‹ Histoire de la Cathédrale de Poitiers (volume 2)Chapitre 61 sur 98 · II · texte numérisé non relu

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qui ne fut terminée qu'en 1811 , on lit au-dessous de la traverse de la croix de fer qui surmonte la toiture actuelle du clocher le millésime de 1805. C'est que celle croix fut conservée et replacée après la fin des travaux : elle avait été donnée , en effet , par une personne charitable, lors de la mission prêchée à la cathédrale pendant le jubilé de 1805. Le Chapitre, qui tenait à ce souvenir, voulut qu'il fût replacé en son lieu.

L'église , n'ayant pas encore de dotation fixe sufiisaQt à toutes les exigences du culte , ne faisait point alors les frais des cérémonies extraordinaires demandées par le gouvernement. Ainsi, quand eut lieu, en 1810, le service du maréchal duc de Montebello, tué à Wagram, un catafalque fut élevé au milieu de la grande nef par les ordres du préfet. Celui-ci en écrivit ensuite à la mairie pour le payement des frais ; mais la mairie renvoya à la préfecture, qui, en définitive, dut payer, et s'exécuta *.

L'orgue , à force d'être oublié, allait s'endommageant toujours plus. Le gouvernement alloua à son profil ud crédit de 2,157 fr. Mais la politique du préfet, qui le portait moins vers les œuvres modestes que vers celles qui pouvaient signaler son administration , goûta peu cette générosité, et s'efforça d'en changer la destination. Les évéques de Poitiers , depuis 1803, n'avaient eu qu'un logement provisoire dans l'ancien archidiaconé de Thouars, voisin de la cathédrale, pour lequel la ville payait annuellement 3,000 francs. Le préfet, pensant donc w que l'orgue n'était pas pressé, puisqu'il servait le! qu'il était, » s'imagina d'employer les 2,157fr. à l'achèvement de l'évêché, installé depuis 1806 dans une portion

» Reg.de la fabrique , p. 6.1 .

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de l'ancienne abbaye de Sainte-Croix. Le 1 0 mars 1 811 , la fabrique réclama, secondée par M. de Saint-Sauveur, évêque nommé; le ministre jugea comme eux , et il fallut que l'orgue reçût les améliorations convenues. Soufflets, porte-vent, tuyaux, au nombre de 3,215, tout était sale, percé, et dans le plus mauvais état possible. On fit venir d'Angers, pour y remédier, un certain Nyssen, élève d'un nommé Dallery, de Bordeaux; il avait travaillé lui-même à l'orgue 25 ans auparavant. Il le connaissait d'autant mieux; aussi fut-on content de son opération, qui dura jusqu'au 24 septembre 1 81 3, et futle 25 acceptée par MM. François Véron et Maresse.

Peu de temps après, furent réparés la voussure de la porte intérieure de la tour Neuve et l'escalier qui mène à l'orgue et à l'horloge. Les voussures et le tympan du portail de la Vierge reçurent aussi quelques consolidations. Sur la demande de M. de Moussac , vicaire général capitulaire, on accorda pour ces travaux une somme de745fr.

Quelques rentes, dues autrefois aux fabriques des églises Saint-Michel, Saint-Savin, Notre-Dame-la-Petite et Saint-Simplicien , furent octroyées à celle de Saint- Pierre par décision du ministre des cultes du 1 3 septembre 181 1 . Mais on ne put parvenir à les faire rentrer, et les difficultés , qui se traduisaient toutes , sous divers prétextes, en fins denon-recevoir, furent telles , que le trésorier, las enfin de démarches inutiles, demanda décharge, et déclina à cet égard toute responsabilité. Les rentes furent donc abandonnées ". Ce fait prouve, avec une foule d'autres , combien les rapines légales qu'auto-

* Beg. delà fabrique , f** 44 et 12.

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risent les révolutions sont presque toujours irréparables. Quelque illégilime que soit la possession aux gens qui s'en sont arrangés d'abord , ils se familiarisent avec elle, ils trouvent^ un titre suffisant dans la sanction que les méchants donnèrent à leur injustice, et bientôt le temps arrive où l'affaire ne relève plus que du tribunal de Dieu, contre lequel on ne prescrit pas...

