REQUIESCAT IN PAGE
Jérôme-Louis de Foudras de Conrcenay élalt neveu de la Poype; il lui succéda par son litre de coadjuteur, qu'il avait reçu avec celui d'évêque in partibus de Thlae, en Lycie (Tloanensis). Un mois après la mort de son oncle, il fut mis en possession, par lettres de Louis XV, du temporel de Tévêché de Poitiers. L'habitude était prise par un si grand nombre de ses prédécesseurs de contester au Chapitre la dette des ornements et du luminaire, qu'il ne se hâta pas plus qu'eux de s'acquitter. Une transaction au détriment de Féglise termina encore le différend, et il paraît probable que de concession en concession les chanoines, dont la fermeté se ressentait du relâchement imprimé dans ce siècle au régime des affaires, ecclésiastiques, auraient fini par fte recevoir plus qu'une somme insignifiante, et bientôt peut-être par abandonner tout, au grand dommage du culte et du Chapitre lui-même. On tint cependant à la grosse cloche, qui, étant cassée, devait être refaite à la charge du prélat. Elle fut donc fondue par ses ordres en 1 734, et rend encore tous les jours un sonore témoignage qu'en cela du moins son parrain ne tarda pas trop à remplir ses obligations \'
Les fondeurs, par un marché passé le 13 avril, s'engagèrent à rendre la nouvelle cloche d'accord avec la moyenne, dite deSainl-Àndré; tous les frais de construction des fourneaux , de fonte et de pose dans la grosse (our,
• Gartoo de D. Font. , f"n«55; - Dreux-Duradier , t. iv, p. 458.
• V. la description de cette cloche , ci-dessus , 5* part. , ch. 25.
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outre la fourniture du métal, furent à la charge de l'évèque, qui s'engagea à loger et nourrir, pendant tout le temps que devait durer l'opération , les deux fondeurs et leur cheval , puis à leur donner 600 livres après la parfaite réussite constatée par des experts. Le tout s'ac* complit dans ces termes^ et la cloche fut baptisée dans les premiers jours de juillet*
Bientôt après, en 1735,1a salle capitulaire fut boisée et garnie d'armoires pour y établir les archives, comme nousVavons raconté, 3* partie, chapitre xxy. On passa aussi pour 7 années un marché avec René Gon , couvreur, pour l'entretien des toitures , moyennant une ^somme annuelle de 150 livres*.
L'évêque reçut à la tête du Chapitre en 1739, et complimenta à la porte de l'église, où elle venait entendre la messe. Madame première, fille de Louis XV, qui se rendait en Espagne pour y épouser^ âgée seulement do 13 ans , l'infant don Philippe '.
Il paraît, par un état des reliques possédées par l'église cathédrale de Poitiers vers 1740, qu'on y conservait encore celle si souvent mentionnée des barbes de saint Pierre, et qu'alors depuis fort longtemps les évoques prêtaient serment sur le reliquaire qui les contenait , au jour de leur prise de possession, aussi bien que les chanoines lors de leur installation au Chapitre K Mais œ ne devait plus être qu'une portion de l'ancienne relique que nous avons vu profanée en 1562, et dont peut-être on avait pu ensuite recouvrer quelques débris , comme on l'a vu de tant d'autres.
A en croire le comédien Beauménil , dont le métier
* Archiv. de la préfecture de la Vienne , liasse 456 , calhédrale. ' Reg. de VMt. de ville ^ D. Font., t. ixxni , p. 84.
* Mém. du chan. Cousteau , p. 26.
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était plus la vocation que l'archéologie, on aurait vu en 1747, dans les jardins de l'évêché, des sculptures chevaleresques dont il donne les dessins bizarres, et qu'il conjecture avoir été tirées de quelques tombeaux de la cathédrale; puis ils auraient disparu avant 1782, année de son retour à Poitiers. Les images que le voyageur donne de ces fragments accusent tout d'abord, aux regards des connaisseurs, une de ces mille fourberies auxquelles l'artiste ambulant nous a accoutumés. On n'y rccpnnatt les caractères d'aucun siècle de la sculpture française ou étrangère, et Ton se persuade une fois de plus, en les examinant, que l'hisiorien-dessinateur n'a pas été plus fidèle cette fois que lorsqu'il a voulu représenter notre labyrinthe et en déterminer les dimensions d'après l'épure que nous avons reproduite (planche I"). Cette assertion est donc un des mensonges gratuits d*un homme qui s'était fait, on ne sait pourquoi, un rôle hostile à la science de l'histoire, et dont les élucubralions iconographiques ou écrites ne méritent aucune croyance '.
Foudras avait restauré , dit-on , la chapelle des Evoques : nous ne savons en quoi consistèrent ces réparations, qui ne purent être que des peintures murales ou quelque enrichissement aux autels. C'est là aussi qu'il reposa après sa mort, arrivée le 13 août 1748, à 63 ans '• Le 11 février 1749, son oraison funèbre fut prononcée, en présence d'un immense auditoire qui remplissait les vastes nefs de l'église, par Zacharie Guillot, chantre de Sainte-Radégonde. Son inscription funéraire, placée sur
* Msê. de Bcauménil , p. 27, bibliothèque de la ville de Poitiers.
• l>e 43 août est la date que poite son épitapho, transcrite par D. Fonteneau, quoique Dreux-Duradier et Du Tcras, qui le suit pas à pas, écrivent le xiv.
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394 HJSTOJKË DE LA CATHÉDRAf.E (4750.)
sa tombe dans la chapelle des Evoques, à droite de Pautel^ portail les détails suivants, rendus avec une élégance qui ne souffre rien de la concision exigée par ce genre d'éloge :