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pelles donl ils semblenl jouer; on les (ait wwner è$ grtmdet fêta y et alors c'esl une joie de plus pour pos solennités qu'on y enlende le relenlissement de ces ^ticcin^ mêlant aux tons mélodieux du baull;K)is de Poitou, de la musette et de la flûte, les accents tour à tour graves et perçants de leur vaste sonorité.
Pour compléter Texamen de cette première partie de réglise> nous observerons que rien n'y en^barrasse la largeur de cette belle nef , ni celle des ba&H^ôtés. Aucun meuble ne vient y jeter sa masse gênante en travers des lignes architecturales. Point de chaire ^ parce que le jubé en lient lieu; point de banc d'œuvre, parce que la fabrique est dans le Chapitre; point de chaises grossières à 3 liv. 10 s. la douzaine , parquées entre des balustrades en fonte de style bâtard ; chacun apporte la sienne au besoin, ou bien H. le prévôt fait placer des sièges pour le corps de ville et les corporations de la cilé, quand une cérémonie religieuse les réunit à Saint-Pierre avec la foule empressée des nobles et des boui^eois. Aussi combien ces beaux piliers, dégagés de cet entourage misérable , s'élèvent avec légèreté jusqu'aux voûtes , dont les coupoles profondes présentent à l'espérance chrétienne, sur un fond azuré, des milliers d'étoiles, figures des âmes justes de l'éternité ' ! Les clefs de ces voûtes offrent aussi leur symbolisme sous Iqs traits variés de la Vierge- Mère, du Christ Docteur, des saints du Nouveau Testament^ de l'Agneau immaculé , de rosaces et de feuillages, et chacun de ces sujets est décoré de peintures qui en font ressortir les détails, et rapprochent ainsi la distance qui les sépare du. speçtal^eur. Les arcades sont bordées
1 FulgebwU quaH êttUm inperpekiai œtemUates. (Daniel , xn, 5.)
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aussi de guirlandes; le bel appareil des murs latéraux laisse ressortir sur toute sa surface unie les innombrables modillons qui s'en détachent, et dont le langage mystérieux vulgarise les enseignements des Pères. Au reste , on ne voit pas ici de larges tableaux interrompre sur chaque mur l'immense et majestueuse série de ses arcades continues, s'acôrocher comme autant d^inconvénients aux groupes des colonnes de la nef, dont ils détruiraient rélégance harmonieuse... L'effet de ces grands cadres est toujours de cacher de magnifiques essors de l'architecture par de la peinture souvent équivoque; d'ôter aux yeux le plaisir des fuites et des perspectives en brisant les lignes , en obstruant les jours, et de prêter de sûres et nombreuses retraites à la poussière^ aux araignées et aux chauvesHSOuris. Les seules peintures que comporte la distribution de notre intérieur se résumeraient dans quelques moyens de décor, dans l'application des procédés à la détrempe, à la fresque ou à l'encaustique, suivis à Saint-Savin , à Notre-Dame et à Sainte- Radégonde de Poitiers , et en beaucoup d'autres églises du diocèse; mais ici, où ce genre a dû être appliqué dans le principe, puisqu'on en retrouve encore de rares et légers vestiges , et d'où les événements des guerres et. autres malheurs leâ ont fait disparaître, on se contente maintenant de l'appareil cimenté de lignes roses dans sa plus naturelle expression, saul à tendre lés nefs et lès piliers, dans nos jours de fêtes solennelles, de ces vieilles et précieuses tapisseries dont Poitiers avait dès le XI* siècle une manufacture célèbre où les prélats d'Italie adressaient leurs demandes '. a Les quatre premiers
• D. fiouqact. Script, rerum Gallic. , t. x, p. 484.
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» piliers de la grande nef doibvent , entre autres , lorsque ») se fait et passe un docteur , être parés et tapissés par » les coustres*. »
Examinons le jmpitre ou jubé* C'est une tribune jetée dans loule la largeur de la grande nef, et s'appuyantde côté et d'autre au quatrième pilier. Dans celte portion de la nef il forme la clôture du chœur, où l'on entre par un arceau ménagé sous la plate-forme dudit pupitre, et que défend ordinairement une porte mobile , belle grille en fer ouvragé, ouverte seulement pendant les cérémonies et offices publics. Vous considérez av^ plaisir cette balustrade en accoudoir qui garnit les bords de la plate-forme : c'est l'œuvre déjà fort ancienne d'un maître imagier poitevin, qui s'est fait gloire de découper ces capricieuses dentelles de pierre, et d'en faire l'un des plus beaux ornements de ce remarquable vaisseau. Dix-sept crampons de la longueur d'un pied assujettissent cet appui en le liant à sa base. Tel quHl est, on l'évalue à quatre cents livres, ce qui ne paraît pas exorbitant quand on en considère le rare travail. Outre l'emplacement destiné , en dedans de cette balustrade , à la prédication , à la lecture de l'Evangile et aux autres cérémonies qui s'y accomplissent, on a réservé à chaque extrémité un espace, à droite du côlé de la porte de. Sainte-Croix, pour l'orgue d'accompagnement, et à gauche, vers la porte des Cloîtres, pour l'horloge du chœur. Cette horloge est spécialement destinée au Chapitre; elle sonne l'heure à laquelle le chanoine en semaine entonne le premier verset des offices, et un cadran indicateur des minutes lui annonce rapproche imminente de ce moment
* D. Font., l. Liv.p. 477.
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précis» en se détachant sur le fond d'une bastille ou petite tour en menuiserie environnée de ses remparts et garnie . de ses ouvrages ordinaires de défense. Une vis ou escalier tournant, dont nous verrons bientôt rentrée» reçoit les mouvements et affùiages de Thorloge. Une petite fenêtre vitrée y laisse pénétrer quelque jour.
Mais quel est cet autel paré au milieu du jubé, et tenant aussi sa place sur la plate-forme au-dessus de l'arceau qui fait communiquer de la nef au chœur? — C'est la chapelle de Saint-Hichel. Vous le reconnaissez à la statue de l'archange, faite et taillée en pierre de la hauteur de qtuUre pieds j et aussi bien estoffée. Cette chapelle est le titre d'un de nos bacheliers du Chapitre, qui y pourvoit à un anniversaire de très-ancienne fondation fait par une famille du Régnier.