Le gouvernement eut en 1813 la bonne pensée de chercher dans les psalettes des cathédrales une pépinière d'artistes en qui les premières notions de la musique dévelopassent le sentiment de Fart , et qui bientôt devinssent capables de le cultiver avec succès. Une lettre de M. Bigot de Préameneu, adressée aux évoques le 7 avril de cette année, réclamait leur avis à cet égard, et promettait des secours aux chapitresqui adopleraientce projet*. Celui de Poitiers en comprit l'importance, et songea à donner à sa psalette une organisation qui lui manquait depuis la perte de ses revenus. Les^nfants de chœur , qui n'étaient qu'au nombre de six , furent augmentés de deux autres; on les conûa au sieur Giraud, l'ijn des serpentistes, qui s'engagea, moyennant un traitement fixe de 240 francs, à leur enseigner, en deux classes par jour de deux heures chacune, la lecture , l'écriture, le calcul, le plainchant et le catéchisme. Il devait les surveiller en outre pendant le reste du. temps, les conduire aux offices, et les en ramener chez lui jusqu'au soir '.

Deux ans après , l'œuvre des séminaires préoccupant l'administration diocésaine , on crut que parmi les enfants de chœur pourraient se développer quelques voca-

• Arch. deCêcéchéf cathédrale.

• Reg. de la fafn^ique , T' 12.

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lions qu'il étail bon d'encourager, et afin qu'Us pussent, tout en faisanl le service de la cathédrale , se disposer aux cours des écoles secondaires ecclésiastiques, on arrêta quUls joindraient désormais à leurs études celle de la langue lalitae. En conséquence, M. Peslre, vicaire de Saint-Pierre, auquel la fabrique donna un supplément d'honoraires de 200 fr. , devint leur maître de latin ; un séminariste^ M. Guy, lui succéda en 181 7. Hais on s'aperçut enfin que le système adopté ne parvenait qu'à faire des latinistes peu remarquables; la multiplicité des objets d'étude et les distractions fréquentes de leur emploi spécial mettaient trop d'obstacles nécessaires à des progrès réels. Le premier matlre reprit donc ses fonctions en les restreignant dans leur cadre primitif. En 1 821 , on jugea convenable d'augmenter son logement; on porta au budget de la fabrique 160 fr. de plus, ce qui éleva ses appointements, y compris ceux qu'il recevait comme serpentiste, à une somme totale de 1 ,000 fr. La psalelte vécut ainsi sans modifications remarquables jusqu'en 1842. M. Guitton, étant venu alors occuper le siège de Poitiers, fit porter à douze le nombre des enfanta de chœur, mais six d'entre eux restèrent seuls titulaires : les autres ne furent considérés que comme surnuméraires et destinés à remplir les places vacantes à mesure que chaque enfant sortirait de la psalelte, où son séjour doit être de sept ans. Le sieur Giraud, que ses longs services avaient fatigué, abandonna alors la direction de l'œuvre , qui devint une annexe de Técole cléricale. Dans le local occupé alors par celle-ci , une classe particulière fut assignée aux enfants de chœur, à qui un des prêtres de la maison , M. Paterne , fut donné pour surveillant et professeur. M. Roche, nouveau maître de chapelle, leur

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502 lUSTOlRE DE LA CATHÉDRALE (4814.)

enseigna le chant. Toutefois ce régime mixte ne put convenir longtemps. On essaya d'un autre, qui consista à joindre la classe des enfants de chœur à celle des frères qui dirigent les écoles primaires de la paroisse Saint- Pierre. Un local leur fut bâti à cet effet dans l'enceinte de récole de la rue Barbate en 1843. Ils y sont encore. Tel est rbistorique de notre psalette , sur laquelle nous n'aurons plus à revenir.

