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Reims. Du Tems rapporte y d'après le Gdlia chriaiana » qu'étant morl à Poitiers le 12 mars 1457» it fut inhumé dans le chœur de son église cathédrale ^ devant le grand autel. Cette place ne suppose pas un monument funèbre bien remarquable, et, comme nous n'en avons vu aucun indice nulle part, il est à croire, en effet, qu'une simple pierre tombale aura marqué la sépulture du prélat^ assez honoré peut-être, dans son humble pensée, de reposer visà-vis et si près du Dieu qui s'est fait Téternelle gloire de ses élus '.
Léon Guérinet, doyen de la cathédrale , lui succéda par élection du Chapitre, et permuta en 1A61 avec Jean du Bellay, évêquede Fréjus, petit-neveu du cardinal-évèque de. Paris. On cite Jean comme ayant donné à l'église , en 1466 y une magnifique chape appelée, dans les titres et inventaires du temps, V Arbre de Jesié. On y voyait en effet le vieillard , souche de la famille de David , endormi au bas du vêtement sacré. Dé son cœur partait une Uge vigoureuse dont les branches se répandaient dans toute la largeur de l'étoffe^ portant chacune un des ancêtres du Sauveur du monde, lesquels^ s^élevant jusqu'à l'extrémité supérieure , aboutissaient au dernier représentant de la famille, à Marie portant son divin Fils entre ses bras. Le fond, d'or, d'argent et de soie, était parsemé de perles fines. On ne se servait de ce précieux ornement qu'à la procession du jour de l'Ascension, où il était porté par Tofficianl \
Nous trouvons deux synodes tenus en 1478, le jeudi avant l'Ascension , et le jeudi après le 1 8 octobre, fêle de
* r. Du Tems , le Clergé de France y t. ii , p. 428.
• D. Font., t Liv, p. 66.
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saint Luc. Dom FonteDeau ne fait que les citer, sans donner aucune de leurs décisions. Jean du Bellay put présider au moins à l'un d'eux, n'étant mort qu'en 1479 \ Sous Pépiscopat de son successeur Guillaume de Cluny, le pape Sixte IV accorda à l'Eglise de Poitiers un témoignage de sa faveur qui devint aussi célèbre par les con-* cessions qu'il exprime que par le style élogieux qu'il y emploie à l'égard de l'Eglise même. La bulle, datée du 13 juin 1481% accorde aux chanoines, chapelains, vicaires et autres habitués , l'obtention de tous bénéfices quelcon-* ques^ sans obligation de résidence personnelle. C'était une exception aux règles les plus strictes du droit; elle prouve quelle confiance devait inspirer au Saint-Siège le corps qui recevait de lui une telle faveur, et devait être pour la cathédrale une source plus abondante de revenus. Il suffisait, en effets pour que la bonne administration des sacrements ne souffrit pas de cette mesure, que les litulaires , en obtenant un bénéfice à charge d'âmes , y plaçassent un délégué revêtu des pouvoirs nécessaires , et qui^ se contentant d'une portion des fruits , en versât le reste au profit de la mense canoniale. En soi rien n'en souffrait, et TEglise, qui a la libre disposition de ses biens , mais qui ne peut les employer qu'au maintien et à l'extension du service de Dieu » ne les détournait en rien de cet usage. C'était d'ailleurs la raison fondamentale et Tun des considérants, des lettres pontificales. Elles étaient données sur Vexposé qu'en avait fait au pape maître Raymond Péraud , professeur de théologie , cha-
' D. Fonl.,t. III, p. 52.
' Idibusjunil, Grand Cartulaire , t. iv, p. 240;— D. Fonleneau , t. Liv, p. 23.
