CHAPITRE IL
Absii>es; nefs latébalbs. — Changement au xi* siècle dans la position du choeur. ~ Abside intérieure et absidioles. — Arcature continue des latéraux. — Portes Saint-Jean et Saint-Michel. —Mauvais système de fermeture comparé à Tancien. —Piliers des latéraux. — Belle entente de la sculpture méconnue par les restaurateurs modernes. — Tambours de M. de Larnay. — Soubassement continu des latéraux. — Motif des colonnades continues dans les latéraux , — et de la distribution des fenêtres. — Époque certaine de la xone inférieure.
C'est vers le xr siècle que les nefs collatérales se rejoignirent derrière le chœur , y laissant un déambulatoire ou passage libre pour les processions et autres cérémo- Bles y non moins que pour la plus grande commodité des communications. Dès lors Tautel principal n'était donc plus essentiellement rattaché à Tabside , désormais réservée à un autre qu'on aima beaucoup à multiplier vers ce temps, à celui de la sainte Vierge. Par suite de cette iiouvelle consécration , le grand autel fut établi dans un nouveau sanctuaire , pour lequel on disposa dlune partie du chœur, en gardant soigneusement les. habitudes de l'orientation primitive. Tout indique que, dès l'origine de uolre basilique actuelle , on y avait ainsi réglé ce point important; entre autres, l'inspection du chœur, des stalles , celle de la voûte , pourront bientôt nous en convaincre.
Toujours est-il que cette absence totale de l'abside, que nous avons remarquée au dehors en examinant le
majestueux chevet qui termine l'édifice » n'est pas aussi complète à Tintérieur. Les deux mètres d'épaisseur donnés au mur ont été exploités au profit d'un évasemenl demi- circulaire dont l'axe a quatre mètres de profondeur. C'est donc une abside véritable, flanquée de chaque côté par un pilier engagé groupé de colonnes comme tous les autres, et qui forme à ce petit sanctuaire un accompagnement digne et imposant. Les bas-côtés sont également arrêtés par une abside de moindres proportions , et qui a dû toujours être munie d'un autel comme la grande^ caries plus anciens documents désignent ces chapelles sous les noms qu'elles portent encore. Il est remarquable, comme exception aux règles suivies ordinairement pour cette partie des églises , que le demi-cercle décrit par elle ne s'élève point ici jusqu'à la voûte; il perd sa forme au-dessus de l'entablement qui couronne la première zone de Félévation générale, et au delà tout se continue à angle droit jusqu'à la naissance de la vx)ûle. La conséquence naturelle de ce retrait est une diminution d'un tiers dans l'épaisseur des murs de clôture, qui n'ont donc plus, à partir de cette première moitié de leur hauteur, qu'un massif de 1 mètre 50 cent, à 2 met. au plus. Cette observation ne s'applique pas moins à tout le pourtour intérieur > qui , au-dessus de Tentablement continu place entre la première zone et la seconde , se retire d'un mètre en arrière des galeries qu'on y a maladroitement appliquées.
