‹ Histoire de la Cathédrale de Poitiers (volume 2)Chapitre 13 sur 98 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Db 1861 À 1369. —État matériel du monument vers je milieu du xiT« siècle. ^XJne flèche a existé sur le transept. — Chapelle des Apôtres. — Chapelle et reliques de saiat André. ^Autres reliques. ^ Le prince de Galles devient comte de Poitou. — Il reçoit l'hommage des barons. — Les terres de l'Église de Poitiers n'y sont pas soumises. — Entrée solennelle d'Aymeric de Mens. — Première mention d'un orgue. -^ Nouvelles indulgences accordées par XJrbam Y. — Synode d'Aymeric de Mons.

Tant de malheurs avaient rendu impossible depuis longtemps la continuation de Tédifice; les pierres éparses autour de ses murs achevés attendaient les mains qui devaient les élever enfin sur les dernières assises, façonner les corniches ou les galeries qui couronnent de festons à jour la naissance des toitures , ou ciseler la grande rose de la^ façade au^essus des voussures oii bientôt des milliers de statuettes allaient commencer leur étemdle station. La dernière partie de ce siècle qui nous ceste à parcourir sera témoin de ces merveilleuses transforma* tiens, de ces lents et coûteux perfectionnements. Mais déjà, vers 4^60, suppléait ftux tours, dont les deux ou trois premières zones étaient à peine construites , la flèche dont nous avons parlé une ou deux fois, dont on n'aperçoit plus aujourd'bui la moindre trace, et dont il est temps d'établir la réalité historique. Il est certain que, sans les assises fondamentales reconnues par nous dans là partie des combles qui règne sur le chœur primitif devenu le sanctuaire moderne^ rien ne prouverait qu'un clocher eût jamais dominé ce vaste assemblage de pierres, de bois et d'ardoises. Les titres écrits n'en disent pas un mot^ et les procès-verbaux des donmiages soufferts par Téglise à différentes époques, quelque

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détaillés et minutieux qu'ils soient toujours, gardent un silence obsjLiné sur cette annexe, qui pourtant aurait dû se voir dépouillée aussi de ses charpentes et de ses plombs. Mais ce silence n'infirme en rien les assertions implicites des documenls matériels que nous avons pu étudier, m la mention expresse des deux moindres cloches qu'on sonnait lorsqu'il advenait temps de tonnerre'. Des preuves négatives ne sont pas admissibles contre de tels faits. On ne pourrait même pas s'autoriser pour les nier de Timpossibilité qu'une portion si connue et si visible d'un monument en eût été séparée » dans un siècle voisin du nôtre, sans que des souvenirs en fussent arrivés jusqu'à nous. La perte de tant de papiers , enveloppée depuis dans celle de toutes les richesses capitulaires, l'expliquerait et au delà. Ce qu'on ne peut pas nier, c'est l'existence de plusieurs plans et caries édités pendant le cours du XVI* siècle et depuis , et qui ne laissent pas de place au moindre doute sur ce point. Ainsi , dans une vue générale de la ville de Poitiers, dessinée en 1561 et décorant le frontispice du Voyage d'Europe de Georges HoufnagUus , on voit à l'orient l'immense église avec son pignon , les clochetons qui l'accompagnent, le dôme de sa grosse tour s'élevant au-dessus d'une galerie; puis, s'élançant de la crête de la toiture, au-dessus du transept, une flèche assez mesquine et beaucoup moins haute que le dôme.

Une édition in-f de l'Origine des Poitevir^y par Jean de la Haye (ou par tout autre qu'on voudra " ) » nous expose une dilinéation des principaux lieux notables de la présente

* Ci-dessus , 2" ch. de ce livre.

* A la suite des Atmales d'Aquitaine éditées par Monnin en 4644, p. 458.

