Voir les divers portraits des pages 35, 42, 'i6, etc
HISTOIRR
Etienne, Podenas, Sonlt, Fruchard. Mais l'encens quon brûlait sous leur nez dut souvent leur paraître désagréable!
Pendant trois ans, ces saints Sébastien de la politique furent atteints de coups de flèches empoisonnées, et n'en moururent pas. L'opposition les attaquait sans cesse et sans répit à cause de leur fidélité au roi, à cause de leurs lois, de leurs voles, de leurs verdicts complaisants, de leur ingratitude pour la démocratie, que certains avaient abandonnée *.
La caricature est un crabe aux mille pinces qui ne lâche plus sa pruie. Une fois ces hommes politiques mis en vedette en tète du Charivari, ce fut
1. La jeunesse ne prenait pas aussi philosophiquement que le roi les changements d'allures d'anciens conventionnels tels que Barbé-Marbois, le thermidorisé devenu pair de France, ou que M. Barthe, l'ex-carbonaro appelé au ministère : « Barthe est un converti, n disait avec scepticisme Louis-Philippe à ceux qui reprochaient au ministre son passé.
I)K LA CARIGATIIRK MODKRNE 47
comnie un avertissement donné par Philipon à son armée de caricaturistes, que tels étaient les ennemis qu'il fallait représenter sans cesse en buste, en pied, en groupe.
Tout d'abord la Caricature publia, sous le titre de Masques de 1831, une grande planche, premier essai satirique d'après la plupart des hommes politiques cités plus haut. Daumier (la planche est signée Rofjel'ni) débuta dans le journalisme par ces croquis, comme un enfent apprend à dessiner d'après des plâtres antiques. Des masques il passa aux portraits en buste : le Charivari de 1833 en contient quelques-uns qui ne sont pas encore du domaine de la caricature.
Voilà des hommes étudiés de près. Daumier les reprendra en pied, dans leur allure journalière, allant, venant, sans façon et bourgeoisement, les mains dans les poches; rien ne sera omis des allures des familiers de la cour citoyenne, ni les lunettes, ni les perruques, ni le coton dans les oreilles, ni les traces d'élégances de l'Empire, ni les cheveux ébouriffés, ni les grands faux-cols. Portraits plus réels que ceux des tableaux ofïiciels de Versailles. L'amiral de Rigny n'aura jamais de plus fidèle image.
A peine une intention de caricature se fait-elle remarquer dans le fond d'une planche où apparaît le Sosie du vieux Royer-Collard, c'est-à-dire un habit de pair de France accroché à un porle-man-
leau, une perruque coiffant le champignon du porle-manteau.
M. Bartlie, solennel, son portefeuille de ministre sous le bras, soucieux d'affermir le gouvernement nouveau sorti des barricades et ne permettant pas qu'on discute son principe, propose la fameuse loi contre la presse. On ne l'oubliera pas. Mais que de fois, s'il avait de l'esprit, M. d'Argout dut sourire des malices dirigées contre son nez !
Ici s'avance chantonnant, la bouche en cœur, M. Etienne, le Joconde bourgeois, avec un reste de