XII PRÉFACE
de sa faux la couronne immortelle de la réputation.
La première partie de ce volume aurait pu s'appeler les démolisseurs de la bourgeoisie; car la bourgeoisie n'eut pas d'adversaires plus acharnés que Daumier, Traviès et Henry Monnier. Quoi qu'il arrive, et bien que d'autres figures satiriques soient appelées à succéder un jour à May eux, à Macaire et à Mo7isieur Prudhomme, ces trois types subsisteront comme la représentation la plus fidèle de la bourgeoisie pendant vingt ans, de 1830 à 1850.
Je me suis appesanti volontairement sur Daumier, qui résume à lui seul les qualités de divers caricaturistes du passé. Chez aucun des hommes qui l'ont précédé on ne voit une telle fusion de l'art et de la satire. Les uns vivent par l'esprit, les autres par l'observation,
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coux-là par l'acharnenieiit ; on remarque dans la caricature, comme en peinture, des primitifs auxquels on ne peut demander que la naïveté. Tous occupent une place dans l'ordre historique ; mais nul ouvrage spécial n'existant sur la plupart de ces artistes, j'ai cru devoir leur réserver la seconde partie du livre actuel, quoiqu'ils n'aient pas trouvé de type à encadrer dans la lucarne où la nation veut conleiiiplei" une sorte de Quasimodo grimaçant.
Ces esprits enfantent sans cesse des types et ne trouvent pas un type. Par l'ensemble de leur Q'uvre on retrouve, non pas la nation, mais ce que voulut être la nation.
Ce sont ces différentes individualités que j'ai étudiées dans leur essence. Si j'ai fait pencher le plateau de la balance, c'a été en faveur d'humbles artistes dédaignés qui n'ont pas eu de leur vivant la part de gloire et de fortune qu'ils méritaient.
Pour bien faire comprendre le rôle de la caricature à notre époque, j'ai d'abord décrit