Maintenant, avant de pénétrer dans Tenceinte privilégiée, je vous invite à remarquer ce groupe de- statues s'élevant « à l'entrée de l'arceau du pupitre et devant la porte du chœur, » de telle sorte que les deux rangs des processions, rentrant de la nef dans le chœur, passent nécessairement de côté et d'autre de ce groupe. Ce sont « les images du crucifix, Notre-Dame et saint Jean; » lequel crucifix fait et taillé en pierre fine du pays , et » pareillement la croix et le tout fait et tenant ensemble, » ayant ledit crucifix de longueur trois pieds et demi, et » ladite croix cinq pieds; et aux quatre bouts d'icelle y » a les quatre évangélistes faits à demi-taille, et les » images de Notre-Dame et de saint Jean aussi faits et » taillés de pierre, et chacun de trois pieds de haut, le » tout bien taillé et bien étoffé. » Devant cette image du crucifix , messieurs tiennent parfois certaines assemblées capilulaires avant la messe canoniale. On y traite surtout
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des choses qui regardent l'usage de notre juridiction, et Ton y rend les décisions disciplinaires \
Remarquons encore au-dessus de l'arcade , qui s'ouvre en plein cintre dans une hauteur de quinze pieds sur onze de large , ce bas-relief « d'un Dieu de résurrection ;»» puis, placés là comme sentinelles avancées gardant les abords du lieu sainte voici , « à dextre et à seneslre, les )) images de saint Pierre et saint Paul, bien taillés, » peints eC étoffés, en pierre fine, chacun de six grands » pieds et demi environ. »
Au-dessous du jubé , et à chacune de ses extrémités, voici deux chapelles pratiquées en arceau, l'une audessous de l'horloge, l'autre au-dessous du petit orgue. Dans cette dernière nous voyons la statue de Notre-Damedes-Gésiries , avec celle de saint Joseph ; puis la crèche « avec les têtes et le devant de l'âne, et le bœuf. » Un ange couronne la Vierge. Mais oîi est l'Enfant-Dieu, qui devait nécessairement assister à cette fête traditionnelle? Il n'y est jamais : les mères y suppléent en venant coucher quelques instants dans cette crèche leurs petits enfants, qu'elles mettent ainsi, par une courte et touchante illusion^ de la famille de Marie. — Cette chapelle est due à la piété de trois membres de la famille d'Aux.
Visitons la chapelle de gauche. Là est encore une grande statue de Notre-Dame, posée debout, haute de sept pieds , tenant son enfant sur le bras gauche , et « taillée en pierre fine du pays. » Trois anges sont sculptés en haut relief dans le mur : l'un tient une couronne sur la tête de Marie; les deux autres balancent vers elle des encefwmers. — C'est Notre-Dame-du-Tronc.
1 D. Foot., t. 11 , p. 404 ; acte du *22 décembre 4550.
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ivant de continuer notre voyage dans l'intérieur de la basilique , il faut bien que je vous parle d'une pieuse coutume qui se rattache au groupe de Notre -Dame- des- Gésines. Ce vocable, qui rappelle l'enfantement divin de Marie, inspira au Chapitre, dès la fondation de la chapelle, une dévotion renouvelée fidèlement chaque année pendant tout le temps qui s'écoule entre Noël et la Purification, temps, vous le savez, destiné à honorer la mémoire do la maternité virginale. Chaque jour alors , après le Jfa^m/îoo^ , les chanoines sortent du chœur processionnellement, en chantant l'antienne Sancta et immaculatavirginitaSy et, au lieu de se rendre, comme on le fait ailleurs, à l'autel particulier de la Sle-Vierge,ils viennent se placer en station dans la nef , y chantent Vlnviolata en faux-bourdon, et regagnent les stalles pour les complies, aux accents de l'orgue ou du Sub tuum prœsidium '. Au
> Le Chapitre a conservé cette cérémonie, qui se fait encore tous les ans, et qui fut commune autrefois à plusieurs églises. Mais, outre la disparition de la double image de Marie , laquelle eitprimait jadis l'objet de la procession qui se fait partout ailleurs à l'autel de la Sainte-Vierge , il est encore à craindre qu'on n'efTace bientôt jusqu'à la pensée créatrice de cette belle coutume, en l'exécutant désormais autrement qu'on a toujours fait. L'affluencedes fidèles qui remplissent la nef principale à Noël, àTÉpiphanie, à la Saint-Hilaire, toutes fêtes qui se trouvent dans le temps où se fait la station , peut empêcher jusqu'à un certain point qu'on ne la fasse dans l'espace qu'elle occupe ordinairement. Mais on tend à détruire insensiblement les traces précieuses d'un souvenir historique en faisant demeurer;, depuis quelques années , tout le clergé dans l'enceinte du sanctuaire, autour de l'autel. Qui ne voit que dès lors la cérémonie perd au moins la moitié de l'intérêt qu'on y doit attacher; qu'elle n'a plus le sens qui lui est propre , et qui ne se comprend bien que sur le lieu même où elle s'est toujours faite ? Le respect qu'on doit à des pratiques de ce genre, dont on ne peut détacher certains détails sans les II. 44^
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resle , vous saurez qu'oulre cette chapelle » deux autres de même nom existent encore dans la cathédrale* On y fait les relevailles des femmes nouvellement accouchées. Entrons enfin dans le chœur. Cette porte en fer, d'un beau travail , se ferme toujours à double serrure ; elle est garnie d'une courtine ou rideau qui mesure huit ou neuf pieds en large. A notre gauche, voici la tour renfermant l'escalier en hélice par lequel on monte à l'horloge du jubé. Au-dessus de cette porte repose une statue de deux pieds représentant Notre-Dame. Vous voyez déjà avec quelle religieuse profusion on s'est empressé de multiplier ici sa pensée. Sur la face intérieure du jubé vous voyez aussi dix autres images y tant de prophètes que autres j superposées cinq par cinq sur deux rangs, et chacun de trois grands pieds. Tout à côté de la porte par laquelle nous venons d'entrer, et à notre droite, un escalier tournant , à balustrade percée à jour, donne accès à la plate-forme de l'ambon. Le chœur est entouré dans toute la première partie, que ne garnissent pas les stalles, d'un mur de neuf ou dix pieds de haut , (( fait de a maçonnerie moderne à clervoise , en laquelle régnent » tant par le dedans que par le dehors dicelle en chacun » côté neuf dossiers , tabernacles et enlrepieds (niches), » et aux neuf qui sont par le dehors y a les images du » Sauveur et huit apôtres, et par le dedans dudit chœur
décolorer elles-mêmes , exigerait , noussemble-t-il , qu'on s'y prit autrement, s'il n'est pas absolument possible de développer la procession, aux jours de grande affluence, dans la longueur de l'allée médiane, qui empêcherait de la ranger en demi-cercle devant la grille du sanctuaire ? L'intention primitive serait ainsi sauvegardée , et la mémoire du peuple conserverait plus nette et plus vraie la pensée qu'il doit attacher à cet acte d'une dévotion si respectable.
