‹ Histoire de la Cathédrale de Poitiers (volume 2)Chapitre 27 sur 98 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Aspgcf ST DiSTBiBUTioif iirTBBisuBB Bif 1562. — PortBS et fermetures. — Efifet des verrières. — Grand bénitier de la nef. — Labyrinthe. —Grand orgue. — Nef principale. — Peinture des voûtes. — Système de décoration de l'appareil. — Tapisseries. — Jubé. — Horloge du chœur. — Chapelle Sainl- Micbet. -<- Crucifix de Tavant-chœur. — Bas-relief de la Résurrection. -— Statues de saint Pierre et de saint Paul. — Chapelle de Notre-Daroe-de- Gésines. — Autre statue de Notre-Dame. — Station quotidienne devant le chœur entre Noël et la Purification. — Le chœur et ses statues. — Chapelles

* Hist mamscr. de Boargoois , p. 226.

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de Saint-Maurice et de Sainte-Radégonde, — de Notre-Dame. — Sépulture de Jacques desUrsins, évoque de Poitiers.— Les pupitreset lutrins.^Tabieau da chœur. — Sépulture de Tévêque Simon de Cramaud. — Autel des Enfants.

— Stalles. — Grand autel. — Crosse du tabernacle. — Chandeliers. — Pupitre des collectes. — Rideaux du sanctuaire. — Armoires du trésor. —

. Grilles du sanctuaire. — Soin et entretien des stalles. -^ Chapelles Saint- André de Cognac,— de Notre-Dame-la-Blanche, —de Notre-Dame-des- Guischards. — Tombeau de Tévèque Bertrand de Maumont. — Chapelle de Notre-Dame-r Ancienne ou des Cloîtres,— Autre de Notre-Dame-des-Cloîtres.

— Porte des cloîtres. — Notre-Dame-d' Albâtre. —La coustrerie. — Notre- Dame-des-Dons. — Salle capitulaire — Le revestouer. — Chambre des comptes. — Chapelle de Saint-Laurent, — du Pardon , — de la Madeleine ,

— de Saint-Martial, — de Saint-Jacques, — de Sainte-Catherine , — de Saint-Christophe. — Sépulture de la famille de Brisay. — Chapelles du Crucifix, dite des Ckambons , —des Apôtres , — de Saint-Louis de Marseille. ^Sépultures de Tévéque Ithier deMarlreuil ,— du chanoine Hugues Thomas.

— Les deux clochers du couchant.

Pour retrouver la distribution intérieure de la basilique vers Tan 1550, il faut en refaire le plan, rajeunir toutes ses décorations, remettre à sa place chaque objet, enfin relever des chapelles et reconnaître mille détails pour jamais effacés depuis longtemps. Un examen attentif du procès-verbal dressé sur les lieux, dans les premiers jours d'octobre 1562 , pour constater les dégâts et évaluer les dommages, nous a éclairé sur ce que peut avoir d'obscur aujourd'hui ce document authentique, et, à force de comparaisons et de rapprochements avec certaines données de l'histoire, nous avons pu reconstruire la cathédrale du xvi« siècle. On verra même par quelques dates que la plupart de ses autels et de ses ornements existaient dès le xiii% à Tépoque où, encore incomplète , on y faisait cependant tous les jours l'office divin.

Que le lecteur veuille donc remonter pour un instant avec nous de trois cents ans vers les temps hisloriques ; qu'il permette à un chanoine du xix^ siècle de se trans-

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porter avec lui, comme un chanoine des âges passés, dans réglise oîi siégeait alors notre Jean d'Amoncourt ; entrons ensemble dans Tédifice sacré , et parcourons-en les nefs, le chœur, le déambulatoire,* les croisillons : l'aspect de toutes ces parties n'offre plus rien de ce qu'il était alors.

Mais tout d'abord , et à peine sur le seuil, remarquons les vantaux des trois portes de la façade : c'est un chêne noirci par le temps, quoique deux siècles n'aient pas encore contribué à cette teinte sévère; au dedans ils sont appuyés sur d'énormes barres de fer scellées dans la pierre du pavé par des anneaux dont le jeu facilite leur déplacement pour Touverture des portes, et les ramène sur elles en arcs-boutants quand elles sont fermées. Nous observons avec étonnement que déjà le mauvais goût a fait invasion dans le système de fermeture , car la porto Saint-Jean, au lieu de ces arcs-boulanls, qui ne dégradent rien , appuie ses vantaux sur deux longs crochets scellés dans le fût des colonnes qui l'avoisinent, et par conséquent imprime à ces colonnes de fréquentes et dangereuses commotions qui tôt ou tard les feront éclater. Quoi qu'il en soit, de tels soutiens ne présenteraient pas contre les poussées possibles du dehors de suffisantes garanties; ils ne sont donc qu'un surcroît de précautions, et nous voyons établies , par une ou deux , derrière chaque porte , des poutres transversales de cinq à six pouces d'équarrissage, et portant dans uneéchancrure en biseau ménagé dans chaque tableau de la baie. Outre ces moyens , de grosses ferrures et de lourds courreils ou verrous assujettissent ces fermetures.

