‹ Histoire de la Cathédrale de Poitiers (volume 2)Chapitre 62 sur 98 · CHAPITRE XXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVII

Dr 1830 a iS49, — On efface' les fleurs de lis. ^Destraction du parvis. — Obsèques de Tancien évéque de Gap. — Sa générosité envers Téglise. — Tableaux placés dans le chœur. — Le verre d'eau.— Legs de Mme de Brouiliac.

— Nouvelles sacristies. — Réparations à l'orgue. — Tribune percée de la préfecture sur l'église. — Repavage général. — Tombeau de M. Lescève. — \

— L'autel de la Sainte-Vierge privilégié. — Chaire gothique de la chapelle paroissiale. ~ Presbytère construit. — M. d'Aubigny organiste titulaire. — Monument funéraire de M. de Bouille. — Hideux embellissements à Tautel delà Sainte Vierge , — à ceux de Sainte-Madeleine et de Saint-Laurent , — au banc-d*œuvre. — Mauvais entretien. — Reliques de saint Pierre et de saint | Hilaire. — Entrée solennelle de M. Guitton. ^ Conférences eodésiasUques. j

— Arbustes arrachés des murs. — Cour des cloîtres pavée. — Pompes fu- j nèbres. ^ Orgue de M. de Larnay. — Plantation et embellissement de la

place Saint-Pierre. — Épilaphe de M. Guitton. — Trésor et parquet de la sacristie. — Conclusion de cette histoire.

La révolution de 1 830 amena au timon des affaires une bourgeoisie orgueilleuse qui convoilail le pouvoir des classes aristocratiques, et devait payer cher, dix-huit ans plus tard, la mise en scène de ses théories politiques. Avec elle ressuscita Vespril de Voltaire, qui avait fait toute son éducation, et la religion se trouva enveloppée encore dans la haine vouée à la royauté déchue. Alors on attaqua^ d'un patriotisme aussi consciencieux que savant , certaines décorations des églises dont la forme rappelait des souvenirs de reconnaissance. Nous savons comment la cathédrale de Poitiers se vit mutilée sous le même prétexte , comment la truelle et le pinceau des puritains de la nouvelle école vinrent barbouiller d'injsignifianles rosaces la place occupée par des fleurs de ]is. Mais il est juste d'en reporter la gloire première à M. Barthe, ministre de l'instruction publique et des

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cultes, qui ordonna ces pitoyables mesures par sa circulaire aux évoques du 22 février 1831.

Cette année vit bouleverser aussi l'antique forme du parvis. L'ancien évôché , dont la façade avait été reconstruite au xvii^ siècle, et qui, en 1800, était devenu l'hôtel de préfecture, se fermait sur la place de la cathédrale par une porte monumentale formant une espèce de guichet que le goût moderne voulut démolir. Cette porte s'avançait sur la place par huit mètres de plus qu'aujourd'hui , et presque au niveau de l'angle opposé delà grosse tour. Un nouveau plan , en rendant ces huit mètres à la voie publique, dégagea la tour, au pied de laquelle on construisit une plate-forme qui s'éleva au niveau du sol , reçut sa parallèle au-dessous de la tour de l'horloge , et fut, comme elle, limitée de chaque côté du parvis par une rangée de bornes en pierre que relient des chaînes de fer. Le parvis y perdit donc tout l'espace qui s'étendait sous cette dernière tour et sous une partie de l'autre; il vint expirer de chaque côté à l'angle intérieur de chaque clocher, et, cette difformité une fois admise, on conclut à une modification complète , qui était loin cependant d'en être une conséquence absolue. On eût pu garder encore le parapet et la chaire , et laisser à cet ensemble son aspect monumental. On ne comprit point que cette portion extérieure de l'église se liait au reste, 6t l'on sacrifia à la manie du neuf comme oji Tavait fait dans l'église même. Ce résultat fut d'ailleurs une nouvelle preuve du soin que devraient mettre les administrations supérieures au choix de leurs architectes. Celui qu'on avait chargé de cette restauration avait d'abord si mal fait son plan et pris ses mesures , que l'exécution en fut impossible et dut être modifiée. Il n'en coûta pas

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