qu'elles étaient destinées à agir. Dans deux ou trois seulement ces légendes ont été accompagnées de traductions en anglais et en français, et après un certain temps il commença à en être fait en Angleterre des copies accompagnées de légendes en anglais. Le quatrième volume des Poëmes sur les affaires d'Etat, imprimé en 4707, en donne un exemple curieux. Dans la préface, l'éditeur saisit l’occasion d'informer le lecteur que, s'étant procuré d’outremer une collection d’estampes satiriques, faites en Hollande et ailleurs par Romain de Hooghe et autres artistes éminents, relatives au roi de France et à ses partisans, depuis que ce prince a commencé injustement la guerre, il a (lui, l'éditeur) persuadé au libraire d’en faire graver plusieurs à chacune desquelles il a joint, en vers anglais, les explications qui étaient dans les originaux en hollandais, en français et en latin. » On trouve, en conséquence, à la fin du volume, des copies de sept de ces caricatures, qui sont certainement inférieures, sous tous les rapports, à celles de la meilleure période de Roinain de Hooghe. Une d’elles rappelle l'éclipse de soleil qui eut lieu le 12 mai 1706. Le soleil, comme on pouvait le conjecturer, c’est Louis XIV, éclipsé par la reine Anne, dont le visage occupe la place de la lune. Au premier plan, tout juste sous l’éclipse, la reine est assise sur son trône, entourée de ses conseillers et de ses généraux. Enlacé dans son bras gauche elle tient le coq gaulois, auquel de la main droite elle rogne une aile. (Voir notre figure Fig. 190.
190.) En haut, à droite, on voit un tableau de la bataille de Ramillies ; et en bas, à gauche: un combat naval sous l’amiral Leake : deux victoires gagnées dans l'année que nous venons d'indiquer.
Notre figure 191 reproduit une autre de ces copies d’estampes étrangères. « Ces personnages, est-il dit, représentent un trom-