» y a aussi neuf images , tant de reste desdits apôtres i> qu'autres , tous lesdits images faits et taillés en pierre » fine de cedit pays^ et chacun d'tceux de la grandeur )) de trois grands pieds de haut^ et peuvent valoir chacun » d'iceux, ladite pierre et taille seulement» la somme » de 6 livres tournois , qui est pour les dix-huit images^ » tous blancs sans étoffe , la somme de 1 08 livrer. » Nous voyons dès l'entrée deux chapelles percées en arceau de côlé et d'autre. « L'une, à senestre, est ornée des images de saint Maurice et de sainte Radégonde, en pierre, de quatre à cinq pieds de haut; l'autre possède celle de Notre-Dame tenant son enfant entre ses bras , en pierre, haute de cinq pieds et demi. » Devant cet autel « y a une sépulture d'évêque couché la tête sur deux oreillers, crosse, mitre; étant, ladite sépulture, et gisant de sept pieds de long. Quatre anges sont placés à ses côtés et le soutiennent : le tout bien taillé , estoffé et peint. » C'est là que repose Jacques des Ursins , patriarche d'Antioche et notre évêque, mort en 1456 '. A l'un de ces autels se dit tous les ans, au 19 mai, une messe pour tous les agonisants. Cette messe a été fondée par un curé de Bonnes, qui reçut du Chapitre, en témoignage de reconnaissance , le droit de siéger au chœur quand il y voudrait venir ^
À la suite de ces deux premiers autels, entre la porte d'entrée et les stalles des chanoines , règne l'espace qu'occupent les chantres et les mmidem , c'est-à-dire ceux qui les accompagnent du cornet (serpent?) et de la basse ; c'est aussi la place des enfants de choeur et de leur
1 Besly , Évetq. de Poict.^ p. 205.
* D. Font., t. Liv, p. 84.
maître. Au milieu et sur les côtés, huit pupitres , les uns en bois sculpté , les autres en fer , légèrement taillés à jour , supportent les livres de chant , qui y sont fixés par des chaînes de cinq à six pieds de long : cette précaution vous indique suffisamment quel prix on attache à ces beaux et considérables manuscrits enrichis de vignettes et de lettres gothiques ; mais nous traitons ainsi même les livres imprimés, encore fort chers. Près de celte autre porte de fer qui fait face à celle de Sainte-Croix , et dont la parallèle , à main droite, mène du chœur à la coustrerie , à la salle du Chapitre et à la chambre des comptes , vous pouvez lire sur un tableau fermant à clef les noms des chanoines en semaine. Cette liste se fait d'avance pour toute l'année. Un coup d'œil suffit à chacun pour reconnaître sans long calcul quand reviendra son tour d'office » et par cela même quand il aura droit à conférer tel bénéfice, qui peut alors dépendre de lui.
Voici le monument funèbre du cardinal Simon de Cramaud, grand homme, qui , pendant sa vie toute épiscopale, rendit à l'Eglise et à l'Etat d'immenses services , fit de grands biens à notre cathédrale , et y choisit la sépulture que vous voyez.
Examinons à présent ces titres lapidaires élégamment ciselés dans le voisinage du monument.
Après ces deux inscriptions qui nous parlent de lui et de ses bienfaits, se trouve le haut bout des stalles, dont la ligne du côté gauche est précédée par la chaire épiscopale, sculptée comme elle en style antique , et dont vous voyez que les moulures sont réellement remarquables. Les deux rangs de stalles hautes et basses ne forment pas moins de quatre-vingt-dix-huit sièges, dont plus de la moitié est occupée chaque jour. Le dernier se trouve le
plus rapproché du grand autel, qui 6e retire au-dessous de la première travée delà voûte, dont rabaissement très-sensible indique d'ailleurs fort bien, et d'une façon très-conforme aux règles liturgiques, remplacement qui lui fut tout d'abord destiné.
Avançons , et voyons le grand autel : il est en pierre sculptée par les deux faces extrêmes ; le devant est garni d'un parement en étoffe brodée sur laquelle figurent les armoiries d'un de nos évoques, qui le donna au Chapitre en cadeau de joyeux avènement , selon une très-ancienne coutume maintenue par plusieurs arrêts de la grand'chambre : il a huit pieds de développement. Etabli entre les derniers piliers vers le chevet de l'église^ on a ménagé un espace de deux ou trois pieds seulement entre lui et le mur terminal, qui complète de ce côté l'enceinte du chœur. Ce mur est caché par le œntre-^etable en menuiserie qui s'élève perpendiculairement à l'autel, auquel le grand vitrail de l'abside semble servir de tableau supérieur. Du milieu de la table, et s' avançant vers le bord opposé à celui du célébrant, s'élève une grande crosse posée sur un coffret fermant à clef , et à l'extrémité supérieure de laquelle est suspendue la custode où se garde le Saint Sacrement. La crosse est creuse et donne passage à un cordon fixé dans le coffret, et qu'on en détache à volonté pour faire descendre la sainte réserve. Sur l'autel on ne voit aucun chandelier, quoique l'usage commence à s'en répandre : on n'y pose que les vases sacrés, les coussins et le livre , quand vient l'heure du sacrifice. Mais on a disposé le luminaire dé façon qu'à sa raison mystique se joint pour le regard un effet saisissant. Les chandeliers sont disposés d'abord derrière l'aulel, au nombre de quatorze, également espacés, et assujettis par
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220 HISTOIBË DE LA GATUÉDEALE (4562.)
cette barre de fer plate, de trente-cinq pieds de long, que de petits montants font lever et baisser à volonté, afin qu'on en puisse au besoin dégager ces flambeaux. Ensuite seize autres se distribuent de côté et d'autre, y compris le plus grand de tous, que vous remarquez à gauche , que l'ouvrfer a fondu sous la forme d'un tronc d'arbre, et qui porte le cierge pascal. Vis-à-vis de l'autel , et dans le sanctuaire même , voici le beau pupitre des collectes et oraisons : il est tout de fer à ymage9 et feuillojgesy et a coûté un gros prix. — Des deux côtés de l'autel, et derrière son retable, de légères colonnes de cuivre, creuses et traversées par une barre de fer, s'alignent sous un couronnement que supportent des chapiteaux d'un joli travail : elles sont reliées par des vergeltes en fer sur lesquelles roulent les anneaux de rideaux de soie qui enveloppent ainsi l'autel de trois côtés. Dans l'épaisseur du mur qui limite le chœur vers l'orient , on a pratiqué deux portes et trois fenêtres ^ c'est-à-dire cinq armoires de dimensions différentes; au dessus, trois autres porteià tirouetSy garnies de serrures, crochets et verrous : c'est le trésor de l'église ; c'est là que se conservent les objets précieux , les vases sacrés et une partie des reliquaires. Ce dépôt vous explique les précautions dont on a entouré le sanctuaire par cette double grille qui en garde l'entrée. Celle qui se rapproche le plus de l'autel a 28 pieds de large et 5 de haut; l'autre, de même hauteur, s'étend un peu plus sur les côtés et mesure une largeur de 34 pieds. Les arcs-boulants qui les maintiennent, leurs serrures et leurs verrous de fer, l'épaisseur de leurs barreaux et le dessin recherché de leurs compartiments, font de ces portes une belle et chère besoigne que plusieurs maîtres ferriersne feraient pas, disent-ils, pour 7,00a fr.