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noine de Poiliers, et qui à ce titre ajoutait ceux d'archidiacre d'Aunay et de camérier de la chambre apostolique. Le pape y disait que» cédant à sa supplique, et désireux de reconnailre les bons sentiments du Chapitre de Poitiers envers sa personne et le Saint-Siège, w il accueillait avec bienveillance ce moyen d'augmenter réclat des divins offices et de faire fleurir le culte du Seigneur dans- une église justement réputée parmi les plus célèbres cathédrales du royaume de France '. » Cette bulle fut suivie de près par une autre du même pape, qui confirma de nouveau la fameuse Clémentine de 1307 et Texemption de la juridiction épiscopale accordée au Chapitre. C'est en vertu de cette dernière que l'évêque , considéré comme chanoine, et ayant droit à une prébende, n'avait au Chapitre que la préséance^ la présidence , lors.même qu'il y assistait , demeurant au doyen. Une autre clause, qui semblerait bizarre si l'on n'en comprenait pas bien le sens , établissait que le Chapitre était exempt de la bénédiction épiscopale. En effet l'évêque officiantou se rendant au chœur bénissait les fidèles dans toute la longueur des nefs qu'il traversait; mais, rendu dans le chœur, il devait s'abstenir de continuer, car, la bénédiction étant regardée comme un acte de juridiction et de supériorité, les droits du Chapitre auraient pu s'en obscurcir, et, après un certain laps de temps , un évêque se fût peut-être rencontré qui , n'ayant ni vu ni pratiqué cet usage, y aurait pu opposer une sorte de prescription. En soi l'usage n'avait donc rien d'injurieux ni d'inconvenant; il n'était qu'une précaution et une légitime jalousie en faveur de titres acquis. On conçoit d'ailleurs que le
' D. Font.jL is, p,5^8,ctt. Liv, p. 305;l. m, p. 2<5.
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Chapitre^ dans Tesprit de la législation canonique alors en vigueur, dut tenir à la conservation de sa bulle. Aussi ne manquait-il pas , après chaque nouvelle élection d'un pape, d'en demander confirmation. Il en faisait ainisi à chaque nouveau règne, et, après l'avoir fait vidimer encore le 15 février 1630 par Nic^olas de Sainte-Marthe, lieutenant général de la sénéchaussée du Poitou, il obtint, le 5 septembre suivant, de Louis XIII, des lettres patentes d^ns le même but, et les fit renouveler jusqu'à Louis XVI. Nous verrons comment, à^ l'occasion , le Chapitre sut faire valoir le relief que ses privilèges lui donnaient pour défendre ^a dignité contestée.
Charles VII étant venu à Poitiers en 1486 pour s'opposer à la révolte du duc d'Orléans, depuis Louis XII, alla tout d'abord, à son entrée dans la ville', faire sa prière à la cathédrale , accompagné du magnifique cortège qui était allé le recevoir au pont d'Âuxances. Il fut accueilli sur le parvis par l'évèque Pierre d'Amboise , frère du célèbre cardinal de ce nom, et par le corps canonial. Ce prince avait confirmé en 1 A84 les franchises et privilèges de la compagnie. C'est tout ce qu'on sait de son séjour à Poitiers qui se rapporte à notre église : nous la verrons désormais visitée par un assez grand nombre de souverains'.
Le soin qu'on prenait de recourir en toute occasion à l'appui du prince pour conserver dans leur intégrité des libertés et prérogatives importantes, n'empêchait pas que de temps à autre ne s'élevassent des conflits sur l'exercice de ces droits : de là maints procès dont nous sommes tentés de nous scandaliser maintenant, nous
^ Tliibêudeau , t. lï, p. ^45;— Bmwhet, nd ann. U86.