Derrière toutes ces sculptures, ces retables, ces statues et autres décors plus ou moins inutiles , qui plaquent le fond de ces trois absides , et sur lesquels nous aurons occasion de revenir, se dessine une arcature courante dont les pleins cintres reposent sur des colonnes minces,
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effilées et engagées dans le mur^ d'où elles saillissent de 25 œot. Dans l'abside centrale , nous voyons à peine Tamortisseajent des cintres, tout le resle étant caché par rapplication des tristes chefs-d'œuvre qu'y accola le mauvais goût du xviii« siècle ; une rangée de modillons paraît seule au-dessous de la corniche du xii'. On dirait qu'ils protestent par leurs grimaces, qui perdent là toute leur signification, contre Talliance monstrueuse dont ils sont les témoins et les victimes. Plus malheu reuses encore, les deux absidioles n'ont plus rien de cette première ornementation ( t?. pi. VI , h); le plâtre a éteint toutes les idées de l'architecte. Pour nous dédommager et retrouver à noire cher monument son élégance native, passons lentement dans nos collatéraux, et arrêtons*nous à loisir devant tout ce qu'ils ont d'attachant et de symbolique. ( F. pi. VU.) Les parties basses se présentent dans tout leur développement revêtues de cette même parure dont nous n'avons eu tout à l'heure qu'une idée amoindrie. C'est ime longue rangée de ces colonnes élancées , belles par l'élégance de leur coupe , belles par l'effet général qu'elles produisent, soit qu'on les juge d'un bout à l'autre de la nef, soit qu'on les considère dans la nef parallèle, interrompues par les piliers de la grande nef, et glissant pour ainsi dire derrière eux , devant votre marche, comnje les arbres d'une forêt que les vents agitent. Espacées de deux en deux mètres, elles parent les murailles d'un agrément inaccoutumé , qui se reproduit avec les mêmes caractères, moins les effets de perspective, dans le joli vaisseau de notre Sainte-Radégonde, à Saint- André de Bordeaux , et dans un petit nombre d'autres, l^'arcature qu'elles supportent est toute semi-circulaire , ornée sur ses angles rentrants d'un tore qui se termine de
côté et d'autre par une petite base altique. Cette arcature est partout de la plus exacte uniformité, si ce n'est qu'audessus des portés Saint-Jean et Saint-Michel , deux de ses cintres pleins sont remplacés par deux ogives surbaissées d'inégales dimensions. (PI. VII , a.) Cette forme exceptionnelle doit avoir eu pour cause la largeur obligée de ces mêmes portes, qui, coupant inégalement l'espace où devaient se renfermer les deux cintres, a forcé de les relever en pointe, et de former ainsi des ogives au lieu d'hémicycles parfaits. Au reste , ces deux portes, voûtées aussi en hémicycle, sont de la dernière moitié du xii* siècle, et la présence des deux arcades aiguës caractérise très-bien auprès d'elles l'époque de transition , dont ce bel appareil est un riche souvenir. Avant d'aller plus loin, nous pourrions , si nos portes n'étaient pas intérieurement cachées par ces boîtes disgracieuses qui les enveloppent (et sur lesquelles il faudra revenir), considérer le système primitif de fermeture, si simple, si bien approprié à la double et indispensable condition de solidité et de bon ordre. Coupées à angle aigu , sans frontons ni chambranles qui les décorent, ces ouvertures n'ont plus leurs vantaux primitifs, qui furent brisés et mis hors de service en 1 562 ; mais on voit encore dans leurs tableaux les entailles diagonales sur lesquelles étaient posées chaque soir des chevrons transversaux qui maintenaient les battants dans une immobilité inattaquable. Après avoir remplacé les premiers vantaux , qu'ornaient sans doute en les consolidant des pentures en fer savamment travaillées, par d'autres assez formidables, mais réduits pour toute façon à un semis de gros clous sans nombre , on a jugé plus convenable de les assujettir par d'énormes barres de fer. Lesdltes barres, sous le nom de crochets,
traversent peu agréablement l'espace qui sépare la porte de chaque colonne qui la flanque, et, s'appuyant d'un côté sur un anneau fixé dans le bois, de l'autre sur un second anneau incrusté à coups redoublés de serrurier dans la colonne elle-même , elles ont le double avantage de rappeler assez bien une porte cochère, et d'imprimer au fût de la colonne, toutes les fois qu'on ouvre la porte, une secousse qui finit toujours par le faire éclater. On peut se convaincre chez nous de la possibilité d'un tel accident, infaillible conséquence de ce grossier système qu*une raison d'économie toute seule devrait faire abandonner. Un chevron do 10 à 1 5 cent, d'équarrissage et long de 3 mètr. doit coûter beaucoup moins que tout cet inutile appareil de forgeron. Les portes antérieures à la dévastation du xvi* siècle étaient d'ailleurs appuyées en dedans par des barres ou arcs-boutants en fer retenus par des crampons soit au pavé» soit à des bornes qui en dépassaient le niveau '. Qui empêcherait de les employer encore?