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Vous verrez, en parcourant le pourtour extérieur du chœur et du sanctuaire, d'autres fenêtres et armoires espacées dans toute l'étendue des murs. On y renferme les torches, les cierges, les tapisseries; le chapier s'y trouve aussi, protégé de plus par une cloison contre l'humidité qui lui serait nuisible.
Ne sortons pas d'ici sans observer combien on a été sobre de peintures dans l'ornementatipn des détails du chœur. Les boiseries surtout sont traitées avec un respect exemplaire. Les stalles, avec leur coupe simple et élégante, laissent voir tout le fini de leurs sculptures symboliques; nous en avons conservé avec soin toutes les délicatesses, en les gardant contre l'application de toute peinture à l'huile qui en aurait empâté les ciselures. Rien ne vaut pour les ouvrages de menuiserie la belle couleur du bois vieilli. L'entretien en est d'ailleurs très-facile : c'est l'affaire de nos cou$tre$, qui , dans les premiers jours de la semaine sainte et aux Quatre-Temps de septembre , promènent sur toute la surface des panneaux et dans les profondeurs des sculptures un pinceau légèrement humecté d'huile de noix mêlée d'encens pulvérisé , laquelle eslétanchée aussitôt par une éponge. Ils frottent ensuite vigoureusement avec une drapi//^, et par cet exercice on assure à jamais le chêne et le noyer contre les attaques des vers, de la poussière, et contre sa propre décomposition.
Il est temps de rentrer dans la nef. Sortons d'ici par la même porte qui nous y a donné entrée; tournons vers notre droite et traversons le bas-côté nord pour visiter le croisillon qui en interrompt la continuité : c'est la chapelle Saint-André , ainsi dite de son autel principal qui s'élève sous sa fenêtre orientale. Elle est désignée quelquefois dans nos vieux titres, sans que je sache pour-
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quoi, SOUS le nom de Saint-André-de-Cognac^ Une chapellenie y est attachée , à la collation de messire le souschantre. Au fond de cette belle annexe est un autre autel , puis un autre encore vis-à*vis le premier : ce sont ceux de Notre-Dame-lorBlanche , que la naïveté populaire désigne ainsi parce que la statue qui décore l'autel n'a point été peinte; puis de NoIre-'Dame-deS'Guychards, fondé par une famille de ce nom. A ce dernier sont attachées quatre messes instituées pour chacune des quatre fêtes annuelles. Le premier est à la nomination du soosdoyen. La menuiserie qui forme ici les stalles n'est pas sans mérite^ Deux petites fenêtres ou armoires fermant à clef flanquent ces autels , comme tous les autres. On y dépose les calices , missels et autres objets nécessaires pour le saint sacrifice.
Voici rangées autour de la chapelle huit chaires en bois qui se transportent sur le parvis ou dans l'église y soit à l'occasion des jugements que peut rendre le Chapitre, soit pour les assemblées synodales ou les réceptions des docteurs. Avant de sortir d'ici, notez ce tombeau de pierre blanche sur lequel est couché un évêque en habits de son ordre, et élevé de deux pieds au-dessus du sol : c'est celui d'un de nos prélats, Bertrand de Maumont, dont le nom nous est révélé par son épitaphe.
Maintenant je vous préviens que vous n'avez pas fini de voir des chapelles; leur nombre s'est augmenté en proportion de celui des messes qu'il faut acquitter chaque jour ; et puis ce sont autant de fondations, doat chacune porte avec elle un bénéfice simple qui sert à l'entretien de notre bas chœur. Beaucoup d'autres encore sont sous le vocable de la sainte Vierge, comme vous allez le voir. De ce pas remontons la basse nef. Voici
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d'abord la chapelle AeNotre-Dame-rAncienney où se disent deux messes par semaine. Là , l'image de Notre-Dame cf tient son enfant en son giron, de la hauteur, tout assise, » de quatre pieds et demi. » Cette chapelle est désignée dans certaines écritures sous les mots relrd partam clauHrù C'est qu'en effet voici tout auprès la porte en fer dite des Clùttres , parce qu'on communique par elle de l'église dans l'espace extérieur occupé jadis par les cloîtres des demeures canoniales , depuis longtemps oubliés et que personne actuellement ne se rappelle avoir vus. Au lieu de ces habitations existe y au delà d'un couloir à ciel ouvert qui aboutit à la voie publique , un jardin commun dont chaque chanoine a la jouissance^ et dans lequel sont choisies parfois quelques sépultures. — Ouvrons cette porte de fer, et dans l'épaisseur du mur nous trouvons un autre autel que surmonte une image de Notre-Dame tenant son enfant entre ses bras , taillée en pierre, de la hauteur de 3 pieds et demi. À ses côtés est un ange. Ceci est encore une Notre-Dame-deê' Cloîtres proprement dite, à laquelle nomme le sous-doyen. Hais que dites-vous de l'encadrement de cette porte dont le style et la manière, sans contraster désagréablement avec le reste de l'architecture, indiquent cependant une autre main que celle de l'architecte primitif? Sa décoration date de la fin du XV* siècle, époque où elle dut être refaite. Ces petites colonnettes, ces chapiteaux à deux rangs de petites feuilles, ses moulures d'encadrement , annoncent en effet le temps que je signale.
De l'autre côlé de la nef^ et adossée au mur du chœur, voici l'autel et chapellenie de N. -D.-d" Albâtre , avec son u ymage de N.-D. tenant son enfant entre ses » bras, ledit ymage bien fait et taillé>«n pierre d'albâtre » de la hauteur de deux pieds. »
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Vous allez peut-èlre .vous scandaliser pour notre beau monument des hors-d'œuvre disgracieux qui encombrent le déambulatoire ; et en effet il faut regretter tout ce qui le rétrécit en défigurant la belle largetir de ses deux nefs. Mais l'espace manquait en dehors de l'église, ou l'argent, et il a fallu construire ici une coustrerie, là bas des enceintes pour renfermer d'autres autels; puis, devant chacune de ces superfétations , régnent , pour les confréries ou les fidèles qui viennent y entendre la messe, des bancs qui gênent la circulation et augmentent le désordre. C'est «ne désagréable surprise pour l'étranger qui , après avoir contemplé du bas de l'église cet aspect grandiose et pur qui la distingue, arrive ici pour y rencontrer un tel désenchantement. Ainsi vous voyez combien se pose mal , adossée à la clôture du chœur, à la suite de la grande porte de fer qui y donne entrée , cette construction ,qui avance de sept ou huit pieds dans la nef, et se prolonge jusqu'aux trois quarts de sa longueur : c'est la cowtrerie , c'est-à-dire le lieu où les coustres conservent certains objets d'ameublement et une partie des ornements de cérémonie. Pour serrer ces objets, on a pratiqué dans le mur du fond (celui du chœur) cmci fenêtres garnies de serrures et bandes de fer. Dans ce grand coffre est la tapisserie du chœur dont je vous ai parlé. Une vigoureuse porte de fer défend l'entrée de ce lieu. Elle a quatre panneaux pleins, et offrirait, avec les barres de même métal qui l'appuient à l'intérieur, une sûre résistance, s'il était besoin d'y déposer des objets de prix.
