‹ Histoire de la Cathédrale de Poitiers (volume 2)Chapitre 46 sur 98 · II · texte numérisé non relu

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ques jours^ mais auxquels on revient oonsciencieusement dès qu'on retrouve le loisir de le reprendre.

One cérémonie splendide, telle que la compagnie de Jésus :sut toujours en faire pour grandir Teffet du culte catholique^ eut Ueu à Poitiers le 5 juin 1728. L'Eglise, par l'organe du souverain pontife Grégoire ÎY, avait reconnu solennellement, en 1726, la sainteté de Louis de Oonzague , qu'elle donnait pour modèle et protecteur à la jeunesse chrétienne. Ce fut , au collège de Poitiers , l'occasion d'une fête de famille , à laquelle on associa la mémoire du bienheureux Stapislas Kostka^ autre novice de la même compagnie, mort à 1 8 ans, en 1 568, et béatifié en 1604. Tous les écoliers y prirent part, et furent à la cathédrale offrir une bannière sur laquelle flottait l'image des deux saints. Les clercs étudiants en philosophie et en théologie y assistèrent en surplis; les autres élèves formaient autant de compagnies que de classes , en tète desquelles marchait chaque régent , et représentaient, dans leurs habits d'uniforme, une milice dont on admirait le bon ordre et la précision. Le père ministre présenta la bannière au Chapitre et lui fit un c^ompliment. Cette bannière fut appendue dans la grande nef : plus tard, les deux toiles qu'on avait appliquées sur la soie de cet étendard^ en ayant été séparées, formèrent, dans deux beaux encadrements en bois sculptés, les deux jolis tableaux de saint Louis et de saint Stanislas qu'on remarque appliqués à l'entrée de la chapelle de paroisse, et dont M. Deschamps a renouvelé naguère le coloris et l'expression. — Comme il s'agissait des jésuites dans cette affaire^ les Nouvelles ecclésioîtiques y journal des jansénistes du temps, ne manquèrent pas d'en faire une ca-

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ricature, et d'y trouver prétexte à déclamation j contre <( rôstentatioQ orgueilleuse » des! religieux qu'ils déles* talent*.

Un arrêt du grand conseil du 26 août de cette année déchargea les cou très du service personnel. Depuis le temps déjà fort reculé où leur office avait été donné à des laïques^ et considéré comme une charge de servitude plulôt que comme un bénéfice ecclésiastique, leur titre était devenu héréditaire et pouvait se céder pour un prix. Par Tarrêt dont nous parlixis, ils purent encore faire recevoir à l'avenir par le Chapitre, ea leur lieu et place, des artisans de bonnes vie et mœurs, catholiques, et dont ils se portaient garants et responsables. Ils avaient une part égale aux distributions et autres revenus perçus dans l'église. Il o^en était pas aiusi pour les biens du dehors qu'Us possédaient à la campagne , sauf une prébende dont le gros était situé paroisse de Gençay, et dont les fruits se partageaient entre eux également. De 1448 à 1733, nos rois leur accordèrent plusieurs privilèges qui tendaient à ne pas les déranger de leur service et tournaient par conséquent à l'avantage du Chapitre. Ainsi ils étaient exempts de la taille, des aides et subventions extraordinaires , du guet et de la garde des portes de ville : ce sont tous ces privilèges que l'arrêt de 1728 confirma, en leur permettant de se substituer dans leurs fonctions des gagistes rétribués sur leurs revenus '.

Un Te Deim n'est pas pour notre histoire un événement des plus remarquables , quelque intéressant que puisse être celui qui l'inspirait. Nous allons parler ncan-

^ Nouvellet ecclés. du \" octobre 4728, p. 206.

* Mém. de Cousteau ^ dans D. Font., t. liv, p. 51 ut suiv.

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moins de celui qui fqtchanlé en t729 pour la naissance du Dauphin fils de Louis XV et père de Louis XVI , de Louis XVIII et de Charles X, Nous trouvons les détails de celle cérémonie dans une feuille " qui fut imprimée et répandue alors , el qui nous donne une physionomie complète de la cathédrale de Poitiers lors des réunions de ce genre.