Le long des murs , et espacés parallèlement aux piliers cle la nef. centrale, saillissent d'autres piliers de même style que c€ux-ci (6); ils limitent chaque travée, séparent de trois en trois la suite des colonnes, et, correspondant aux contreforts extérieurs , s'unissent à eux pour former lin soutennement inébranlable jusqu'à la tombée des voûtes, dont ils reçoivent les efforts. Des tailloirs qui couronnent les corbeilles de toutes les colonnes s'élève, entre chaque cintre, une colonnille à formes romanes; elle atteint jusqu'à l'entablement, et le supporte sur un chapiteau qui, par sa place et sa sculpture, se range
^ Pr«cès-verbal du pillage de \ 562 , Grand Cartulaire , t . t , p. 95.
symétriquement dans une file de modillons ou corbeau dont il fait partie (c). .
Ce bel ensemble, continué d'une extrémité à l'autre d réglise, conserve, on le voit, toutes les Iraditionsdu roma: fleuri. Aucune chapelle, etc'est une partioularitéqui se w marque surtout à cette époque dans notre province et dan l'Anjou , n'interrompt la longueur des deux ailes. Seul les bras de la croix s'y ouvrent en gardant l'ornemenla tion identique de l'entre-colonnement général, de ses coi beilles soigneusement façonnées, de ses corbeaux délica tement historiés, de sa corniche en doucine, modestemen ouvrée de feuilles d'acanthe entablées. Tout cela, en sor tant du collatéral par un de ses angles , serpente dans I transept, glisse sur ses flancs et dans son hémicycle, e ressort par l'angle opposé pour rejoindre la grande séri< des mêmes motifs. C'est cette simple et majestueuse écc nomie d'un plan si admirablement poursuivi jusqu'ai bout que n'ont pas compris les mutilateurs de nos al> sides. En dissimulant pour les murailles leur nudité rac^ notone , en adaptant ce vaste système d'ornementation i toute l'étendue de ses édifices, le génie mettait ses plui belles ressipurccs au service de l'art, et ce n'était probablement pas avec la peni^ée qu'on pourrait impunément quelques siècles plus tard, défigurer sous de vains prétextes le chef-d'œuvre dû à tant de mains aussi religieusei qu'intelligentes.
Hélas ! pourquoi faut-il le dire, et pourquoi notre rôl d'historien impose*t-il la triste nécessité de signaler d plus modernes méfaits? Que font devant nos portes laté raies ces massives constructions en planches drapées d vert, qui, trois fois répétées , viennent rompre à l'envi I belle uniformité des latéraux et leur harmonieux déve
lopperaent?— On donne à cela le beau nom de tambours; -c'est une invention destinée à interdire plus ou moins rentrée de Téglise à Pair froid du dehors , qu'après six cents ans, Ton s'est avisé de trouver incommode. —Mais n'aurait-on pu y parvenir sans briser les lignes de Tarcbitecture, sans cacher au regard qui s'en plaint la moitié de la hauteur des colonnes, surtout sans entailler, selon le caprice du menuisier, les bases empattées, d'après lesquelles on aurait dû bien plutôt entailler le bois? Enfin n'était-rl pas de toute convenance de ne point défigurer le monument par cette lourde et grotesque superfétalion? Ne pouvait-on se dispenser de boucher le cintre de chaque porte qui s'élève au-dessus de cette cage, et d'enlever à la baie romane son caractère spécial ? — Sans doute, tout cela se pouvait. On* s'était demandé tout d'abord si ce ridicule mobilier était indispensable dans la cathédrale ; tous les gens de goÙt le rejetaient. La comnùssion archéologique diocésaine , présidée par Monseigneur Guilton, répugnait infiniment à l'accorder. Ce ne fut que par une condescendance dont elle a aujourd'hui à se repentir qu'elle s'y prêta. Mais, voulant du moins concilier avec le désir de certaines personnes les exigences de l'art et du bon sens, elle traça, dans sa séance du 20 février 1847, les plans et les conditions expresses de l'ouvrage. Le tambour qui masque la porte gothique du déambulatoire à la cour de la sacristie fut signalé comme modèle : coupé en hémicycle, et par conséquent effaçant ses angles, n'ayant que la profondeur absolussent nécessaire, il demeure presque inaperçu, n'insulte point le regard et n'impose à la suite de la colonnade aucune interruption brusque et choquante. Au lieu de cela , *I»rabbé de Larnay , chanoine pourtant, au mépris des
avis de la commission , et d'une autorité {)lus respectab' encore, a fait exécuter son propre plan à lui^ sans égal aux observations officielles, en l'absence du prélat, qi n'en put être informé, et s'est chargé ainsi d'attacher se nom à cette dévastation de nouveau genre. Nous regre tons, autant pour lui que pour l'église de Poitiers, d'avœ eu à raconter un de ces faits qui deviennent toujours pk rares de notre temps, et dont il appartenait peu à noti digne confrère de perpétuer la tradition.