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ville de Poidiers, et sous le n* 29 on voit Saint-Pierre, église calhédrde , assez peu reconnaissable d'ailleurs , do* minée par une aiguille d'une immense hauteur.— Un autre plan à vol d'oiseau orne le Théâtre des principales villes du monde , de Georges Braun ' , édité en 1585 : c'est encore, sur un amas de linéaments obscurs qu'une inscription accuse d'être notre basilique, celte même flèche, dépassant de moitié, dans son orgueilleuse prétention^ la grosse tour surmontée cette fois d'une énorme boule qu'on prendrait pour un matras de chimiste. Une Vue d'une partie de la ville de Poitiers , dessinée en 1742 par Beaudoin , et dédiée à M. Lenain , intendant de la province, représente encore l'ornement architectural. Prise de la Cueille-Aiguë et aperçue dans toute sa partie nord , l'église y a ce mérite, qu'elle est représentée dans toute la vérité de ses détails; mais la flèche y est écrasée, ne dépasse pas la croix du dôme , et ne semble comparable , pour ses dimensions rétrécies , qu'à celle de Sainle-Radégonde. Qui pourrait croire qu'ayant pris un point de vue , s'appliquant à rendre si exactement l'ensemble et les particularités les plus minutieuses du monument^ qu'on reconnaît très-bien , le peintre l'eût voulu décorer d'une superfétation menteuse? La flèche aurait donc été debout encore en 1742. — Mais enfin une découverte récente est venue changer tant d'inductions en certitude. Nous devons à l'obligeance d'un de nos honorables collègues • un plan de la cathédrale de Poitiers , levé en 1769 par le sieur Vétaut, entrepreneur; au verso de ce

• In-f , 4* partie.

* M. Pilotelle, conseUlerà la ^coar d'appel» membre de la Société des Antiquaires de l'Ouest.

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dessin, parfaitement exécuté , une note manuscrite donne sur la flèche qui nous occupe tous les renseignements désirables. Elle est signalée comme ayant au-dessus delà nef cent quatre-vingts pieds de hauteur, soit 60 mètres; elle était surmontée d'une croix de 9 met. 83 cent. , soit dix pieds de haut, ce qui, joint aux 7 met. comptés de Tenvergure de la flèche au faite de la toiture, aux 28 met. ou 84 pieds du pavé à la voûte, et aux 15 pouces d'épaisseur des claveaux, formait un total de 307 pieds 3 pouces, ou 103 met. 45 centim. du pavé de l'église au sommet de la croix. Ces détails rendent fort regrettable celte pièce élégante y qui fut démolie en 1771, probablement parce qu'elle menaçait d'une chute \

Revenons à noire année 1361. — Alors depuis longtemps on voyait aussi les deux chapelles qui forment chaque extrémité du transept , ornées de tous les embellissements que la piété de quelques riches particuliers et les soins du Chapitre s'étaient plu à y rassembler. Celle du sud était dédiée aux apôtres ; leur douze images en pied, peintes sur le mur autour de l'enceinte, rappelaient l'auguste patronage qu*on lui avait donné. Celle du nord était sous le vocable de saint André , qu'elle devait à une relique insigne de sa tète, conservée dans une boîle d'argent, et qu'on verra figurer dans un inventaire de 1406- La dévotion à ce saint devait être de fort ancienne date dans une église dédiée à saint Pierre et à saint Paul, avec lesquels son culte n'avait fait qu'un durant les quatre premiers siècles \ C'était au commencement du xiii'' que

' Il est remarquable que le tableau du siège de Poitiers, en 4569, qu'on voit au musée de Poitiers, ne reproduit pub la flèche. Ce serait donc un oubli du peintre?

• Thomàssin , Fe$i , 52 , 55 , 83 et 90.

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son Corps, rapporté de Gonstanlinople par le cardinal Pierre de Capoue^ et donné. à la cathédrale d'Amalfî, avait pu se diviser en faveur de quelques autres cathédrales et monastères '• L'histoire de ses reliques a, du reste, cela de remarquable que, par une frappante ainalogie avec notre célèbre relique de saint Pierre, les cordeliers de Narbonne, en ce même xiii* siècle, avaient dans leur église un autel sur lequel on lisait dans une longue énumération des reliques qui y étaient renfermées : « De (mibus beûti Andreœ et de pilis barbœ ejusdem apostoli *. >» Comme des parcelles du corps saint avaient été répandues en Europe depuis sa première translation de Patras à Constantinople, en 357, il est probable que l'Eglise de Poitiers en dut avoir dès cette époque , peut-être par la métropole de Bordeaux, qui a le même vocable; et si la relique dont nous parlons ici était insigne, comme Passurentnos anciennes traditions^ on l'aura obtenue sans doute peu de temps après sa seconde translation au royaume de Naples.

Beaucoup d'autres reliques fort remarquables, et dignement placées en des châsses de grande valeur, étaient vénérées dans les nombreuses chapelles et aux autels de la cathédrale de Poitiers; mais les pièces authentiques qui constataient leur origine, les dates de leur réception, la mémoire des donateurs, souvent illustres, la description des vases précieux où elles reposaient, ont péri avec la plupart d'entre elles , soit dans les invasions de la guerre, soit dans les saturnales impies des jours de révolutions et de troubles. Que sont devenues, par

* Ughelli Italia sacra , t. vii , p. 272 et soiv.