De grands événements se préparaient depuis 1812. La retraite de Russie avait fait prévoir la chute du pouvoir impérial , et Napoléon hâtait sa perte en mettant sa politique à la place de la Providence, qui n'avait plus besoin de lui. Le pape Pie VII, captif à Fontainebleau^ venait enfin d'en sortir le 23 janvier 1 81 4 , et retournait dans ses Etats, que lui rendait forcément l'empereur^ aussi embarrassé de son prisonnier que des succès des puissances alliées liguées contre la France. Le Chapitre arrêta qu*on ferait pour Yheureux voyage du souverain pontife des prières publiques. Elles attirèrent chaque jour un concours immense dans l'église cathédrale, du l*' au < 5 février '. Mais, avant que celles-ci fussent finies, les armes de Napoléon , abaissées devant celles de ses ennemis, forçaient l'empereur à solliciter Tassistance d'en haut. Un mandement de M. de Saint-Sauveur ordonna des prières pour la paix, qui ne tarda pas à arriver... *car cette même basilique , où retentissaient les accents de la pénitence et les supplications de la crainte , répétait, deux mois après , toute pleine d'un peuple enthousiaste et ivre d'une joie inespérée, les chants d'action de grâces proclamant le retour des frères de Louis XVI.

Eeg. des qctes capi( , , p. 75.

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Avec les Bourbons , sur lesquels on comptait tant pour le bonheur de la France, et dont les fautes ne peuvent effacer les bonnes intentions, la religion, plus libre, semblait devoir refleurir; le sentiment religieux, moins contraint, retrouva son élan dans les hommes restés fidèles à la vieille foi de saint Louis. C'est à cet esprit qu'on dut à Poitiers l'établissement de la dévotion au Sacré-Cœur, en réparations des crimes de la révolution. Elle fut sollicitée en 1815 par une adresse aux vicaires généraux capitulaires, signée des principales autorités , des chanoines et des curés de la ville. On fit droit à cette pieuse demande. La chapelle des Evéques fut attribuée à la confrérie, inaugurée le 25 août 1817, et le second dimanche de juillet indiqué comme le jour de la fête solennelle. H. de Bouille, par un mandement du 20 avril 1824, confirma cette érection , et régla par un dispositif nouveau le rit et les détails liturgiques de la fêle, qui fut élevée au degré de solennel majeur.

liO tableau tronqué de la sainte Vierge honorée par saint Hilaireet saint Fortunat, placé à l'autel de la chapelle des Apôtres, avait contre lui, outre le mauvais état de sa toile, le caractère de réprobation que lui avaient imprimé les outrages révolutionnaires. Les teintes tricolores dont les deux évêques s'y étaient vus couverts n'étaient plus de mise, et il est vrai aussi qu'il était peu d'accord avec le vocable récemment donné à la chapelle. On le remplaça donc par celui qu'on y voit maintenant, et que M. Hivonnait père, artiste de Poitiers, composa sur les données du Chapitre et du conseil de la confrérie. Il représente t sur une vaste toile de 4 à 5 mètres de haut sur 3 de large, la religion à genoux montrant le cœur de Notre-Seigneur aux fidèles. Du calé opposé , la ville de

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504 HISTOIRE DE LA CâTHÉDRâI.E (4846-1847.)

Poitiers, qui n'est plus qu'à moitié agenouillée, se lève et

s'élâncevers l'objet de sa dévotion, rayonnant dans un ciel

peuplé d'anges adorateurs. Les deux personnifications se

reconnaissent à leurs attributs, et la dernière surtout à

son écursson au lion pimpant de gumle$ mr champ d^ar-

getU. Au second plan s'aperçoit l'église cathédrale, vue

de face, et une partie du quinconce dont les beaux arbres

abritaient alors la promenade du côté nord. Ce travail

manque de chaleur et de coloris , mais il y a du dessin,

èl l'aidée première en est bien conçue. Les dimensions de

la toile lui donnent d'ailleurs une apparence grandiose.

Cinq ou six autres tableaux de grande mesure

étaieat alors appendus dans les collatéraux ; nous n'en

savons point la valeur, mais ils devaient produire on

effet détestable en ressortant sur les murs d'enceinte , au

détriment de l'architecture dont ils cachaient les détails

' d'ornementation. Quelques personnes eurent le bon

goût de faire remarquer cette faute, et réclamèrent

l'éloignement de ces peintures , d'ailleurs de fort mauvais

akM, dit-on, et le Chapitre les fit enlever. Ils furent

donnés à quelques pauvres églises; tout le monde y

gagna'.

Le lundi de Pâques de Tannée 1816 se fil la procession da Çleft^ abandonnée depuis 1703. On la renouvela jusqu'en 1830; l'a reprendra- t-on quelque jour?