A gauche de la , nef, entre le pilier qui sépare la deuxième travée de la troisième et la porte des cloîtres , ce petit autel est celui de Notre-Dame-des-Dons. Un peu au-dessus s'ouvre une petite porte garnie de vantaux
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(4562.) i)E miTIERS. 225
en fer, avec plusieurs serrures. Hemarquez sur la dalle couchée devant le seuil une inscription déjà usée, et dont quelques mote ont même entièrement disparu : c'est répitaphe d'Aymeric de Mons, à qui le Chapitre doit sa saUe capiiulaire'. De son temps, les bâtiments adja* cents que nous allons visiter, et dont les portes se succèdent sur la même ligne en remontant au chevet, n'existaient pas ^core; on avait été forcé de prendre, sur iceUe allée où nous sommes ^ CQtte malheureuse cmutrie qui nous y offusque. Àymeric rendit donc un grand service en établissant en dehors de l'enceinte un local desUiié à nos réunions. Mais entrons; remarquez ce couloir percé dans l'épaisseur du mur septentrional de la cathédrale, que défend d'abord cette première porte en madriers de ctiêne , renforcée de clefs , de gardes et de verrous en fer, aussi bien que cette seconde qui clôt iflunédiateonent la pièce. Entre ces deux portes, à gauche, cet escalier conduit à un faux grenier qui sert de décharge à la couslrerie. Yoîci mainienant notre salle de conseil* Eï\e est planchéiée ; ces sièges fixésjdans tout le pourtour des murs sont occupés par les membres du Chapitre pendant les délibérations. Ces huit armoires percées dans les murs, avec leurs bandes de fer et leurs s^mres, renfern)6Dt les litres de fondations, les privilèges et exemptions de la compagnie; les actes de propriété^ ses statuts, les procès-verbaux de ses synodes, et tout ce qui sert de bases et de preuves à ses droits et à sa juridiction. Voici d'autres' fenêtres où se serrent encore divers objets : ici le coffre nommé le pardon , parce qu'on y tient avec soin les titres des indulgences diverses ac-
* Qu'a remplacée en n35 celle bâtie par Simon de Cramaud. u. ^^
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(X)rdées en grand nombre à l'église cdthédrale par les souverains ponlifes; là le trésor, autre coffre à trois serrures^ contenant les joyaux, diamants et autres richcne$ de pierrerieê dont on pare^ aux grandes fêtes ^ les images des saints , les reliquaires et les autels. La table que vous voyez au milieu de l'appartement y demeure en permanence; sur elle se font les écritures de nos assemblées.
Cette pièce est éclairée par deux vitraux prenant leur jour sur l'ancien emplacement des cloîtres, au nord« La porte qui s'ouvre à droite en entrant dans le Chapitre , au trumeau de laquelle « y a une ymage de saint » Pierre de la hauteur de quatre grands pieds, en pierre, » et garnie d'une serrure truffière ' , communique au rêvestouer , autre appartement mis en rapport également , par une autre porte ouverte dans le mur opposé , avec la chambre des compter. Les voûtes de ces deux pièces^ leurs retombées en nervures prismatiques attestent une construction qui ne remonte guère au delà d'une centaine d'années : elles sont dues en effet à la générosité de deux de nos prélats : Simon de Cramaud, qui les commença, et Hugues de Combarel , qui les fit continuer et finir. Leurs écussons ont été sculptés au dehors sur l'aile occidentale de ce nouveau bâtiment. — Dans ce revestouer nous plaçons leschapiers, au nombre de trois; puis les orfroys, courtibaux et autres vêtements des prêtres et des clercs , les linges d'autel ; tout cela rangé avec beaucoup d'ordre dans les douze fenêtres , coffres et conlouer dont vous voyez les solides fermetures.
À ce vitrai élevé qui nous apporte Pair et le jour de la
> Ou plutôt treffUiére , c'est-à-dire , d'après l'Eacyclopédie , serrure qui ne s'ouvre que d'un côté.
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(4562.) * DE POlïrERS. 227
cour des cloîtres, brille, au milieu des verres blancs coupés en losanges , une autre partie en verres ouvrés. Un guichet s'ouvre et se ferme à volonté, elle tout est protégé encore par une énergique membrure de fer.
C'est ici que les officiants du grand autel se revestent des habits sacerdotaux, déposés à cet effet sur le œnlouer. La plupart des autres prêtres qui célèbrent dans la cathédrale s'habillent sur un coin de Vautel dont ils sont les constants habitués.
De là passons enfin dans la chambre det comptes. Elle est voûtée comme Ja précédente , carrée , et de même dimension. Dans ces deux fenêtres ou armoires se tiennent les papiers relatifs aux comptes généraux de la compagnie, à ses affaires avec ses fermiers, aux distributions quotidiennes du chœur, à ses droits de prélèvement, dîmes et obligations pécuniaires de tout genre. Cette porte que vous voyez pratiquée dans le mur occidental est celle d'un couloir de cinq à six pieds de large sur une profondeur égale à toute celle de Pappartement. Cette annexe avance d'autant sur la rue de la Psalette^e-St'Pierre\ oh elle cause un rétrécissement d'assez mauvais effet.
Nous venons de parcourir, en passant de l'une dans Tautre , les trois pièces qui forment le local du Chapitre , et où se règlent toutes celles de ses affaires qui ne sont pas à proprement parler de l'office divin. Continuons notre visite de l'église en sortant par cette porte que nous trouvons dans l'angle de l'appartement, à main droite , et qui va nous ramener aux absides.
* c'était alors le pom de la rue qu'on a Dommée depuis, en style peu recherché^ rue Derriêre-Saint-Pierre. Lapsaletlede la cathédrale occupait la maison qui fait Tangte de cette rue et de celle dite aujoiird'hui de ia Psalette-Sainte-Badégande.