Les piédestaux des colonnes collatérales portent si un soubassement fort inégal de hauteur dans les dcL nefs (d). Ceux des piliers, un peu élargis dans leur parL inférieure, s'appuient sur le sol, s'en élèvent d'un met ou plus (a), et coupent en distances d'égale étendue ui triple assise de pierres superposées en forme d'emmai chôment (/*), et au-dessus de laquelle règne un corde à coupe d'arête fort élégante qui se relie aux tores et ai scoties de toutes les bases {g). De telles masses, se lia aux fondements de l'édifice, consolident singulièrement pied des murs, et leur deviennent une garantie d'été nelle solidité. Mais une autre raison, sans laquelle on fût contenté de souder aux parois un stylobate imposai présidait surtout à la distribution de ces degrés : c'était autant de sièges destinés aux pauvres , pour qui TEgln'oublia jamais d'alléger les privations de la vie. t comme dans beaucoup d'églises romanes, où souvent les prolongea pour les clercs jusque dans le chœur a* sanctuaire ', elle avait placé ces banquettes de la mai
< Cette particularité se remarque aussi dans la belle église de Sai< Foy , à Conques en Rouergue, et à Notre-Dame-des-Miracles , à if riac. F. un rapport de H. Mérimée, Bullet nwnum.j t. it, p. 2S(P t. viii , p. 580.
façon qu'elle aimait ailleurs à exposer un livre commun où chacun pût venir chercher à son tour un exemplaire des prières publiques '.
Pour ce qui nous regarde, Tespril de cette fondation s'est parfaitement conservé jusqu'à nous , et aux grandes solennités j^ quand la procession , avant la messe canoniale, parcourt gravement les bas-côtés de la vieille basilique, on peut voir ces sièges vénérables garnis de paysans des villages voisins de Poitiers, qui, un genou sur les dalles , et s'appuyant d'une main sur le bâton classique de leur voyage, regardent passer en se signant le symbole de la rédemption et le pieux cortège qui se déroule devant eux. Successeurs inintelligents des générations écoulées, ils semblent venus, sans le savoir, comme des représentants de la vieille foi catholique, dont la sollicitude leur procura ce lieu de prières. Il est reûiaquable que la partie des bas-côtés qui entoure le chœur n'est pourvue que d'un stylobate à hauteurd'appui, cl n'a point ces marches : nouvelle preuve qu'elles sont destinées aux fidèles, toujours mieux placés dans les ^efs, soit pour assister aux prédications , soit pour mieux Suivre les cérémonies du sanctuaire et du chœur. — Là *is pouvaient s'asseoir encore lorsque, dans les synodes ou autres réunions ecclésiastiques, le clergé occupait seul la 'ïef principale.
