‹ Histoire de la caricature moderneChapitre 4 sur 42 · X PREFACE · texte numérisé non relu

X PREFACE

net n'eflleurèrent que des ridicule^^ superficiels.

Nous sommes toujours petits-maîtres avec des ostentations de délicatesse; toutes sortes de ménagements garrottent nos esprits, les forcent de se plier au goût du jour et nous empêchent d'oser, tant nous craignons de paraître choquants. Aussi, que de concessions à une nation qui fait de la personnalité un crime ! Et combien de coins n'est-il pas nécessaire d'entasser dans l'opinion, avant que, vaincue, elle reconnaisse son maître !

Les gens ne pardonnent pas à ceux qui dévoilent leurs faiblesses, leurs mensonges et leurs laideurs. L'homme s'irrite de trouver sans cesse sa figure rétléchie par un miroir où n'apparaissent que ses difformités morales. Qu'on se raille de lui légèrement, mais il ne faut pas trop appuyer.

— Est-il intéressant, s'écrient les délicats, de représenter ces laideurs?

Chétifs estomacs qui ne peuvent digérer la raillerie, ou plutôt, braves gens qui ayant peur

PRÉFACK XI

pour eux affichent d'extrêmes délicatesses.

Qu'il serait curieux de connaître la vie d'un Lucien qui ne respecta ni prêtres, ni dieux, ni vanités, ni prétentions, ni gens personnages sérieux, ni hommes k principes^ et qui traduisuit à sa barre les rhéteurs religieux et philosophiques de son temps pour les dépouiller de leurs masques !

« Aussi , s'écrie le satirique , tu vois que de gens me haïssent, et à quels périls ce métier m'expose^ ! »

Quoique sur un plan plus effacé, le caricaturiste subit une partie de ces dédains. On le méconnaît, on le laisse dans l'isolement. L'homme n'a de récompense à attendre que de la mort; mais ce jour-là, la mort qui ne pardonne à personne et qui brise la couronne des princes pour en montrer la fragilité , ce jour-là la mort, pleine de pitié pour d'honnêtes natures méconnues, leur tend au bout

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