En 1 81 7 , une personne bienfaisante , qui ne voulut pas être nommée, offrit des fonds pour le tabernacle du grand autel , dont la dorure était en fort mauvais état aussi bien que ses gradins. Pendant que s'accomplit cette réparation, l'office canonial se fit devant la chapelle de

* Reg. des actes eapil., f* 8C,

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(4890.) DB POiTIKRS. 505

la Sainte*Vierge , dans le déambulatoire. De cette année date aussi la coutume observée jusqu'à présent de réunir pour une messe solennelle, le dimanche qui suit le 8 décembre, toutes les congrégations de la ville dans la chapelle du Sacré-Cœur, où se célèbre leur fêle patronale de l'Immaculée Conception de la sainte Vierge. Ce pieux usage s'établit à la demande de l'association des chevaliers de Saint-Louis ".

Une disposition nouvelle fut ajoutée au chœur en 4820; et ce fut une inspiration malheureuse, puisqu'elle en dénatura le grand caractère. Nonobstant les anciens usages de l'église qui plaçaient l'évoque à la tête des chanoines, à Poitiers surtout, où il était installé en qualité de l'un d'eux, M. de Bouille voulut avoir son siège au fond du chœur^ €t tenir le milieu entre les deux rangs des stalles : c'était rompre une tradition de plus, et ouvrir une voie qui désormais serait naturellement suivie. Depuis que les évèques s'étaient séparés en quelque sorte du reste du clergé, en s'isolant de lui pendant les offices sur une chaire à part destinée aux seuls offices pontificaux, on n'y avait gagné qu'un peu moins de simplicité dans les mœurs de famille qui faisaient le cliarme des premiers temps^ Chez nous , on gagna autre chose : ce fut d'enlever à l'œil , qui delà porte médiane pénétrait jusqu'à l'autel absidal, la perspective de ses colonnes > de ses modillonsetdo ses frises. On ne vit plus dès lors devant soi que des lignes coupées et interrompues^ et à la place de la belle grille, dont un tiers fut obstrué, on fut réduit à contempler la charpente massive d'une mau-

* Reg. des actes capU , f"* 9\ .

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vaise copie des formes et des dossiers gothiques qui prolestent contre elle'.

Nous voyons la fabrique décider , dans une assemblée du 15 janvier 1821 , que les travaux de réparation ou d'entretien dont le prix dépasserait 300 francs seraient adjugés au rabais, et, au préalable, déterminés par un architecte v De ces deux mesures, cette dernière élail bonne comme garantie ; la première se justifie par Pusagede toutes les administrations; mais quiconque a pu voir comment sont exécutés la plupart des travaux entrepris de la sorte est convaincu qu'on y perd toujours ce qu'on' y croit gagner. La précipitation , la mauvaise condition des matériaux , la fraude même, sous toutes ses formes possibles , sont maintes fois le seul avantagea un marché conçu sur de telles bases. Dans notre opinion, un marché à forfait, discuté par gens entendus, et entouré de toutes les sauvegardes possibles, a sans contœdil de meilleurs résultats.

Quoi qu'il en soit, cette décision de la fabrique indiquait une certaine amélioration dans l'état de ses revenus. Outre une allocation annuelle faite au bas chœur, on espérait pour un terme prochain un revenu fixe affecté à rentretien matériel des bâtiments. L'ordonnance royale qui réalisa ces fonds fut rendue au mois de décembre, el affecta 3,000 francs par an à cet objet. C'était peu, et bien en deçà des besoins; mais enfin un emploi intelligent de ces modiques ressources parerait certainement à de fâcheuses détériorations...

* Reg. des actes capiL, 20 juillet 4820.

• Reg. de fahr., f"240.

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(4824.) DE POITIEKS. 507

Malheureusement celte insuffisance s'augmenla en 1830. La révolution], qui avait placé à la tète des affaires un gouvernement à bon marché, fit bon marché aussi de ses engagements avec l'Eglise de France. Les indemnités au bas chœur furent réduites ; celles d'entretien diminuèrent d'un tiers , et forcèrent de négliger des soins indispensables à une bonne conservation.

Revenons à 1821 • La toiture avait besoin de renouveler quelques pièces de volige; on y consacra 1,230 francs; quant à la charpente, le même architecte qui l'avait renouvelée en grande partie en 1770 Igi retrouva aussi bonne qu'alors. Le Chapitre n'avait donc pas en ce temps accepté le travail sans connaissance de c^use.