Ces colonnades qui s'accolent ainsi aux murs des églises
* On voit encore adossée au chœur de la cathédrale du Mans , dans ■* nef du sud, une petite niche creusée dans le mur et fermée par des "^rreaux de fer. Elle était destinée à renfermer un bréviaire commun dont ^Q usait en passant les deux mains dans les intervalles des barreaux ; ^u<dessus on lit en caractères gothiques : jBiù%Uut ^mlU tijelarbt Ijujus rrre ^*^Kt(M bryit btn^ breotartiim y usu tn^tgenttum. <^rat( Hmm y to.
romanes, el que semble avoir répudiées le genre (^ttik détrôna , ont encore , outre leur mérite d'oraeoientatic et de perspective, celui d'une pensée par laquelle l'arch lecle complétait ce qui devait manquer forcément à se œuvre. Presque partout , avant le xi* siècle , les église étaient entourées de cloîtres par où y arrivaient les chi noines ou les religieux , dont la maison commune attena à la maison du Seigneur. Ce sont ces cloîtres que l'c voulut dessiner dans l'intérieur des édifices , et ils ren placent avantageusement pour l'œil les chapelles pr< fondes par lesquelles plus tard ils furent remplacés leur tour. Qui ne voit en effet que cette immense sér: d'ornements allignés avec une simplicité pleine degoi est de beaucoup préférable à cjîs hors-d'œuvre où la piét solitaire trouve, il est vrai, peut-être plus de recueille ment et de silence, où les caprices du gothique tertiaire ont su éparpiller de précieuses dentelles et de jolis cla chetons, et qui d'ailleurs avaient aussi leur symbolisffl( à part, mais où la vue ne peut rien admirer qu'elle n'at> proche, l'imagination rien deviner sans le voir? L'ordon nance générale du second étage, avec ses baies ouvertes dans des entre-colonnements successifs {h) , figure encon assez bien les tribunes pratiquées d'abord aux façade byzantines. En Orient, le gynécée était toujours situé a premier étage, et éclairé par une suite de fenêtres cent guës. Rien n'y ressemble mieux que ces espaces pratiqua au-dessous de l'architrave, et qui, un siècle plus tard, formulaient dans les églises gothiques en tribunes vér tables , déroulant leur ample contour au-dessus de la t^ principale, au-dessus du chœur et du sanctuaire, qi*^ quefois aussi régnaient sur les bas-côtés. L'Italie enoffr^ à Toscanella et à Pise, des exemples remarquables. Sain<
Dfc) POITIERS. 207
Julien du Mans, Fécamp, Caudebec, Koucn, toute cette Normandie, terre à si juste titre orgueilleuse de ses beaux monuments religieux ; enfin Notre-Dame de Paris , Saint- Denis, Chartres, possèdent ce même avantage dans leur distribution intérieure. La cathédrale de Poitiers pourrait s'en glorifier aussi dans une mesure appropriée à son style particulier , si la balustrade moderne qui sert d'appui à ses tribunes se mariait plus convenablement par sa forme au caractère général de ce qui l'entoure (/).
Ici se termine notre première zone , et les traits qui la distinguent portent tous l'empreinte uniforme d'une même époque. C'est le xii" siècle éclatant de toutes parts dans la fermeté de son style , c'est le roman fleuri tel que nous l'avons Vu aux parois du dehors, aux deux façades du iransept, mais plus élégant encore et plus harmonieux. Quand. on a bien étudié cette belle enceinte, on ne doute plus que tout entière, dans ce premier étage, elle n'ait été achevée avant la mort de Henri II, en 1189, ou du moins a vaut celle d'Eléonorc, en 1203. Nous croyons cependant pouvoir excepter de ce calcul la sculpture d'une partie des modillons et des chapiteaux. Au reste, M» Mérimée, dans son rapport que nous avons cité quelquefois, l'avait reconnu avant nous sans autre secours que celui de la science. Nous sommes heureux de tomber ici d'accord avec lui. Nos recherches les plus assidues , nos découvertes les plus concluantes, celles que nous tirons surtout des signes lapidaires, auxquels nous consacrerons un chapitre spécial , viennent à l'appui de cette opinion. — Que diront ceux qui refusent à un antiquaire ^ don de trouver l'âge d'un monument sur sa figure?