* M. de Casteliane , Inscription du midi de la France , pi. V et p. 295.

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(15».) HE POITIERS. ira

exemple y les barbes de saiât Pierre ^ sur lesquelles H. de la Roche-Posay avait encore faille serment de sou installation en 461 1? Ne pouvant avoir de témoignages détaillés sur ces saintes richesses en tant que notre église les pos*séda au iiv* siècle y nous parlerons successivement de celles que nous rencontrerons à travers les âges qui nous restent à parbourin

Il en est de même des autreâ détails de Tintérieur. Rien ne nous apprend certainement à quelles époques diverses la plupart d'entre eux vinrent ajouter à Té^lat de rarcfaitectureou contrarier plus ou moins l'unitéet legrandiosc de ses formes* Nous réservons celte revue pour le temps où de nouvelles catastrophes^ en privant Téglise de ses belles parures , nous vaudront les pièces les plus irrécusables que puisse consulter un historien.

Reprenons notre marche , èl voyons quels événements sigmalent la suite de notre histoire.

En 1360, le Dauphin, fils du roi Jean, prisonnier, achète le repos de la France et la liberté de son père au prix du fameux traité de Breligny, et, le 26 juillet 1361 , Jean , dans un acte daté du bois de Vincennes , renonce en faveur de l'Angleterre au Poitou el aux plus belles de ses provinces- d'outre-Loire. Les peuples qui les habitent sont déliés de leur serment de fidélité, et passent sous la domination de maîtres qu'ils détestent, et que les grands seuls adopteront en habiles courtisans. C'est au prince Noir , le vainqueur de Maupertuis , qu'Edouard III confie le gouvernement de ce nouvel apanage. Le jeune héros s'y rend en 1362 , nomme les autorités , assure les privilèges des villes et des corporations religieuses , et commence déjà à s'attacher les esprits '.'Çe fut cette année

* Rymer , t. m, part. 2 , p. 624 et 860.

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404 kllSTOIRË DE LA CATHÉDRALE (4562.)

aussi, le 19 juillet, qu'il commença à loucher les revenus de ses fiefs. Mais quels revenus! La presque totalité en était absorbée parles frais d'exploitation, et les sénéchaux et autres officiers^ qui s'oubliaient peu, en touchaient aussi leur bonne part, ou à titre de cadeaux du prince, ou pour subvenir aux besoins de leurs charges '• Tout cela ne promettait pas de grandes générosités à ceux qui en avaient le plus grand besoin, et devait peu contribuer, si Edouard de Galles ne puisait pas un peu dans son trésor particulier, à réparer au moyen de bienfaits volontaires les inappréciables dommages causés par les guerres, la contagion et la famine, aux églises et au pauvre peuple. Aussi n'avons-tious aucune preuve que les chahtiers de notre monument aient pu se ranimer devant le nouvel ordre politique. Un acte du 14 novembre de c^tle même année fut donné , il est vrai , en faveur de la collégiale de Sainte-Radégonde '; un autre le 15 octobre 13*64 '; mais, quelque probables que soient aussi des largesses envers Saint-Pierre, aucune* preuve ne s'est rencontrée dans nos recherches.

Il est vrai qu'Edouard était peut-être mécontent de la fière indépendance de l'évêque dans une circonstance où son exemple aurait secondé puissamment rétablissement de l'autorité nouvelle. Nous voulons parler de la cérémonie de l'hommage que devaient lui prêter, d'après les lois féodales, tous les seigneurs rangés depuis peu sous sa puissance Or, pour accomplir cette observance, on choisissait, de préférence à tout autre local, les églises,

* M. Jules Del pi t, Documents français qui se irowoent en Angleterre , 1. 1, iQ-4*,p. 445.

* D. Font., t. XXIV, p. 139.

* /Md., t. ii,p. 54i.