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qui n'avons plus rien à défendre , mais qui passaient pour chose simple et naturelle aux yeux des observateurs du temps. Une de ces discussions s'éleva en 1492. La cure de Saint-Pierre de Chermé ' , à la présentation de Tabbé de Nanteuil-en-Vallée , ayant été confécée par révoque Pierre d'Àmboise au chanoine Jacques Mesnagier^ le chancelier de i'évêché voulut, en l'absence du prélal, exiger du nouveau titulaire le droit de sceau, qu'il portait à cinq écus d'or. Cette prétention était contraire à un usage établi depuis fort longtemps en faveur du Chapitre, par suite d'arrangements passés entre lui et la cour épiscopale. La compagnie s'éleva donc contre les exigences du fisc, et^ au lieu de s'adresser directement au parlement de Paris , comme Charles VII lui en avait octroyé le droit, elle se plaignit, pour plus de promptitude sans doute, à la sénéchaussée de Poitiers le 31 octobre, et exposa « que ladite église de Poictiers étoit une belle église cathédrale et de fondation royale , et que, à cause de ladite fondation, dotation et ancienne augmentation, elle avoit entre autres beaux privilèges celui que l'évêque, ses vicaires, scelleur et autres ses officiers ne pouvoient exiger pour le scel aucuns deniers des chanoines, chapelains, bacheliers et autres, ses gens , à titre d'institutions des cures ou bénéfices de collation épiscopale. » L'affaire n'en fut pas plus vite pour n'avoir pas été portée au loin. Deux ans après, elle n'était pas finie. Jacques Hesnagier était devenu curé de Château-Garnier, et avait donné prétexte à de nouvelles exigences du droit de scel. Il arriva enfin de ce conflit ce qu'on vit aussi de beaucoup d'autres : afin
* Dans l*archiprétré de Ruifec, qui était alors diî diocèse de Poitiers. .Cette cure comptait 800 communiants en 4782.
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d'écouler rincidenl^ la sénéchaussée décida, par un arrêt du 31 mai 1494» que chaque partie mettrait en provisoire une somme égale jusqu'à la fin du procès* On ne dit pas à qui la somme demeura , et si les frais ne furent pas le seul avantage de la querelle '. Cependant il est à croire qu'elle entretint une certaine aigreur entre les Gontendants, et qu'il faut attribuer à ce ressentiment une autre discussion qui s'éleva bientôt après.
C'était en 1496. Depuis une époque fort reculée, le Chapitre avait en sa possession une belle crosse de vermeil et une mitre ronde garnie et semée de perles et autres pierres précieuses. Ces insignes servaient aux évèques' soit du diocèse , quand ils officiaient aux fêtes épiscopales ou autres, soit du dehors, quand quelquesuns étaient invités par le Chapitre, en l'absence du prélat, tr pour les services et actes épiscopaux* requis tant es grandes fêtes et solennités à chantre , que autres accoutumées selon l'usance et louable observance d'icelle église* » Le Chapitre leur fournissait aussi les ornements complets dont ils avaient besoin pour eux et pour les officiers qui les assistaient à l'autel. Or il arriva que , le jeudi saint, Pierre d'Amboise devant célébrer à la cathédrale et y faire le saint chrême , Memeurs se refusèrent à prêter lesdits objets. Le 20 juin suivant, l'affaire fut portée par Tévêque au tribunal d'André de Vivône, sénéchal du Poitou , qui condamna les chanoines à fournir désormais la crosse, la mitre et le reste jusqu'à jugement définitif. Ce jugement, une autre juridiction devait le rendre. C'était une des franchises de l'université d'avoir un conservateur de ses privilèges nommé par le •
* D. Font., t. II, p. 545 et 347.
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JiU HISTOIRE DE LA CATHÉDRALE :(4497-l505.)
roi 9 €t devant qui venaient se vider toutes les contestations entre ses membres. Les deux parties en étaient : c'était donc le cas. Un arrêt, prononcé par le conservateur le 23 mars 1497, débouta le Chapitre; faute de quoi «on auroit prise et détention du temporel des chanoines * et ouverture, si mestier estoit, des lieux où lesdits ornements pontificaux seroient. » Le conservateur était alors Laurent Lucas, conseiller du roi*. —Les battus n'en appelèrent pas : n'était-ce pas assez qu'ils se fussent exposés à une condamnation dont la cause était d'ailleurs si peu édifiante?