‹ Histoire de la caricature et du grotesque dans la littérature et dans l'artChapitre 8 sur 102 · X NOTICE · texte numérisé non relu

X NOTICE

plus d'idées et plus d'imagination, tout en courant après la circonstance, tout en faisant de l’art au jour le jour? Addison s'écriait en parlant du Paradis perdu : « Je vous accorde, si vous voulez, que ce n'est pas un poëme épique; mais convenez que c'est un poëme divin ! » Je dirais volontiers d'Hogarth que cc n'est pas un peintre, mais que c'est un moraliste à la manière de Molière. En lui supposant, comme fait Walpole, l'ambition de se distinguer comme peintre d’histoire, il est facile de lui reprocher d'avoir mêlé la tendance burlesque de son esprit aux sujets les plus sérieux. « Dans sa Danaé, dit Walpole, la vieille nourrice est occupée à éprouver avec ses dents si l'or du seigneur Jupiter est de bon aloi. Dans La Piscine de Belsheda, le laquais d’une riche dame malade chasse un pauvre homme qui ose aspirer au même remède que sa maitresse. » Qu'est-ce que cela prouve ? Que Hogarth n'a rien vu de très-grave dans l’adultère mythologique de la pluie d'or. Quant au laquais de la Piscine, Allan Cunningham dit avec raison que c'est un trait satirique, mais non burlesque, ce qui n'est pas la même chose. Le mélange du comique et du tragique, blämé dans le pays de Shakspeare, voilà de quoi occuper nos romantiques; mais si nous avons le Cours de littéralure de La Harpe, les Anglais ont les Leçons de Hlair. Sans appuyer davantage sur ces disputes d'école, je crois que c’est Fielding qui a le mieux loué Hogarth, son ami, en disant : « Les figures des autres peintres respirent, celles d'Hogarth pensent. »

Les caricatures d'Hogarth sont de plusieurs svurtes : ses caricatures morales, ses caricatures biographiques, ses caricaturcs politiques et ses caricatures de mœurs. Ce sont les premières que J'admire avant tout; ce sont celles qui m'’autorisent à mettre Hogarth sur la ligne de Molière. La Vie de la fille de joie (The Harlol's progress), la Vie du libertin (the Rakc's progress), les Deux apprentis, le Mariage à la mode, sont des comédies en cinq ou six actes avec plus d’unité d’action que la plupart de ces drames en tableaux que nous vuffrent, depuis quelques années, nos grands et nos petits théà-

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