‹ Histoire de la caricature moderneChapitre 20 sur 42 · HL · texte numérisé non relu

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à chaque leiiille lemancipalioii du sexe léniinin y est prononcée.

Ceux qui reprochent au caricaturiste de ne pas comprendre la femme peuvent jeter un coup d'œil sur la planche n° 2 de cette suite (1848). Dans une lithographie, blonde comme une esquisse de Rubens, une grosse personne coiiïée à la chinoise et une femme maigre aux cheveux en saule pleureur regardent avec pitié une mère de ftimille qui fait sauter son enfant sur ses genoux.

— Qu'il y a encore en France des êtres abrupts et arriérés! s'écrie une des divorceuses; voilà une femme qui, à l'heure solennelle où nous sommes, s'occupe bêtement de ses enûmtsî

Rarement Daumier a composé un ensemble plus charmant que celui de la mère et de l'enfant. Le drame se passe à la porte d'une petite maison de campagne ; il semble que l'artiste, ayant à peindre des arbres et le jeu du soleil sur les contre-vents verts de la façade blanche, ait voulu prouver sa tendresse de sentiments, que relève le groupe bouffon des deux divorceuses épiloguant dans l'ombre.

Cette planche montre combien le maître a le sens du paysage, un sens qu'il lui a été rarement permis d'indiquer dans ses satires parisiennes. Aussi en profite-t-il lorsqu'il suit les bourgeois à la campagne, pour montrer à travers ses sarcasmes quelque arbre vert, quelque rivière rafraîchissante 1

C'est par les esprits railleurs que la nature a été peinte le plus sincèrement : n'apparaissant chez eux que par échappées, elle n'est pas soumise aux placages de convention dont les faiseurs de descriptions ont tant abusé de nos jours.

Dans l'île Saint-Louis, Daumier, heureux d'échapper au travail, se reposait en se donnant un pittoresque spectacle du haut de la plate-forme de son atelier. Là, sur le quai d'Anjou, au cœur du vieux Paris, se déroulent les rives de la Seine; en face sont étagées les hauteurs de Montmartre et les sombres verdures du cimetière du Père-Lachaise : horizons parisiens auxquels le maître a emprunté parfois plus d'un détail pour fond de ses compositions.

Un arbre chëtif sur le pli d'une colline, de plâtreuses maisons entassées, les méandres de cette Seine que M°"' Deshoulières a chantée dans un joli vers; sur un coteau éloigné, une maisonnette que le caricaturiste a peut-être rêvé d'habiter loin des misères de la ville : tels sont les motifs favoris qui ont permis à Daumier d'introduire la lumière et le soleil dans quelques-unes de ses compositions; mais ce sont des cas peu fréquents dans une œuvre considérable oîi l'homme est plus particulièrement représenté dans son bourgeois intérieur, en proie à mille embarras domestiques*.

1. Un jeune écrivain (la jeunesse aime Daumier), entre tous ceux qui ont dignement parlé de l'artiste, fait remarquer qu'il rend la nature en poète, et que si quelque tigure bourgeoise se

LES DIVORCEUSES.

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-Voila unefemiiis ;]ui,a l'heure solennelle nii nous sommes ' s'occupe bètemca lesesenfans .. qiulj3 encore en France des élres abruptes etarnerés!

Daumier del, 184S.

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Les Femmes socialistes, qui, ou 18 'i8, jivjiit'ul jure guerre aux hommes comme les héroïnes de Lysistrata, sont la continuation (!(•> hiroveeiiscs.

Quelques spirituelles léti:endes de celle série (\^)\\nerontle ton de la chanson qu'a rehaussée Daumier de sa grave mélodie, comparable aux airs solenuels que les buveurs du dix-septième siècle chantaient sur des paroles facétieuses.

— Gomme vous vous faites belle, m;i chère! dil une femme socialiste à son amie. — Ah! r"e-l ipie

détache du paysage, elle fait tache et même « souillure », tant l'homme des villes paraît misérable et funèbre au milieu des verts sourires du sol et des splendeurs de la lumière. Le mot souillure est vif, mais la pensée est juste de l'antagonisme entra le bourgeois et la verdure.

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