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402 niSTOIlti: DE LA CATHÉDRALE (4770-1770.)
puis revenir. Mais enfin 1831 perfectionna le vandalisme. Des esprits forts, qui avaient gardé un roi en attendant qu'ils pussent se défaire de la royauté, se rappelèrent ces insignes innocents, dont Texistence respectée n'eût rien ôté probablement au bonheur de la France; ils se députèrent au nom de la population pour en demander la destruction immédiate , et, sur le refus du vénérable chef du diocèse, qui ne crut pas devoir ordonner lui-même cette espèce de sacrilège , ils se chargèrent de l'accomplir, et celte fois on vit tomber sous le ciseau d'un manœuvre les ornements qu'un prince déshonoré n'avait pas le courage de défendre...
Enfin, de 1771 à 1783, les travaux ne discontinuèrent point, et les dépenses faites pendant ces douze années, sous la surveillance soit de MM. d'Argence et de la Faire, soit sous celle de MM. Nicolas, de Cressac et autres membres du Chapitre , s'élevèrent à 119,078 livres i5 sols. — C'était bien près des 125,000 livres faites par les dons du roi et par la caisse capilulaire. Pour simplifier ici nos détails, et ne rien omettre cependant de ce qui appartient à l'histoire de notre église , nous allons rapprocher tous les articles de ce compte général des chiffres qui s'y rattachent.
4770. — 42 avriL — Marché pour la boiserie du sanctuaire et la peinture des stalles : on sculpte en culs-de-lampe le bas des colonnes tronquées au-dessus desdites stalles ; on place ail chœur ses deux portos de fer latérales ; on répare les mutilations faites aux stalles; on place an fond du chœur les armes de France ; on commence les réparations d'une partie de la charpente^ pour la somme de 40,655 liv.
La seconde cloche fut refondue pour le prix de 5,C74 liv.
4774. —20 mars. — Le fattage est couvert en cuivre rouge, pour le prix de 5,522 liv.
4775. — Réparation complète des vitraux , 45,667 liv. 7 s. ; — on re-
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fait le pavé eo entier; Vei^irepreneur peut se $ervir âe$ pierres qu'il jugera âsa tfORoetiance, d'où a dû résulter la perte' d'ao grand nombre de pierres tombales. — 9,260 liv.
4776. — Démolition des sacristies ^ autels et autres bors-d'œuvre espacés dans les collatéraux et le déambulatoire, 3,400 liv. — Construction de la petite sacristie le long du mur septentrional.
4777. — On place les deux grilles qui séparent le déambulatoire des collatéraux , 4,000 liv. ; —on répare le parvis , on refait les marches des trois perroitf qni y donnent accès, 498 liv. 10 s.; — on garnit de fils de fer les fenêtres du nord , 2,255 liv.
4778. — On établit la tribune pour Torgue. Un premier projet mentionne une balustrade en fer au lieu de celle de pierre qui s'y trouve , et un pavage complet en pierres de taille au lieu du plancher, 42,000 liv. — On répare et rejointoie les voûtes de quelques travées des deux ailes et celles des chapelles des Ëvéques et des Apdtres , 255 liv. 45 s. 6 d.
4780. — On pose la balustrade en pierre du .pourtour intérieur, 5,000 liv. ; — on garnit de vantaux les portes des chapelles des Ëvéques et des Apdtres qni communiquent avec leurs escaliers ; on construit ou plutôt on dénature les chapelles de la Madeleine et de Saint-Laurent; on pose au jubé une balustrade comme celle du pourtour; on plaque les deux autels nouveaux en marbre d'Angers , 8,850 liv. — Le menuisier Favre fait et place an-dessus de la corniche des stalles et de la boiserie du sanctuaire les 48 ridicules vases en bois , pour lesquels le Chapitre paye 524 liv. , à 18fr. chaque.