D'ici, regardant l'ensemble de l'église monumentale , nous pouvons réjouir nos yeux des reflets variés que leur jettent les mosaïques des verrières. Les quatre premières.

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de si vastes dimensions , qui rayonnent à droite et à gauche de l'observateur, n'ont cependant que des grisailles assez ternes : c'est qu'à Tépoque où elles ont été construites , quand le temple s'achevait, il y a une centaine d'années , la belle peinture du xiii'' siècle avait subi de malheureuses modifications, et ces grandes baies s'en ressentent. Mais voyez comme toute la perspective qui se prolonge devant nous procure à l'artiste un admirable dédommagement ! Dans ces tableaux rien ne manque. Dans toute leur élévation, les vitraux scintillent des couleurs les plus attrayantes ; leurs histoires sont complètes; les épisodes s'y suivent et déroulent jusqu'au dernier les chapitres des légendes consacrées; et si la main de vitriers distraits a égaré, comme presque partout^ des médaillons loin de leur place naturelle ^ du moins oo ne regrette point ces lacunes historiques attestées par des pages blanches dont l'œil s'attriste aussi bien que Tintelligence. Vous voyez quelles demi-teintes, quel jour religieux et saisissant résultent de cette combinaison , et comme le sanctuaire semble en recevoir plus de recueillement et de silence !

Au milieu de la nef, et à quatre pas de la porte médiane , voici un grand bénitier de marbre noir, reposant dans sa forme oblongue sur quati-e petites colonnes de même marbre. L'intérieur est garni d'une feuille de . plomb. Des sculptures en arabesques décorent ses pourtours. Denis Sourisseau, mattre imagier de la ville, estime que ce morceau peut bien valoir 200 livres.

Avançons encore jusqu'au labyrinthe ou chemin de Jérusalem qui décore le pavé de la grande nef. Sa forme presque ovale n'est pas moins remarquable que ses bizarres compartiments. C'est là qu'entourées des pierres

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(i562.) . DE POITIERS. 200

tombales qui œuvrent les restes des chanoines et des pieux fidèles déjà serrés les uns près des autres depuis quatre ou cinq générations , les âmes dévotes , humblement agenouillées, parcourent, sous les pénibles efforts d'une pénitence volontaire , la voie mystérieuse qui leur rappelle le chemin du Golgotha. Retournons -nous maintenant vers Touest; du point où nous sommes, le grand orgue va nous apparaître dans tout son développement. C'est un bel instrument dont les dimensions fort remarquables ne se retrouvent pas toujours, même dans les grandes églises , et qui existait , d'après de vieux titres conservés aux archives du Chapitre, dès Tan 1363 ' : on peut donc le regarder comme étant le premier qu'ait possédé la cathédrale après sa reconstruction , à moins qu'un autre n'ait été détruit en 1346, quand le comle de Derby s'empara de la ville avec ses saccageurs des îles Britanniques : ce dont aucune preuve n'est restée jusqu'à nous. Vous voyez que ce beau meuble repose sur une tribune assez disgracieuse, s'élevant au-dessus des trois grandes portes, etoccupant tout le développement du mur occidental : des peintures assez richement distribuées dissimulent autant que possible le mauvais effet d'un hors-d'œuvre peu d'accord par sa forme rectiligne avec les détails de l'édifice. Pour racheter ce défaut, il ne faut rien moins que ce vaste buffet tout petn^^ï/îgfwr^ s'élevant jusqu'à une hauteur de trente-huit pieds , dans lequel s'enchâssent trois mille tuyaux, et que précède son positif, fort bien orné de couleurs et garni de huit jeux. Les deux anges qui surmontent cette élégante ordonnance n'ont point là pour la forme seulement les deux trom-

* Besly, JB^t7e5^tt« de Poic tiers , p. ^83.

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