Au mois de mai fut présenté à la fabrique le plan, dressé par M. Hivonnait, des fonts baptismaux qu'on se désole avec raison de voir à l'entrée du bas côté sud; hors-d'œuvre détestable, temple païen où le plâtre du plafond, du fronton et des corniches, s'associe mal au marbre des colonnes ; dont la condamnation est prononcée depuis si longtemps, et dont l'exécution tarde trop. M. Hivonnait, meilleur peintre qu'architecte, composa aussi le tableau plaqué au fond de ce bizarre édifice, et qui , sans valoir celui du Sacré-Cœur, a cependant quelques bons détails : c'est le baptême de Clovis par saint Rémi : les costumes n'ont pas plus de fidélité que n'en avaient alors les types historiques; l'effet général est mauvais, et se dépouillerait de plusieurs défauts s'il n'était pas nécessairement placé trop près du spectateur.

Aujourd'hui les cathédrales ayant partout l'annexe d'une paroisse, il leur faut des fonte de baptême, et il importe de les rendre dignes d'elles. Nous devons donc rejeter bien loin ce qui est mesquin et sans valeur ar-

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508 ' HlSTOIUt: DE l.A CATHÉDRALE (1824.)

tistique. En 1843, nous parcourions avec M. Guitton rarrondissement de Loudun. A Nueil-sur-Dive, les belles ruines de l'abbaye nous frappèrent , et le prélat obtînt sans peine de la générosité du propriétaire * quMI nous céderait les débris architectoniques nécessaires à la construction d'un baptistère. La demande fui faite au conseil général de la Vienne de quelques mètres de terrain sur une cour déserte et inutile dé la préfecture , ancien évêché, dont le naur mitoyen est celui de la cathédrale même. Oh eût disposé là une charmante rotonde ornée de colonnes , dont le style, les bases et les chapiteaux, de même époque que ceux de Saint-Pierre, eussent admirablement décoré ce nouveau local , qu'on eût pu croire créé en même temps que la basilique. Le conseil général refusa, et cependant toutes les convenances devaient faire adopter ce projet-:. Peut-être aussi se fût-on bien avisé de celte pensée, que la préfecture est unedépouille violemment conquise sur la cathédrale... Espérons qu'on n'abandonnera pas ce plan , si acceptable en tout, et dont la dépense essentielle est toute faite.

Les 2,000 francs concédés en 1811 aux réparations de l'orgue* n'avaient pu que pallier le mal caché qui le dévorait. Les tuyaux, de nouveau encombrés de poussière, ne rendaient plus que des sons incomplets et sourds; les fers et les cuivres, oxydés, gênaient les nwuvements du mécanisme ; pour peu que l'atmosphère^devtnt humide , le jeu des bascules ou leviers du positif était tellement gêné dans les points de ses chevalets par le renOement des mortaises , qu'il devenait impossible de s'en servir; les sommiers, rongés par les rats, ne por-

' M. Uavard , juge d*iastruction au tribunal de Loudun.

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laient plus le venl et privaient de son les gros tuyaux du seize-pieds, dont le plomb était d'ailleurs décomposé. Sur la demande de l'évêché, un devis fut présenté par le sieur Dallery, <$ facteur d'orgues du roi et des conc^rls de la cour, » qui 6t son rapport au Chapitre dans le courant de septembre, et, le 30, M. de Corbière , ministre de l'intérieur, adopta le devis, élevé à la somme de 6,500 francs '• Mais ce ne fut encore qu'un palliatif. Nous avons dit quel système de réparations complètes devrait mettre une fois pour toutes ce précieux instrument à l'abri de ses trop fréquentes altérations.