4784. — Les vantaux des portes d'entrée sont repeints par Hérol, grenadier du régiment de Conty , en garnison à Poitiers. — 278 liv.
4785. — Les colonnes de l'autel de la Sainte- Vierge sont mastiquées et nettoyées. — On ne pouvait pas songer encore à plaquer cette abside du hors-d'œuvre qui le masque depuis cinquante ans.
9 avril. —Marché avec Antonio Rainerio, Italien milanais, et ses compagnons « de présent dans cette ville , » qui s'engagent de « bien nettoyer et balayer tous les murs, voûtes, piliers et chapiteaux ; de fair» tons les joints qui seront ouverts, à bon mortier de chaux et de sable ; de fermer tous les trous qui paraissent inutiles , de blanchir ensuite à deux couches, même à trois^ si besoin est , conformément à l'échantillon qu'ils ont fait sur le mur derrière la chaire ; de couper tous les joints en couleur de ciment. » — Le tout fut fini avant la Toussaint, coûta 4,000 liv. ,
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404 HISTOIRE DE U CATHÉDRALE (4770-in6.>
plas 450 Hv. de pot-devin, 40& liv. d'échelles. -— Pendant ropératioD^ ont tint des toiles tendues au-dessns de tous les autels*
Quelques membres du Chapitre conlribuèrent de leurs deniers à l'embellissement de l'église et au renouvellement de son mobilier. Parmi eux, on doit remarquer surtout MM* Lecarlier, chanoine, qui ût faire et donna le grand autel en marbre que nous avons encore, avec le tabernacle qui l'accompagne , et Babereuil , doyen, à qui l'on dut les six grands chandeliers qui parent ce même autel, et un magnifique soleil en argent pour les bénédictions du Saint Sacrement. Ces derniers objets valaient mieux que le premier, dont la forme assez lourde manque d'élégance et se marie assez mal, d'ailleurs, à l'architecture qui l'environne-
Une foule d'autres petites dépenses furent ajoutées à celles-là, et prouvent en quel piteux état la malheureuse église languissait depuis longtemps. La bonne volonté ne manqua point au zélé de Tévêque , dont Tavénement fui marqué par celte active sollicitude. Tout laisse qroireea effet qu'il fut Tinstigaleur des mesures prises pour réparer tant de désastres, et que le Chapitre fut conduit à solliciter la munificence royale par Tespérance d'un succès que la faveur du prélat pouvait assurer. Il est regrettable qu'on ait alors méconnu de glorieuses richesses remplacées par des œuvres sans goût ni convenance; et si les bonnes, intentions ne pouvaient pas innocenter pour de telles fautes des hommes que semble excuser d'ailleurs la fâcheuse ignorance d'une époque où toutes les traditions de l'art chrétien s'étaient perdues, on en chercherait l'expiation dans les divisions malheureuses dont ces travaux devinrent bientôt , entre l'Evêque et le Cha-
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<4770-l776.) DE POITIERS. 405
pitre , la cause ou le prétexte. Mais le scandale ne fut jqu'un mal de plus, et si Téglise matérielle perdit de sa gloire en de telles mains, combien Téglise véritable, dont elle n'est que la figure , est-elle plus justement contristée des discordes de ses enfants !
Avant de nous y arrêter, en reprenant la suite des faits historiques, parlons d*uii événement qui fut à Poitiers une douleur publique, et dont notre grande nef a gardé j usqu'à ce jour des signes mémorables.
