I . Voir surtout la Physiologie du pocte
mont sa i)ens(M\ mais toujours regardant justo do ses petits yeux interrogateurs tapis sous d'épais sourcils. La fin d'une république imprévue s'aimonçait rapide vers 1850 et quelque philosophie que témoigne un être, ce n'est pas sans regrets qu'il constate des modifications subites dans l'esprit du peuple, les crevasses ouvertes dans lesquelles disparaissent les croyances qui ne sont plus partagées par les masses.
Je constate en outre chez Daumier. à cette même époque, une certaine inquiétude vis-à-vis des hommes nouveaux. On lui avait présenté Courbet; c'était alors un brave garçon sans l'excès de vantardise et la trop grande adoration de lui-même qui conduisirent plus tard le peintre à la ruine de son talent. Courbet fut loin d'inspirer de la sympathie au satirique. Peut-être sa pénétration des êtres lui faisaitelle entrevoir l'homme de l'avenir!
Je fus chargé un jour par l'éditeur Poulet-Malassis de demander à Daumier des eaux-fortes pour servir de frontispices à des publications en préparation. Quoique ce travail dût être honorablement rémunéré, Daumier se montra hésitant, timide, reculant devant une exécution matérielle dont il ne connaissait pas la pratique; malgré l'assurance que je lui donnai qu'un habile graveur lui enlèverait toutes difficultés de manipulation, l'artiste refusa.
Il se trouvait pourtant en face d'une nouvelle génération témoignant bien plus de sympathies pour
le satirique qu'on no lui en avait montré jusquc-Iù. Baudelaire, dans un article, le faisait figurer tlans une importante trilogie (Delacroix, Ingres, Daumier) ; mais les bizarres formules d'enthousiasme du poète