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faces engagées dans le mur qu'elles composenl^ ce qui démontrerai L encore très-clairement qu^on n'y attachait aucune importance quant à la construction.
Un singulier rapprochement existe entre nos signes et ceux que l'on rencontre dans certaines églises de l'Angleterre. La forme de beaucoup d^entre eux est tout à fait identique , et on peut le reconnaître en parcourant les Mémoires de la Société des Antiquaires de Londres ' ^ où trois planches en réunissent un assez grand nombre- M. Godwin , membre de cette savante compagnie , outt-e ceux trouvés par lui vers 1840 dans notre cathédrale, e|^ qui sont en partie les mêmes que nous donnons aujourd'hui, y donne les dessins des cai*actères qu'il a recueillis sur les églises de Glocester^ de Bristol, de Sainte-Marie de Redcliff , de Malmsbury , de Manchester et de l'abbaye de Furness.— Aurions-nous à tirer de celte ressemblance l'induction que les mêmes ouvriers ont coopéré à la construction de tant de monuments si éloigimés les uns des autres ? Ce serait par trop hasardeux ; les signes d'abord ne sont pas assez compliqués, ils se ra.ttachent trop à des idées partout reçues, pour qu'ils entraînent nécessairement après eux une telle supposition- On les voit aussi très -peu différents des nôtres à Strasboui^, à Reims, à Cologne, à Neuchâtel, et, malgré la médiocre distance qui nous sépare de ces monuments , nous n'avons pas la moindre envie d*y rien voir qui favorise une conjecture à cet égard ; à plus forte raison ne ferons-nous pas honneur aux mêmes ouvriers de tant de constructions faites au ^elà du détroit et sur notre con-
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DE POITÎERS. 291
enl presque à une même époque, ce qui multiplierait 'infini les bras qui s'y employèrent.
}ooi qu'il en soit , la multiplicité des signes lapidaires is une même église , la variété des objets qu'ils repréilent, et partant des idées qu'ils expriment, le langage 'Slérieux qu'ils paraissent énoncer, portent à croire 'une de ces grandes associations de frères maçons Knitivement instituées au xiii^ siècle, mais formées s le XII® pour élever des édifices religiieux, aurait vaille à notre cathédrale. Il n'y avait que fort peu de Dps , lors de sa fondation , qu'une pieuse confrérie avait ané à Chartres l'exemple d'un zèle qui bientôt se )andit par toute la Francse '; tout porte à croire que, uns de vingt ans après, la ville de Poitiers s'édifia du ime spectacle. Enthousiastes de l'œuvre sainte, désiises des indulgences accordées par l'évoque Jean de lesme et ses successeurs, des troupes de logeurs du bon 5ti seront accourues , et le service aura dû s'organiser p une foule de mesures relatives au bon ordre et aux érèts de chacun. C'est de quoi ûos signes lapidaires us ont transmis le souvenir.
Hais ces signes ont encore un autre genre d'intérêt; car, n d'être un simple objet de curiosité sans résultat fixe, us allons voir qu'ils donnent en aide à nos études , et pvent à confirmer , du moins à Poitiers , les dates reanues aux diverses parties du monument. Ainsi, quand >us savons par les renseignements historiques et les ractères du style que notre chevet et les murs d'eninte jusqu'au transept sont du xii* siècle, n'en pou-
* Mercure de France , juin 4739 , p. -1290. —Gilbert, Description de cathédrale de Chartres , p . 4 0.
vons-nous pas dire de même de toutes les autres parties qui les suivent jusqu'au frontispice, si nous retrouvons sur les murs qui les composent les marques imposées vers 1170 ? — Et c'est là ce qui arrive. Au dehors, à l'intérieur, nous rencontrons y mêlés à un fort petit nombre de nouveaux types, ceux qui nous ont frappé les premiers. Puis nous avançons; nous pénétrons dans la tour du nord, et comme nous avons reconnu à ses caractères extérieurs qu'à partir de sa deuxième zone elle appartient au xiii' siècle, ce même étage nous montre à l'intérieur quelquesunes de nos marques répandues jusqu'à la hauteur delà dixième assise, point où commence la troisième zone extérieure ; mais là expire leur domaine. La pierre , qui n'est évidenmient plus du même grain ni de même nature, voit changer également son langage hiéroglyphique ;. quelques signes, d'abord inaperçus , surgissent avec des formes nouvelles dans la portion la plus élevée de l'édifice construite en dernier lieu : tels sont les H gothiques des XIV® et xv« siècles, qui s'y répètent souvent; mais au delà ils disparaissent entièrement , et pas une pierre des zones supérieures n'a d'estampille. Visitez la façade; vous en retrouverez qui vous sont devenus familiers; mais là non plus ils ne dépassent point le niveau de la première zone des tours; ils cessent de se montrer dès qu'apparaissent les sculptures du xiv« siècle dont s'embellissent les tympans. Nous concluons de ce double fait, savoir, de la diffusion des mêmes caractères dans les parties éô l'église les plus éloignées, et de leur disparition absolue dans quelques autres : V que l'enceinte tout entière a été continuée d'après un même plan; que les pierres en avaient été taillées en même temps; qu'il y a eu pour notre église une sorte de fusion non interrompue entre le
xii^' siècle €t le XIII* i et 2* que lorsqu'aux xiV et xy* on est veau sculpter les voussures de ses portes, élever le reste de sa façade inachevée et les étages supérieurs de ses deux tours, on avait déjà renoncé à l'usage des signes lapidaires.
Les rapports si fréquents qui existent entre Saint- Pierre et Sainte-Radégonde se complètent encore par celui-ci : les murs de la célèbre collégiale sont couverts de poinçons dont Tidentité est si incontestable avec ceux de la cathédrale, qu'à part toute autre espèce de renseignements, on pourrait attribuer les deux édifices au même architecte*
Nous n'avons pu découvrir sur les murs aucunes traces d'inscriptions anciennes. Nous parlerons ailleurs de celles qu'on y lisait autrefois.