Il faut remonter pour cela à 1764. Cette année, le 3 avril, mourut, avantd'avoir touché àsa41'' année, Mme de Blossac, épouse du comte de la Bourdonnaye de Blossac, intendant du Poitou. Née d'une famille distinguée par son illustration^ elle se fit admirer comme fille, comme mère et comme épouse , relevant les vertus de son sexe par une piété douce et fervente, se vouant à la direction de toutes les bonnes œuvres; elle disparut de la terre regrettée de tous. Sa charité, qui s'étendait sur tous les pauvres , n'était point restée insensible aux besoins du culte divin , et ce fut pour reconnaître ce zèle , dont il avait éprouvé souvent la munificence, que .le Chapitre voulut donner à sa dépouille mortelle un lieu de repos dans notre église. Après le service funèbre, qui y fut célébré le lendemain de son décès , la sainte femme fut déposée au pied des marches du sanctuaire ^ sous une dalle de marbre noir où se lit, encore assez péniblement cette épilaphe qui s'efface tous les jours :
AD MEMORIAM CLARISSIMiG DD^. D^ MAGDALENiE
LUDOVlCf: CAROLiE LEPELLETIER DE LA HOUSSAYE,
CLARISSIMI DD. PAULI SPIRITUS MARliE DE LA BOURDONNAYJS
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COMITIS DE BLOSSAC , APUD PICTONES PROVlNCÏiE PRjEFECTI, UXOKIS DIGNISSIMiE ET DILEGTISSIMiE.
A GENERE HABUIT NOMEN AMPLISSIMIS MUNERIBUS ET HONORIBUS ILLUSTRATUM; A NATURA ORIS ET SERMONIS DIGNITATEM. MORUM SAIiCTIMOIfliE PAREILS Afi INSTITUTIONE ARTIUM MULTARUM EXCELLENTIAM MORUM PERITA^ HOMINUM INTELLECTUS JUDICIO PERSPlCAX ANIMO TAMEN LONGE PRiBSTANTIOR EXTITIT.
m EXQUISISSIMA UJiBANITATE PRISGI MORIS FEMINA GANDORE,PIETATE,OBSEQUIO,CARITATEFILLfi,CONJUGlS,MATRIS NOMEN SUSTINUIT, VICES OBIIT , OECUS OBTINUIT. PLB GENITRICIS PLURIES OEBATiE AMOR ET SOLATIUM^ INDiyiBUI CONJUGIS CONJUX AMANTISSIMA* CONNUBIO FELIX, IV FILIOS TOTIDEMQUE FILUS DEO ET PATRL£ FELICITER EDUCAVIT; AT QUJB PRIMA CURA FUIT ET SUPREMA SANCTiE RELIGIOmS.
fibe simplici et ingoncussa, spe humili, ferventl charitate alumna plissima, cultrix indefessa, filia amabilissima* orationi ii^tenta , sacile biensie frequentissima ita ad aras affixa
ut extaret spectantibus divlnie priesextle argumentum. pus quibuscumque operibus priesentia , opibus^ exemplo presidere...
hanc sibi, prefecti sponsi ;emula^ priefegturam deputa vit
tot virtutibus tempestivam. goelo, funeri immaturam,
(quanto omnium ordinum luctu et desiderio!)
priepropera mors ex oculis abstulit , ex animis
auferet nunquam.
die 3* aprilis anno salutis it6v, ^tatis fere 41.
tristes reliqule ut apud se requiescerent
insignis hujus ecclesiie canonigi vôto communi petierunt.
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(1770-1770., DE TOITIEttS- 407
Cet éloge complet d'une vie si recommandable fui avoué de lous ceux qui counaissaient Mme de Blossac. Mais on a foulé ce marbre depuis 86 ans; les caractères disparaissent, et il est temps qu'on en renouvelle le tracé, SX Ton ne veut pas perdre une œuvre épigraphique aussi précieuse par la mémoire de la femme éminente qu'elle doit perpétuer parmi nous , que par le style élégant et ringénieuse tournure qui en font un modèle du genre.
M. de Blossac ne se contenta point de cette expression de la douleur commune; il voulut aussi exprimer la sienne : sur une plaque de marbre blanc encadrée de marbre rouge, et fixée au pilier voisin , à droite au-dessus du bénitier, oa lit encore cette inscription, dont les lettres dorées en creux sont restées parfaitement intactes :