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alors que le futur accouchement de la princesse préoccupait tous les esprits, il parut une estampe sous le titre de: Grand papa dans toute sa gloire. Cette caricature, que reproduit notre figure 930, représente le roi Georges assis, choyant le royal enfant et lui donnant la bouillie avec une merveilleuse bonhomie. Il chante la chanson de nourrice :
There was a laugh and a craw, etc.
On riait à gogo; hon ami élait content; bonne it fille aura à manger, mais méchante petite fille n’en aura pas.
Cette estampe, qui n’est pas signée, est une imitation du genre de Gillray ; mais on sait qu'elle est de Woodward. Gillray fut souvent imité de cette façon, et l'on ne se faisait pas faute de le copier et de le piller. Luimême, il se copia plus d’une fois et déguisa sa propre manière dans un but mercantile.
A l’époque du projet relatif à la régence, en 1789, Gillray allaqua avec une grande vigueur la politique de Pitt. Dans une caricature publiée le 8 janvier, il représenta le premier ministre sous la forme d'un vautour repu à l’excès, ayant une serre solidement posée sur la couronne royale et le sceptre, et de l’autre saisissant la couronne du prince
et en arrachant les plumes.
Entre autres bonnes caricatures faites à cette occasion, la meilleure peut-être est la parodie du tableau des Parques, peint par Fuseli, parodie dans laquelle Dundas, Pitt et Thurlow, qui personuifient les trois sœurs, sont occupés à contempler la lune, dont le disque, sur son côté brillant, représente la figure de lu reine, et sur l'autre celle du roi, obscurcie par des ténèbres mentales.
Gillray envisagea la révolution française sous un point de vue fort hostile ; il prodigua les caricatures contre les Français et les hommes de leur gouvernement, ainsi que contre leurs amis ou leurs soi-disant amis en Angleterre, dans le cours de la périoie s'étendant de 1390 aux premitres années du siècle actuel. Au milieu de tous les changements de ministère ou de politique, il semble s’être acharné contre les individus, et il cessa rarement de caricaturer quiconque avait une fois provoqué ses attaques. Tel fut le cas avec le lord chancelier Thurlow, qui devint l’objet de violentes satires dans quelques-unes de ses caricatures publiées en 1792, à l’époque où Pitt força cet homme d'Etat à se démettre de la dignité de chancelier. Au nombre de ces compositions fizure une des caricatures les plus hardies que Gillray ait jamais exécutées. C’est la parodie — parodie admirable — d'une scène bien connue de Milton ; elle est intitulée : le Péché, la Mort et le Diable. La reine, qui personnifie le Péché, s'élance pour séparer les deux combattants, la Mort (sous les traits de Pitt) et Satan (sous ceux de Thurlow).
Dans les dernières années du siècle, Gillray caricatura successivement tous les partis avec une ésale vigueur ; mais son hostilité contre le parti de Fox, qu’il persista à regarder ou du moins à représenter comme composé de révolutionnaires sans patriotisme, fut certainement excessive. En 1803, il fit encore une gucrre énergique au ministère Addington ; et en 1806, il caricatura celui qui fut connu sous la dénomination de : Tous les talents ; mais, pendant cette dernière partie de sa vie, ses travaux eurent spécialement pour but de soutenir l'énergie de ses compatriotes contre les menaces et les desseins des ennemis étrangers de l'Angleterre. Ce fut, dans le fait, le genre de caricature qui, à cette époque, jouit de la plus grande vogue.
Personnellement Gillray avait mené une vie fort irrégulière ; et à mesure qu’il avança en âge, ses habitudes de dissipation et d’intempérance augmentèrent jusqu’à éteindre peu à peu son intelligence. Vers l’année 1841, il cessa de produire des ouvrages originaux ; la dernière planche qu’il exécuta fut la gravure d’un dessin de Bunbury, intitulée: Une Boutique de papier au temps des Assises, qu'il acheva, croit-on, dans le mois de janvier de cette même année. Bientôt après, il tomba dans l’idiotie, et ne re= couvra plus la raison. James Gillray mourut en 1815, et fut enterré dans le cimetière de Saint-James, Piccadilly, près du presbytère.