ORATE DEUM PRO EO
Ce Style ne doit pas être du temps, non plus que les caractères de l'écriturel II est regrettable néanmoins que tout en ait disparu, jusqu'à la mémoire même du pieux évêque. Du moins l'histoire ne lui sera pas ingrate.
En 1386 s'observa, pour la sépulture d'un maire de Poitiers, un cérémonial alors tout récent, et dont nous voyons ici les traces pour la première fois. Celte charge avait été anoblie, comme celle dés échevins, par le roi Charles V, et entourait de beaucoup d'honneurs celui qui , chaque
* Ici repose le révéreodissiiuc père et seigneur en Jésus-Christ, Bertrand de Maumont , évèque de Poitiers , qui mourut en 4585. Priez Dieu pour lui. — Dreux-Duradier, t. i, p. 57. — Nie. de Sainte-Marthe et autres. — D. FonX, ^ Carions desmscripi., n"" 50.
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année, en devenait titulaire. II. prenait la qualité de premier baron du Poitou, et c'était un de ses droits, dont l'humanité devrait être pourtant si peu fière , que ses obsèques se fissent à la cathédrale, après quoi on portait processionnellement sa dépouille mortelle à sa paroisse, et il y était inhumé. Cette année donc 1386, mourut James Guischard, qu'il ne faut pas confondre avec le fondateur de la chapelle de son nom en 1324, et qui avait été féélu maire pour la troisième fois". Après avoir été exposé deux jours sur un lit de parade en sa maison , dont l'entrée fut permise à tous , on le plaça dans un cercueil qui fut déposé sur une litière et porté par quatre hommes jusqu'à l'église Saint- Pierre. Il y demeura jusqu'au jour suivant, après midi^ sous une chapelle ardente. On fit alors l'oflice , auquel assistèrent tous les couvents de la ville, et aussitôt après le défunt fut estorté par le clergé, la milice, les échevins et toutes les notabilités de la ville, au lieu de son dernier repos. Il ne manqua à ce magnifique ensemble d'hommages , mérités par une vie occupée du bien public , que la présence d'un évêque officiant, qui n'y put être, le siège étant vacant. Un archidiacre suppléa à son défaut; au défaut de l'archidiacre, c'eût été un chanoine. L'oraison funèbre fut prononcée par un religieux jacobin^ à qui cette fonction était dévolue alternativement avec un cordelier'.
Le temps n'avait apporté dans la suite à tous ces détails que certaines variations peu importantes, et qui tenaient à des convenances locales ou personnelles. Ainsi,
1 Thibaodeao , t. m , p. 572 el 575.
* .B. Font. , t^ XXXIII , Registre de Vhôiel de ville de Poitiers , p. 25 et 38. —Bourgeois , Hist, mss. , p. 206.