Le prince était né' le 4 septembre. L'évèque étant absent, le Te Deum fut indiqué an 22 par M. deFoudras, son coadjùteur^ et le clergé de Saint-Pierre; auquel jour messieurs du corps de ville se rendirent à l'église cathédrale, précédés des gardes du prince de Conti , gouverneur du Poitou, des gardes et gagistes de l'hôtel de ville, velus de leurs casaques , de la compagnie des arts et métiers. Les trompettes et hautbois de la ville marchaient en lêle; le régimentde lamilice bourgeoise ellacavalerie,ayanl leurs armes hautes, bordaient les rues. La compagnie des arts et métiers entra avec messieurs du corps de ville, au son des tambours et trompettes , dans l'église, dont le frontispice était tendu et orné des armes brodées en or du roi, de la reine el du prince nouveau-né. Dans Tintérieur, et d'espace en espace^ on avait garni de tableaux les murs, qui étaient recouverts, comme les piliers, de tapisseries en laine. Messieurs du corps de ville et du présidial prirent dans la nef, de côté et d'autre, les places qui leur étaient préparées , le grand nombre des stalles occupées dans le chœur n'ayant pu donner encore Tidée, admise trop facilement depuis, de faire siéger les autorités civiles el

* Cérémonies el réjouissanceê faites en la ville de Poitiers à Vheureuse naissance de monseigneur le Dauphin, 4 p.. in-4**. Poitiers, 4729. — Bibliothèque do Ut ville.

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)a magislTâUire aux places que le cierge seul dcvail remplir. Le maire Jacques Degecnes tenait le haut bout du 43Ôlé des échevins; en tête du présidial était M. de Baus- «an , intendant de la province. Le Te Deum fut chanté eu musique, c'est-à-dire en faux-bourdon, par les choristes et instrumentistes du Chapitre , et non par une réunion d'artistes imaginant mille accords et variations au détriment des accents solennels et religieux qui distinguent l'église du théâtre. Le coadjuteur officia pontificalement au bruit des salves de l'artillerie; le régiment de Richelieu, en bataille sur la place, y réponditpar trois décharges de mousqueterie. Mais ce qui avait pour la Fr.ince pieu- :sement reconnaissante une tout autre valeur que ces démonstrations extérieures, c'était la piété intérieure , le religieux recueillement de celte assistance composée des hommes les plus éminenls par le savoir et la haute dignité de leurs charges , gravement tournés vers Taulel du Dieu à qui ils venaient recommander la patrie, gardant en sa présence, dont ils semblaient pénétrés, la contenance imposante qui honorait aux yeux du peuple réminence de leurs fonctions, et donnant à leurs administrés, à leurs justiciables, par leur silence respectueux dans le lieu saint, la seule garantie morale de l'intégrité de leur vie et de la justice de leurs arrêts.

Jean-Claude de la Poype, dont nous voyons le coadjuteur officier ici , el qui s'était employé avec zèle à orner son église, mourut le 3 février 1732, à son château de Dissay , devenu dès longtemps la résidence ordinaire des évoques de Poitiers. Prélat distingué par sa science, son 2èle, sa piété el sa générosité bienfaisante, il avait tenu le siège épiscopal pendant trente années, et disparaissait 4e la vie à 77 ans, emportant la réputation que ses lalenls

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et son caractère lui avaient faite. La beauté de son caractère fut consacrée par une épitaphe dont le beau style était digne de lui. Gravée sur ta pierre plate qui scella sa tombe dans la chapelle des Evêques^ cette pièce mérite d'autant plus d'être reproduite qu'on ne l'y trouve plus depuis longtemps :

HIC [JACET ILL"* AC R''* IN D"** DD. JOANMES CLAUDIUS DE LA POYPE DE VERTRIEU EPISGOPUS PIGTAVIEHSIS LUGDUNI COKES ET VIGARItJS GENERALIS.' GBNTIS NOBILITATE CLARUS , HERFIIS GLARIOR. AD EPISGOPATUM PROVECTUS OMNIS GOBIMODI IMUEMOR « NON SIBI SED GREGI VIXIT PASTOR BONUS; PAUPERUM PATER y UT EGENOS SUBLEVARET IPSE FACTUS EGENUS.

DOHUS DEI DEGOREM SUMMÈ DILEXIT HUJUSQUE SANGTUARII RESTAURATOR MUNIFICENT^'. LITTERAS MRIFICE COLUIT :

UNIVERSITATIS BENEFAGTOR INSIGNIS.

DIGNUS HILARII SUGGESSOR HifiRESIH FORTITER DEBELLAVIT.

SUPERATA TEBfPORUM INFELIGITATE , UNA FUIT PASTORIS OVIUMQUE FIDES , NEC TAM IMPERAVIT QUAH SUASIT.

NE NOS RELINQUERET DESOLATOS

COADJUTOREM ELEGIT

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