‹ Histoire de la caricature moderneChapitre 41 sur 42 · Sainte-Beuve, Causeries du lundi · texte numérisé non relu

Sainte-Beuve, Causeries du lundi

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DE LA CAUIOATTRE MODEllNK 317

Et, en cet instant, une troupe de joyeux requins suivaient dans le sillage et pensaient entre eux : — Rien n'est beau comme une galère qui va sombrer en mer, toute pleine de passagers '.

J'ai dit YuUaire, on croirait pliiLùL lire la Lraduo tioii d'une poésie d'Henri Heine. De tous les essais littéraires de Gavarni, celui-ci est le mieux venu, le plus complet, celui qui trouvera place plus tard dans quelque anthologie.

Une page humoristique réussie c'est beaucoup ; le crayon de (lavarni en a tracé des milliers qu'il faut pourtant résumer.

C'est dans la classe des gens d'esprit tels que l'auteur du Sopha que je range Gavarni, car il a donné quelque idéal à la bourgeoisie de son époque agenouillée devant un sac d'écus. Aux étudiants il disait : Aimez, chantez, dansez, vous avez le temps d'étudier le manuel du Parfait notaire. Aux lorettes il donna le conseil de se moquer des gens de Bourse qui croient que l'amour s'achète tout fait ; il inventa un gai catéchisme poissard plein d'impertinences de coulisses que les protégées récitaient à leurs protecteurs à gros ventre, et de l'amour, de l'amitié, de la jeunesse, de la beauté, de l'âge mur, de la vie enfin il fit une farce amusante dont l'argot est recouvert d'un brillant vernis.

1. Voy. Manières de voir et fiK-ons de pe/iser. œuvre posthume de Gavarni, avec préface par Ch. Yriarte, 1 vol. in-l8, Dentu, 18G9; ce morceau a été réimprimé avec d'autres en partie inédit?.

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Dans le joli, Gavarin a apporté un sentiment particulier, une façon de voir nouvelle, une coloration qui lui est propre. Et déjà son œuvre est curieuse ;i consulter comme expression d'un peintre de mœurs épris d'idéal élégant dans une époque bourgeoise.

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