‹ Histoire de la Cathédrale de Poitiers (volume 2)Chapitre 15 sur 98 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Db 1382 à 1403. —Revenu en numéraire à la fiii du iiy« siècle. — Sépulture et épitaphe de Bertrand de Maumont. — Obsèques des maires de Poitiers. — Rentes payées à Téglise sur la succession de Bertrand de Maumont. *- Abolition do^capicériat. — Synode dlthier de Martreuil.

A la fin du xiv* siècle, on conservait à la chambre

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426 HISTOIRE DE l.A CATHÉDRALE (4S82.)

apostolique d'Avignon un livre ancien el authentique ^ , contenant un état des fondations » taxes, décimes^ collations , présentations et autres facultà des cathédrales et collégiales de la province de Bordeaux ". C'était comme un pouillé général de tous les diocèses relevant de cette métropole, et dont l'existence à la cour pontificale remontait sans doute jusqu'à Clément V. 11 n'y servait guère qu'à maintenir les anciennes données sur la fixation des décimes auxquels étaient taxés les évêchés , abbayes et autres bénéfices d'Aquitaine. Les revenus annuels de la mense épiscopale de Poitiers y étaient imposés à 280 livres tournois, ce qui les aurait élevés à 2,800 livres * , puisque la somme de 280 livres n'était censée que le ' dixième des fruits annuels. Mais, en réalité^ ils valaient, dit l'acte que nous traduisons, 4,000 livres, car on n'était autorisé à ne présenter qu'un revenu de convention, calculé d'après les frais d'entretien, aumônes et autres dépenses auxquels le bénéfice était obligé. La taxe du Chapitre était de 170 livres ; les revenus eussent donc été de 1 ,700; mais on pouvait les évaluer certainement à 2,000 , et dans cette somme n'étaient point comptés les revenus particuliers des doyenné , chantrerie et prévôté , ni ceux des per$omuUt, dignitaires qui, sans participer aux actes de juridiction, avaient part à tous les avantages des autres chanoines. Toutefois il faut bien considérer que la valeur de l'argent était alors ce qu'aujourd'hui 25 sont à 1 , ce qui porte le revenu de l'évêché à 1 00 mille francs , et celui du Chapitre à 50 mille. Ru

* Liber autltentieuê et antiquus.

' D. Font., t. Il, p. 469.

' Le copiste de D, FoDteneao s'est trompé en traduisant ici 2,080.

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égard dux chdrges considérables qu'entraînaient un si nombreux perswme] , les besoins matériels de l'édifice et du coite , et Fentretien des propriétés , il n'y avait rien d'énonne dans cette fortune , dont il faut encore retrancher les décimes que la cour levait dans ses fréquentes pénuries, et auxquelsle fisc avait l'utile attention d'ajouter les droits de mainmorte, devenus dès longtemps un infaillible moyen de compenser les privilèges et immunités, tant décriés cependant par les ennemis de l'Eglise. Ce serait peut-être ici le lieu de donner un état des propriétés territoriales, châteaux, maisons, terres arables et autres que possédait le Chapitre à cette époque; mais nous n'avons pas de preuves certaines que beaucoup de ces immeubles fussent dès lors sa propriété. Nous n'en parlerons donc qu'au xvii« siècle , quand des actes authentiques nous donneront la certitude de leur possession actuelle , et nous ferons remarquer , lorsqu'il sera possible, jusqu'à quel temps quelques-unes de ces pro[triétés faisaient remonter leur origine.

Bertrand de Maumont ne survécut que six ans à la dédicace de la basiliqne, étant mort en 1385. Sa place s'y trcovait naturellement indiquée par le plus grand des souvenirs de son épiscopat, et il y avait pensé en choisissant sa sépulture dans la chapelle de Saint-André. Bouchet, qui écrivait dans le premier quart du xvr siècle, parle de son tombeau comme Py ayant vu, et, vers le miliea du xvm« , D. Fonleneau le signalait « élevé de deux pieds ou environ devant l'autel. » C'est dans ces mêmes termes que l'abbé Du Tems en fait mention en 1774. Ce monument a donc été détruit après 1789, subissant en cela le sort que les principes de l'époque infligèrent à tant d'autres II paratt, au reste, que, pour mieux

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contraster avec ce mauvais génie de destruction , il n'était plus, à celte dernière date, le même que les chanoines avaient élevé en 1385. Placé vis-à-vis l'autel, au pied du soubassement qui accote le mur occidental , tout annonçait en lui un renouvellement dû à une époque peu éloignée : c'était une simple pierre plate sur laquelle était gravée en creux l'image du défunt, avec cette épitaphe en caractères modernes :

HIG JACET

REVERENDISSIMUS

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