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dont les grandes dimensions pouvaient contenir une foute nombreuse, toujours avide de têts spectacles^ et dont la présence^ en pareil cas surtout, n'était jamais indifférente au suzerain : le lieu saint par lui-même ne semblait-il pas ajouter d'ailleurs quelque chose à la religion du serment? Ainsi le prince de Galles, parti de Bordeaux au mois d'octobre 1363, s'arrêta successivement dans les villes qui s'échelonnaient sur la route, à Périgueux, à Saintes, à Saint-Jean-d'Angély , à ta Rochelle, à Saint- Maixent, et siégea pour la cérémonie dans les cathédrales ou abbatiales. Les procès-verbaux de cette solennité, à laquelle on attachait une haute importance, étaient tenus exactement par des notaires et trésoriers. C'est à deux copies authentiques de celte mémorable opération , trouvées par M. Jules Delpit dans les archives de l'Echiquier de Londres, que nous devons de savoir bien certainement la part qu'il y faut donner à la cathédrale de Poitiers. Des renseignements incomplets avaient fait croire jusqu'à présent que la prestation de l'hommage avait commencé dans cette ville : il est reconnu aujourd'hui , par la découverte des pièces originales , que ce fut dans l'église métropolitaine de Saint-André de Bordeaux. Hais ce fut bien dans ScinUPien de la cité de Poitiers qu'Edouard y procéda le 13 septembre 1363, jour de son arrivée , et le lendemain. On lit sur la liste des tenanciers admis dans ces deux journées les plus illustres noms du Poitou, les seigneurs deThouars, de Parthenay, d'Argenton, de Châlelleraultj les Rochechouart^ les Vivône, et d'autres encore moins connus dans l'histoire. Le 23 du môme mois l'opération durait encore, et, sans que nous sachions par quel motif, c'est dans sa chambre, sans doute au palais, qu'Edouard

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reçoH les promesses des seigneurs de Pierre-Bussière et de SainihJulien. Plusieurs jours suivants, jusqu'au 19 novembre^ furent employés à la même formalité, tant dans le palais qu'en diverses églises , comme celles des frères Mener s et de Samt-MaxeM \ .

C'est à cette occasion qu^Edouard dut être peu content d'Âymeric de Mons. Toute la noblesse du pays venait mettre ses mains, en face de l'autel , entre les mains d'un prince étranger que lui imposaient les chances malheureuses de la guerre ; les évêques de toute l'Aquitaine , à l'exception d'un seul, refusèrent de rendre cet hommage, s'en prétendant dispensés pai^ les privilèges de leurs digûités; Aymeridf qui venait à peine d'arriver au gouvernement de l'Eglise de Poitiers, s'y refusa également pour les baronnies de l'évêché, et le prince ne toucha jamais une maille sur le revenu de ces terres '.

Ce nouvel évêqùe succédait à Jbande Lioux, mort l'année précédente , et avait fait son entrée solennelle à la cathédrialé le 4 juin de cette année 1363, dimanche dans l'octave de la Fêle-Dieu. On observa de tous points en ce jour le même cérémonial que nous avons vu suivre . en 1307 pour l'inslàllation d'Arnaud d' Aux. A cette occasion^ les oi^ues nous apparaissent pour la première fois dans la cathédrale. Etaient-elles posées dans la partie antérieure du vaisseau où se trouve encore le grand jeu ? ou bien Besly , qui en fait mention ^ , entend-il parler du * petit orgue placé dans le jubé? Nous croirions plus volontiers à la première de cas conjectures , puisqu'il s'agit

' Documenté français , etc., p. cxxix et soi?. ; ^ 00 et suiv. * Documenté français, 1. 1 y p. 445.

' Étfesq, de Poict. , p. \ 85.

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(15Q5.) DE POITIERS. 4qt

de dresser un procès-verbal à la requête dé Guillaume de Partheuay, Tuâ des barons qui avaient porté l'évêque, et à qui revenaient toutes les nappes du festin épisoopàl, et que de tels actes, en pareil cas ^ se faisaient à la porte même de l'église. Il résulterait de c^ fait qu'alors la façade était életée, que les dernières travées de Védifice possédaient enfin leurs voûtes. Cette note , si courte qu'elle soit % est donc bien précieuse, puisqu'elle supplée, quant k l'état du monument vers le dôfriier quart du xir siècle , au silence des documents officiels.

Une autre réflexion se présente ici. Au premier coup d'œil jeté sur l'intérieur de cette église, on ne découvre dans la pensée de l'architecte aucun endroit spécialement destiné à Tinstrument qui, depuis quatre cents ans, s'y fait entendre. On voit trop que la tribune actuelle, comme celles qui l'ont précédée, et quelque forme qu'on ait pu y mettre, n'a jamais pu être qu'une composition bâtarde; parasite malavisé , collé sans discernement à une majestueuse muraille pour en cacher à plaisir les belles moulures, ni plus ni moins que les hideux tambours verts qui déshonorent îios latéraux- . Mais il faut reconnaître aussi qu'au xni* ou au xîv*» siècle , où l'orgue en question aurait été posé , cet instrument n'avait pas à beaucoup t)rès les dimensions qu'il a prises dans la suite. L'harmonie musicale, encore inconnue, n'y permettait que très-x>où des complications employées deux siècles après : on n'y voyait pas encore de registres ; le nombre des touches ne variait que de neuf à seize ; enfin la puissance des tuyaux ne pouvait être proportionnée qu'au besoin d'une tonalité aussi restreinte. Tout porte donc à penser '

* InparteçpàâcoMiêiuniargana.