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Néanmoins jetons encore un coup d'œil sur Tencadrement de celte autre porte à laquelle se trouve accolée celle du reve$Umer. Ce cadre ogival garni de petites colonnes à chapiteaux frisés porte bien les caractères du xv* siècle, aussi bien que le prisme qui sert de colonne intermédiaire et dont le chapiteau ne s'élève que jusqu'à la naissance du tympan. Tout près de là, entre le rcvestouer et le Chapitre, ce petit autel est connu sous le nom d'autel du Revestiaire. Les R. P. carmes y ont une chapellenie de leur nom, à cause d'une fondation qu'ils ont faite '.
Hais voici , au fond de la nef et occupant l'absidiole nord, qu'en sépare une grille en fer de 20 pieds de large sur 9 de haut, la chapelle de Saint-Laurent. Une porte coupée dans la grille y donne accès. L'autel est masqué par un rideau; au-dessus s'avance une couverture ou espèce de dais. Remarquez « ce conlreretable de w pierre du pays de 6 à 7 pieds de long sur 3 de haut; » trois histoires taillées et enlevées plus qu'à trois quar- » tiers » se partagent tout ce développement. « En Phis- » toire du milieu, un crucifix avec les ymages de N.-D. et ^) de saint Jeah, et du côté de ladite N.-D., un image de » saint Pierre , avec un priant à genoux en habit de cha - » noine. Et en la première histoire de ladite contreretable^ » du côté de l'évangile , y a comment saint Laurent fut » mis dessus une grille, et du feu par-dessous, et une » manière de tirant et prévôt et autres , le tout bien taillé » et étoffé. — Plus dessus ladite contretable y a trois en- » trépieds faits et taillés en pierre fine dudit pays, de la
* Cet aatel nous parait avoir dû être celai dit des Carmes , que des titres da temps sigoalent comme étant le plus proche de la sacristie ,
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{<562.) DE IH)ITIERS.
» grandeur chacun d'iceux de A pieds. Celui du côté de » révangile est l'image dé N.-D. tenant son enfant dans » ses bras» laquelle est^bien richement taillée et aussi » est pareillement étoffée. Et l'autre auprès qui est au )) milieu est l'image de saint Laurent tenant sa grille » d'une main et un livre de l'autre main, fait et taillé en » h^ôit de diacre, aussi bien taillé et étoffé, et riche- » ment. »
L'autel de Saint-Laurent possède une chapellenie à la collation du sous-doyen , laquelle est chargée d'une messe par semaine. Un de ses revenus consiste « en une » petite maison derrière laquelle y a une petite treille ou r^ vigne et le quart de la dlme de Pouzeaux, qui s'afferme » par an de 1 3 à 1 4 deniers. »
Nous arrivons à la chapelle de la Sainte-Vierge, dite du Pardon y occupant le rond- point pratiqué dans l'abside médiane. Elle est ainsi nommée de son autel privilégié > auquel est attachée une indulgence plénière applicable au soulagement des trépassés par les prôlres qui y célèbrent. Vous voyez qu'il n'existe qu'un Irès-élroît espace entre le mur terminal du chœur et l'accoudoir qui limite la chapelle. Dans cet accoudoir sont ménagés un coffre et des armoires où se gardent les chandeliers de fer et autres ustensiles servant à l'autel. Là aussi un plafond mobile recouvre la pierre sacrée ; un rideau de 8 à 9 pieds de large se ferme devant le sanctuaire, et deux contrevents se replient à volonté sur le conirerelable, qui mérite d'être examiné :
« Dessus y a quatre images taillés en pierre : le pre- » mier, du côté de l'évangile, est l'image de saint Sébas- » tien, de quatre pieds et demi de haut, avec le pilier ou » arbre où il fut attaché. Le second image est une N.-D.
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» de Pitié assise dessus un pied d'extra f ayant dessus les » genoux rimage de son fils desœndu de la croix, et y » a un petit ange qui soutient un des bras de Dieu. Et w après y a l'histoire de la nomination Notre-Dame. » L'ange de N.-D. est droit et de la grandeur de quatre » pieds et demi; et devant elle y a un pupi(refaitàpte(j » d'extra^ sur lequel y a un tapis et dessus un livre ouvert; » et aussi y a un pot de lys, le tout bien fait et taillé en » pierre. Plus y a l'image de l'ange Gabriel, ayant un )) genou en terre et de la hauteur à l'équipolent de N.-D., » avec une compagnie de petits anges voilants , ayant des y» écritaux en leurs mains descendants comme d'un pa- » radis , lesquels sont tous attachés , tenant en outre une » courtine faite de pierre toute ouverte , laquelle est bien » taillée , et icelle courtine est tenue par le haut et par les 0 côtés de grande quantité de petits anges, et le tout fait D compagnie au Saint-Esprit descendant vers ladite » N.-D., bien fait et richement taillé de pierre fine dudit » pays, et aus4 richement peint et étoffé, avec le Dieu le » Père qui tirre le tout par le dessus et faisant le cou- » ronnement. »
A cet autel est attachée l'une des trois chapellenies de Saint-Thomas le Martyr d'Anxaumont. Elle a 12 setiers de froment et 30 s- de rente sur la terre de TEpinoux , nommée indifféremment, dans un acte du 15 octobre 1434, Lefpigneux ou Lespineux. Elle a encore une autre petite rente de 40 s. sur une maison de la paroisse Saint- Simplicien. Le chanoine en semaine nomme le chapelain.
Passons à la chapelle de la Madeleine. Nous la voyons dans la petite abside méridionale; elle se sépare de la nef, qu'elle termine par une « cloison haute de 9 pieds, » en pierre, faite à pannaux drappés et à barreaux ou
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» balustrade à la Taçon antique, et posée puis trente m$ » (en 1532). » Ce hors-d'œuvre s'allonge dans la nef de 18 pieds ^ à la suite desquels vous voyez que d'autres se répètent encore de façon à ôter à toute celte portion du déambulatoire, jusqu'à la porte de Sainte-Croix, la moitié de sa largeur. Entrons. Voici le principal morceau : c'est une image de la sainte patronne, « taillée en pierre bien n richement, et en habit royal fait en taille en manièrerde » drap de figure , et par-dessus un manteau , et est ledit » image peint et de la grandeur de 5 pieds et demi ou » environ. »
Maintenant faites attention à ces trois chapelles eî autels adossés au mur sud. La plus proche de Sainte- Madeleine « a un contreretable de six pieds de long sur N trois de haut, de pierre* fine, fait et taillé à nwvlures » d'antique j avec les armes de la Passion, corniche, » piliers et chapiteaux à chacun bout; et dedans lesdits » piliers y a deux images : l'un de saint Laurent, fait et » taillé dedans un dressouer étant audit pilier, ayant un M priant Dieu en habit de chanoine, à genoux ; et à l'autre » pilier y a l'image de saint Clément en habit d'évèque » » ayant aussi un priant à genoux en habit de chanoine; n et dedans ladite contreretable y a un châssis de bois » fait à ouvrages en moulures antiques , auquel y a douze n tables de cuivre, et chacune d'icelles peut avoir une » jauge de long et de large, et un dos de couteau d'épais; » auxquelles tables y a en chacun une histoire de la » passion Notre-Seigneur faite d^émail comme plainte » peinture, et étant faites toutes lesdites histoires dudil w émail du meilleur ouvrier delà ville de Limoges pour » le temps présent. El peut valoir toute ladite conlre- M retable , tant ladite taille que Véloffe d'icelle , en ce
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» comprim lesdites histoires d'éiMil et châssis , en tout la « somme de 75 liv. tournois \
» Et par le dessus ladite conlrerelable en un arceau y M a une image d'un évèque à crosse et mitre bien riche- » ment étoffé, et est de la hauteur près de 4 pieds, et » aussi y a un priant ou priante à genoux ayant les M mains jointes à Téquipolent dudit évêque , aussi bien r^ taillé et étoffé. » Cet autel est dédié à saint Martial ; il était juste qu'il eût sa place dans une église dont il est le fondateur » et les émaux de Limoges décorent bien et convenablement le lieu où sa mémoire est vénérée.
