XVI PRÉFACE
des images dans une Revue sans images, me donnant la tâche de rendre visibles avec la plume les accentuations d'un puissant crayon. Le public a paru s'intéresser à ces études, sans doute en raison des secousses politiques des vingt dernières années qui ne permettaient pas à la caricature de conserver son trône.
Déjà les choses et les hommes que je peignais se rattachent à des époques lointaines.
1830 étudié d'après les monuments de l'art satirique appartient au domaine de l'archaïsme .
Le sujet était brûlant. Je me suis efforcé d'en adoucir la flamme, n'attendant d'approbation que des esprits désintéressés.
J'ai dû particulièrement me tenir en garde contre toute allusion. Les piqûres d'épingle irritent sans blesser et ne valent pas une franche attaque.
Ce livre est un ouvrage d'érudition, dont le but est d'éclairer les œuvres de ces symbolisateurs sans le savoir qu'on appelle des cari-
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caturistes, et qui sont utiles à consulter comme expression de sentiments généraux.
Emprunter des armes à leur arsenal pour martyriser des individualités dont la satire était légitime à l'époque de leur puissance, eût rendu mesquin et lâche ce qui fut quelquefois fort et courageux.
Je me suis efforcé de garder ma neutralité, prenant garde surtout de faire corps avec un parti, car je n'en reconnais qu'un, difficile à diriger, qui se révolte quelquefois dans son isolement. C'est le seul auquel j'obéisse, c'est le parti de moi-même.
Champfleury.