Une ancienne religieuse de Fontevrault, mourant à Poiliers en 1822, laissa à M. Masse, chanoine de la cathédrale , pour la remettre au Chapitre, une relique de la vraie Croix qu'elle avait sauvée en 92 du pillage de sa maison. C'était une portion de celle-là même qui, depuis plusieurs siècles, avait été vénérée dans l'église abbatiale du célèbre monastère. L'authenticité en ayant été constatée par M. Coulon , curé de Saint-Pierre , le procès-verbal en fut dressé, et M. de Bouille fit cadeau au Chapitre d'une croix en vermeil de 35 à 40 centimètres de haut, dans laquelle furent renfermées la relique et les pièces qui en assurent l'identité. Une ordonnance épiscopale en permit l'exposition publique aux jours de l'Invention et del'Exaltation de la sainte Croix; on dut la porter aussi à la pro-« cession du mardi des Rogations. Une délibération capitulaire du 1 3 septembre de cette année , en votant des remercîments au pieux évoque , arrêta que l'inauguration s'en ferait le lendemain par une procession solennelle dans réglise, avant la messe canoniale; qu'elle resterait

• j4rch. de Vévéché ^ cûlbédrale.

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exposée tout le jour, et qu'on en donnerait la bénédiction après vêpres : ce qui s'est toujours exécuté depuis lors.

En 1823, il fut arrêté au Chapitre, de concert avec M. de Bouille , que le pavé de l'église serait réparé en recherche. Dans le même temps , revenait à la fabrique de la cathédrale la petite église de Saint-Hilaire-enlre- Eglises, ainsi nommée de sa position entre Saint-Pierre et Saint-Jean-Baptisle. Mais on la recouvrait dans un bien autre état qu'à son origine. Bâtie et cédée au Chapitre par un chanoine de Poitiers au x* siècle, elle avait élé, comme tant d'autres , saisie par la révolution, vendue et revendue; le premier acheteur en avait fait une maison particulière; puis elle tomba enfin en la possession d'une personne pieuse qui songea à en faire revenir la jouissance à sa source. Mlle Radégohde Saillard, par acte du 23 septembre, la céda à la cathédrale pour une rente viagère de 400 fr. et une perpétuelle de 80 fr. C'était d'un fort petit avantage à l'église, car cette donation était beaucoup moins remarquable par elle-même que par cette bizarre destinée, qui, après une complète dévastation des biens ecclésiastiques , ramenait à ses premiers propriétaires ce lieu dénaturé et sur lequel on ne pouvait plus faire aucune espérance.

L'année 1826 vit effectuer le projet de repavage en recherche arrêté en 1823; le parvis, ses marches furent refaits aussi; il en coûta 5,216 fr. Pour y procéder, on déplaça plusieurs tombes, qui furent coupées et rognées. Quand donc sentira-t-on l'importance de la conservation de ces débris souvent fort importants à l'histoire , et que brisent sans pitié des mains inexpérimentées ?

Les parapets du parvis existaient encore et furent restaurés cette même année , dans le courant de laquelle

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(1827-1829.) DE POITŒRS. 5H

furent placés aussi les paratonnerres. Il parait que le parvis fut abaissé alors de 50 centimètres % ce qui suppose que les bases de Tarcature continue qui décore le premier ordre de la fagade étaient enterrées , et qu'une marche de plus dominait celles de l'entrée.

En 1 827, on repava en carreaux de pierre et d'ardoise, mêlés de quelques-uns de marbre rose trouvés 9n ne sait plus où , la sacristie des messes, le tour du sanctuaire et quelques autres endroits. Mais ce travail ne fut fait qu'en recherche, imparfaitement, et ne dura que peu d'années. C'est le défaut inséparable de ces sortes de réparations incomplètes, dont la dépense est presque toujours perdue bientôt après.

Une bonne religieuse , séparée de sa communauté par la révolution, et qui n'avait pu se réunir ensuite à ses débris encore dispersés, mourut en 1829 à Poitiers , laissant à la fabrique un legs de 1 ,500 fr. pour faire rafraîchir Vaniel de paroisse. C'était la sœur Madeleine, nom modeste, à l'abri duquel s'étaient accomplies bien des bonnes œuvres... Cette somme ne suffît pas cependant au projet depuis longtemps médité. Le devis s'éleva à 4,550 fr. ; (« on confia l'ouvrage au sieur Zanoli , plafor^ neur et doreur en cette ville % » et les colonnes torses des Jacobins , et leurs statues en bois, et les sculptures du tabernacle et du retable reçurent encore^ avec maintes dorures, une épaisse peinture blanche en sus de trois ou quatre premières dont on l'avait déjà sali.

* Areh. de la préfect. de ta Vienne^ cathédrale , liasse 5. » neg.de la fabr. ^t*2S.

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