A la suite , c'est l'autel de Saint-Jacques, c< en lequel » vous voyez de belle et riche contrôlable faite à maçcm- » nerie et ouvrage d'antique de fine pierre du pays en 0 laquelle y a quatre dossiers et tabernacles et trois • images, savoir : une saint Jacques^» dont la chapelle a » le nom, « assis au milieu de ladite contretable, de la » hauteur de trois pieds et demi tout assis, avec deux » anges aux deux côtés, chacun de trois pieds ef demi M de haut^ t^ians en leurs mains les instruments de la » passion Notre-Seigneur, Tun le chapeau d*épines et les » clous, l'autre la croix, verges et fouets; lesdils anges » faits en pierre bien taillés et bien étoffés. »
Sainte-Catherine vient après, en une autre chapelle «t en
« Ces expressioDs repartent rorigine de ces émaux à une époque contemporaine de cette visite. Us avaient probablement été faits pmi trenU ans , comme la cbapelie, dont une restauration au icnoins date de cette époque. Us auraient donc été de Léonard Limousin, du meiUeur ouvrier de la ville de Limogesy qui florissait vers le milieu du xvr siècle, et que sa réputation*comme émailleur du roi avait mis en vogue.— On voit du reste, par cette évaluation |de 75 livres tournois pour l'autel et toute son ornementation , que les émaux étaient payés alors à bien bas prix.
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» laquelle y a ane conlretable de pierre de six pieds de » long et deux et demi de haut, en laquelle y a des his- » toires de la Passion et autres images en taille , et par- » dessus ladite contrelable y a deux images, Tun de saint » Nicolas et l'autre de sainte Catherine , chacun de trois D pieds de haut, bien taillés et éloffés. » —On compte que dans toute cette enceinte, y compris les piliers, les frises , les balustrades et les autels avec toute leur décoration, il n'y a pas pour moins de 3,000 liv. d'ouvrage.
En sortant de celle doUon par la porte ouverte tout près de Paulel de Sainte-Madeleine, laquelle nous y a donné entrée , nous redescendons de quelques pas pour nous retrouver entre la chapelle Sainte-Catherine et la porte latérale du chœur. Immédiatement au-dessous de Sainte-Catherine^ nous devons nous arrêter encore devant Saint-Christophe , dont voici la dévotion. Vous voyez sur l'autel, en effet, l'image de ce sainte fait en taille et 1» pierre fine, lequel a de hauteur sept grands pieds et A demi ou environ, avec le petit Dieu qu'il porte dessus » ses épaules, et tenant un grand bâton entre ses mains, D passant par un fleuve tie mer entre deux grandes » roches bien taillées en manière de rocher : en l'un M d'îceuxy a un hermitage, chapelle, maison et arbres, « le tout bien taillé , et y a un hermitte tenant une leni) terne comme s'il voulait éclairer audit saint Christophe, >i le tout bien taillé et étoffé.
» i côté est l'image de saint Louis , de la grandeur » de six pieds , taillé en pierre en habit royal et aussi D bien étoffé.
» Et contre la muraille où est peinte la vie dudit saint » Christophe y a un contre-pied et dossier dedans lequel
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» y a un image d'un priant en babitde chanoine^ à ge- » noux, tête nue et mains jointes, en surpellis, et dessus » le bras gauche, l'aumuse , et est fait et taillé au vif , » tant à la taille que aussi des étoffés, et a ledit image » de hauteur , à genoux , quatre grands pieds ou en- » viron. »
Dans cette chapelle I environnée « d'un pan et cloison en bois » et garnie de deux portes de fer à panneaux , se trouve un sépulcre : c'est celui d'un membre de la famille de Brisay, l'une des plus anciennes du Poitou. Son écusson est foMé d'argent et de gueulez de huit pièce$^
Maintenant passons au delà de la porte de SaitUe-CroiXj que nous laissons à notre gauche» et entrons dans cette dernière chapelle^ renfermée , entre cette porte et le croisillon du sud , c< dans une cloison à criermne» et pillas- V très ; » elle est connue sous deux noms : d'abord sous celui du Crucifix, son premier vocable; il lui vient de « ce » grand image du crucifix fait et taillé dessus une grande » croix de lx)is, le tout tenant ensemble^ et qui est fort » vieux. » Ensuite on lui a donné par habitude le nom de$ ChambonSj en souvenir d'une famille connue , depuis plus d'un siècle qu'un de ses membres fut lieutenant général en la sénéchaussée de Poitiers , pour avoir donné à notre (Chapitre plusieurs chanoines et dignitaires. Maintenant encore l'un d'eux y possède une prébende : c'est Philippe de Chambon , abbé de Notre-Dame. Un Louis de Chambon fut notre sous-doyen en 1510; et un autre, abbé de N.-D. , par conséquent chanoine de la cathédrale, mourut avec ce titre en 1521 '. Lesdits chanoines
• Diction, des fam. du Poiiau , 1. 1.