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qu'un orgue devait être placé fort à Taise dans t'espace de 10 met. 50 centim. que mesure le fond occidental de la grande nëf : il est probable que dès lors existait aussi Torgue d'accompagnement placé à l'une des extrémités du jubé.

Les chanoines, voyant que l'argent dont ils manquaient ne leur viendrait ni d'eux-mêmes ni des pieuses libéralités qui , en temps de paix, eussent aidé leurs efforts, se résolurent à demander au Saint-Siège des mesures extraordinaires. On avait oublié, à travers les infortunes publiques dont la France, et le Poitou en particulier, étaient frappés depuis si longtemps , les indulgenees accordées dès le commencement à ceux qui contribueraient à l'érection de Téglise de Poitiers. On pensa à en rappeler le souvenir, cl Aymeric de Mons s'employa près d'Urbain V pour obtenir une nouvelle grâce. Le pape concéda donc des faveurs spirituelles à tous les fidèles qui feraient une aumône à cette intention. Pour gagner l'indulgence plénière, dont il permettait' que la publication se renouvelât tous les dix ans / il fallait dans celte dixième année visiter la basilique poitevine dédiée aux saints Apôtres . Pierre et Paul j y verser son offrande et y recevoir les sacrements de pénitence et d'eucharistie '. Ce pèlerinage est le seul dont il soit parlé dans les pièces historiques tirées des archives de l'église , et le chanoine Cousteau dit expressément qu'il n'y en eut jamais d'autre % c^ qui est très-concevable, d'après le grand nombre de sanctuaires élevés sous le vocable de nos saints patrons. Nous ne savons si Tafiluence fut considérable , mais on peut

» D. Font., t. ii,p. ^45elsuiv.

• yWrf., l. Liv, p. 24 ctsuiv.

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juger de rabOndance des oblalions par les sculptures de la façade et les étages supérieurs des deux tours, qui furent achevés vers la fin de ce siècle , sauf le dernier delà tour méridionale, que son nom de tour neuve fait reiponler à un certain nombre d'années plus près de nous.

La date précise de la bulle d'Urbain V nous manque, car nous ne connaissons la bulle elle-même que par une citation qui en est faite dans un acte capitulaire du 16 septembre 1370. Cet acte en parle comme étant déjà bien connue » ce qui nous fait reporter sa date vers 1 365. Ce qui est certain , c'est qu'elle a dû être donnée entre le 19 décembre de cette année et la fin de 1362 , qui est l'époque de l'exaltation d'Urbain. On voit que cet usage d'aider les fabriques d'églises par des aumônes obtenues au moyen des indulgences était encore dans toute sa force. En 1368, les Pères du concile de Vanvres firent une concession semblable pour l'achèvement de la cathédrale de cette ville '. Certains auteurs protestants, et d'autres soidisant catholiques^ auraient donc pu se dispenser de citer conmie une innovation dans l'Eglise la fameuse bulle de Léon X, qui donna prétexte à la révolte de Luther*

Aymeric de Mons, que nous avons vu prendre possession de son église en 1363, et refuser cette même année de reconnaître la suzeraineté du prince de Galles , se fit remarquer par un de ses synodes de 1367, où il rappela de nouveau à son clergé les règles de la discipline ecclésiastique, et porta une excommunication, encourue par le fait, contre ceux qui , par quelque moyen que œ soit, détourneraient les laïques de porter aux

• Labbe , dme. ad aim. 4568.

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4iO HISTOIRE DE LA CATHÉDRALE (4569.)

tribunaux ecclésiastiques les causes que le droit ou la coutume leur avaient toujours attribuées '«C'était une protestation contre les exigences des j ustices seigneuriales, toujours peu .disposées à respecter les droits de TE^ise^ et qui bouleversaient «lors d'autant plus profqndéineat les aftci^s usages, que les judicaturës séculières avaient passé en fort grand nombre à des titulaires nouveaux , presque tous Anglais de la veille ou du lendemain.

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