nommaient à celle cbapellcnie, donl leur famille avait fait la foDdalion. Vous voyez qu'ils s'efforcent encore d'y faire preuve de leur zèle , car le travail des ornements qui la décorent est traité avec soin , et on ne peut que louer le bon goût de l'ouvrier qui exécuta naguère ces bases et ces chapiteaux , ces arquitanSf ces frises et ces corniches. Il nous reste encore à visiter la chapelle des Apôtres. — Nous y sommes : c'est celle qui forme le bras du transept correspondant à celui du nord. Une grille en fer de 27 pieds de large surmonte un accoudoir de pierre qui en ferme l'entrée. Une porte à deux battants développant une largeur de 9 pieds s'ouvre au milieu. La voici ouverte , entrons. — Tout d'abord vous apercevez la raison de son vocable; il lui vient de ces douze personnages nimbés ^ peints en pied et espacés quatre par quatre sur les trois faces latérales du croisillon. Leurs attributs désignent bien les apôtres, et leurs figures vénérables sont habilement traitées au vif et étoffées. On a placé dans cet intérieur deux autels. « Au premier en entrant y a une » contre table de pierre » et par-dessus deux images faits » et taillés en pierre» chacun dMceux de la grandeur de 4 » pieds et demi environ. L'un est de saint Tvesen habit » d'avocat, et l'autre de saint Louis de Marseille fait et n taillé en évêque avec crosse, mitre et chape, et au » reste en habit de cordelier, qu'il était, » et peint. — Saint Louis de Marseille , ainsi nommé du lieu de sa sépulture, est aussi nommé de Toulome, dont il mourut évêque en 1297 : il était né en 1274 et fut canonisé en 1317. La chapellenie qui lui est assignée ici est donc postérieure à trois autres qui y furent fondées ensemble en 1251 , avec obligation d'une messe qui s'y dit encore le premier vendredi de chaque mois.
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236 UISTOlUli: DE LA CATliËDRALË (4562.)
« Et à Vautre autel nous voyons trois inia^ges, tanl » d'évêques qu'archevêque, faits et taillés en plçrro, de » la hauteur de trois pieds et demi ou environ , et sont » richement taillés et étoffés, w
Mais voici encore une sépulture : c'est celle de notre évêque ïthier de Martreuil , qui siégea de 1393 à 1405 , et dont vous savez l'histoire '.
En voici une autre: c'est celle d'un grand chantre de Saint-Hilaire, Hugues Thomas, qui, par testament du 26 septembre 1251 , choisit ici sa sépulture près de son grand-oncle, Jean de Ménoc, qqi était mort chanoine de Poitiers. Il fonda près de cette dernière demeure l'autel de Saint-Louis, et trois chàpellenies qui y tiennent, avec trois messes par semaine. En 1392, Jean de Casdun, chevalier, y donna une rente de 12 liv. sur la grande dîme sise en la paroisse de Luzay, en Touraine, Ce monument funèbre respire uqe grande simplicité : c'est une forme en chevalet élevée à un pied du sol sur trois kéteaux de pierre.
Là aussi trois petites chaires destinées, comme celles de la chapelle Saint-André, aux conférences, âui( synodes et aux réceptions des docteurs.
Tel est dans tous ses détails ce beau vaisseau , dont vous voyez que la distribution intérieure, si noble par le plan, se trouve forcément embarrassée d'un foule d'appendices qui la dénaturent un peu. k mon avis, on se fût également bien pourvu des autels rendus indispensables par les besoins du culte , en les distribuant dans chaque travée sur une ligne uniforme, de façon à faire rentrer chacnn d'eux dans les six pieds de large qui mesurent
* ^. ci-dessus^ ch. xide celle 4« partie.
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réguUèiremenI chaque division de l'arcature. Le coup d'œil se (Ût Iroiivé moins blessé sans ces balustrades , ces grilles, ces accoudoirs, qui obstruent la belle étendue du déambulatoire, et font perdre au connaisseur qui apprécie les beautés architecturales l'unité de l'ensemble et la savante disposition des détails. C'est là un malheur dont, en général, on ne se garde pas assez dans nos basiliques; chacun , inspiré par un zèle pieux sans contredit, et fort louable en soi , mais mal dirigé^ s'imagine foii*e beaucoup pour la religion en y semant çà et là, au caprice de sa volonté sans expérience, les embellissements de son choix. Mais la religion , qui inspira avant nous l'exacte distribution de son temple, qui attacha une pensée à chacune de ses parties, qui les destina au déploiement de ses magnifiques cérémonies, voudrait bien aussi que la piété particulière, que le sentiment d'urîe dévotion personnelle cédassent à IMnfluence de ses enseignements, aux règles des arts qu'elle consacre, et que, tout en donnant à l'esprit un essor qu'elle approuve et encourage, on "ne méprisât point la matière façonnée et bénie par elle, jusqu'à lui suppléer les chétives conceptions du premier venu.
Maintenant nous compléterons notre course par rinspection des deux clochers , qui ne manquent pas de certaines particularités assez curieuses. Celui du midi, dont vous avezi-emarqué, au dehors, Vamortiment ciselé qui loi fait une joYie couronne , aussi bien que Vagtùille couverte en ardoises qui le surmonte, celui-là^ dis-je, renferme eibtre autres la grosse cloche; plusieurs autres de timbres variés son<t emménagées aussi dans celui du nord, ^^u'on appelle la tour Neuve, parce qu'il n'a été construit qu'après l'autre , et seulement à la fin du dernier
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siècle. Comme la première, vous l'avez vue coiffée d'un cône fermé de huit arêtiers , et revêtue de plomb jusqu'à cinq pieds au-dessus de la plate-forme; le reste de la hauteur est garni d'ardoises jusqu'à onze pieds.
Mais ces vides immenses que cernent leur épaisse enceinte ne sont pas inutiles. Trois de leurs étages abritent sous leur majestueuse hauteur les coustres et autres serviteurs de l'église. Vous voyez des bancs de pierre disposés , comme dans les châteaux forts, entre les deux tableaux des fenêtres hautes et étroites du nord , de l'ouest et du midi, garnies d'ailleurs de fermetures vitrées ; au premier étage de la tour Neuve, vous remarquez une cheminée pratiquée dans l'épaisseur de la muraille méridionale par une prévoyante mesure du premier architecte de l'église. Quelques-uns de ces appartements sontplanchéiés; d'autres n'ont qu'une espèce de lit de camp qui s'appuie sur des rainures ou entailles creusées de part et d'autre dans les murs^ et régnent dans toute la largeur de la pièce. Ces derniers sont le lieu de réunion des gardiens de nuit, qui s y relèvent par semaine au nombre de quatre , et établissent leur couche provisoire sur ces planches. Ce sont eux aussi qui sonnent YAngeliU et ferment et ouvrent les portes de l'église.
Après la description que nous venons de faire, et qui peut donner une idée aussi exacte que possible de l'état des lieux vers le milieu du xvi* siècle, nous arrivons au récit des scandaleuses fureurs qui en firent si promptement un théâtre de désolation et de ruines. Après avoir compté les richesses et compris la distribution du local, on suivra plus sûrement les dévastateurs dans tous les recoins qu'ils parcoururent; on appréciera plus complé-
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(45e2.) DE POITIEKS. 250
lementles dévastations dont les traces maudites durèrent si longtemps après eux.