CHAPITRE XVIII
Vitraux des absidioles et du déambulatoire septentrional. — P^ nibles études sur des débris. — Traits distinctifs de la peinture romane dans notre église. — Méthode à suivre dans Texamen des vitraux suivants; notions sur les]costumes et sur le symbolisme des couleurs. —Vitrail de saint Fabien; obscurité de ses détails. — Vitraux de saint Pierre,— de I>otn- — La Trinité représentée par trois 'anges.— Vitrail d'Isaac. — Ingénieuse invention de Tarliste.
Les deux verrières qui accompagnent la précédente, quoique revêtues d'un grand éclat, n'ont pas le mérite d'une conservation aussi complète; de trop nombreux
^ Hist. de la peinture sur verre en Limousin , p. &.
rapiécetages' sont venus interrompre la suite des sujets que dtx*huit médaillons rangés par trois déroulaient coBimé autant de chapitres d'une histoire. Ce dommage, que nous rencontrerons souvent, altère donc le sens général des faits historiques. Pour retrouverez sens, il faut marcher au hasard, comme nous venons de le faire déjà; recourir encore à des conjectures, à des rapprochements de dates , et suivre à tâtons la lumière parfois douteuse de certains noms, apportés peut-être de bien loin, iu point de vue de l'art , nous n'avons à faire ici , non plus que pour la fenêtre parallèle de l'absidiole opposée , aucune observation nouvelle. La même époque s'y révèle, et nous croyons d'autant plus que la pose des trois garnitures à dû y être simultanée. C'est partout la louche du roman tertiaire, qu'on reconnaît mieux qu'ailleurs dans les ornements des bordures, parmi lesquels dominent les enlacements, les fleurs polylobées, des ovoïdes attachés par des coulants; des chaînes de losanges et de disques alternés : tout cela varié d'attrayantes couleurs bleues , rouges, vertes, et renfermé dans le double liséré blanc dont se forment toujours les entrelacs , et qui se promène sans discontinuité sur toute la hauteur de la bordure. — Les intervalles des médaillons, reliés entre eux par des cercles, sont remplis par une mosaïque de tons divers, ^u milieu desquels ressortent de petits cadres quadrilobés renfermant dans un plan quadrangulaire un point sphérique jaune , rouge ou vert , qui brille comme une pierre précieuse. Les médaillons ont aussi leur délicate ordure à part, brodée d'un rang de perles sous les- ^tielles s'étale une suite de fleurons. Ce système est , du ^este, appliqué de toutes parts, et commun à presque tous nos vitraux. Nous ne signalerons donc plus ces
ornements accessoires , véritables chefs-d'œuvre de patience, eu égard aux mille pièces dont ils se composent, qu'autant que des variantes remarquables viendront s'olfrir à nos observations.
Une seule nous reste maintenant à faire; elle regarde les costumes , et par corollaire les couleurs choisies (H ^i les distinguent tous. Les peintres du moyen âge sont a '9^' sol u ment étrangers à Tétude des costumes anciens. ^ quelque période historique que se rattachent les fai 1s qu'ils exposent, leurs personnages de tout âge et deto^l sexe sont toujours vctus comme ils l'étaient eux-mêmei^^ • les grands portent un ample manteau et une longue rob^s; ils sont coiffés d'une espèce de toque ronde et plate d^u chaperon; le plus souvent leur chaussure consistée ^ bottines mon tant jusqu'à mi-jambes, quand, par unee^^^-
ceplion reçue, la nudité de leurs pieds ne doit pas expi ^i-
mer une idée spéciale, comme l'immortalité pour Notr^*B- Seigneur et les anges , et pour les apôtres la mîssîc^sn
évangélique caractérisée par une prédiction d'Isaïe'.-
L'habit court, au contraire, est exclusivement donné ai^«x gens de conditions inférieures; le plus souvent ils soi^al dépourvus de coiffure; ils portent quelquefois un sirap^Be bonnet pointu , assez bas de forme ; ils n'ont jamais (3ie manteau. Ce dernier point est particulièrement rema^rquable dans les légendes de Joseph et de l'Enfant Prcz)digue. L'un et l'autre, encore riches et dans leur premièw^ condition honorable, sont élégamment drapés de ce v6L^ ment de luxe. — Tombés dans l'adversité ou la misère, ils nous paraissent soudain réduits au sayon du pauvre ;
< Quhmpulchri super montes pede; annantiantis etpr^edicantis pacem • " diccnlis SioD ; regnabil Deus tuus I (Isate , ui , 7. )
a ne les reconnaît plus qu'à la couleur d'abord consacrée lent tobe, qu'ils conservent dans tout le cours de leur istoire, ou qu'ils ne remplacent par une nouvelle qu'aùnt qu'il le faut pour obéir à quelque raison symbolique. Itô couleurs, en effet, ne sont pas toujours, dans les ^Intures sur verre, non plus que dans les fresques, Slribuées au hasard et selon la seule convenance du aftro. Les draperies en particulier doivent être à cet ard l'objet d'une graïide attention, sans laquelle on ut se ménager de grosses erreurs dans l'interprélatîon S sujets. Les détails dans lesquels nous ne pouvons trerici se coihprendront à l'aide de principes généraux* nsi, l'observateur qui se placé en face d'une verrière DP en découvrir le sens, s'aidera beaucoup en se raplànt que le bleu est le symbole de la sagesse divine, ' rimmortalilé, de l'intelligence ; — que le rotige exprimé unour , le feu céleste de la charité , la dispensation de grâce , la souveraineté. — On rend par le blanc la puté, Tinnocence , le bien; parle jaune, la toute-puissance la science divines, le prix de la victoire, la sagesse éterïle, comtrie par le bleu ; — le vert indique l'idée de régération spirituelle, de l'espérance, et de la vérité sur laelle elle est fondée; — le noir est le mal moral, l'amour ïa matière; — le rose, composé de rouge et de blanc, ?yeMe l'amour de la sagesse divine, de •même que liés les autres couleurs combinées modifient les unes I" les autres toutes les pensées qui leur sont propres. H i plus : les mêmes couleurs appliquées à deux objets ilraires en prennent une signification opposée. Ainsi , »vis enfant, régénérateur du monde, aura une robe "te, comme on le voit dans nos belles peintures de ïîte-Radégonde de Poitiers; et Satan, de son côté, sera
maintes fois aussi peint tout de vert, comme dans nos verrières et dans beaucoup d'autres , par opposition de sa nature à celle de Dieu, et encore parce qu'il inspire des goûts terrestres, etc. , etc.
Ces notions peuvent éclaircir de nombreuses difficultés; elles n'ont d'ailleurs rien d'arbitraire ni de forcé, comoae Ta prouvé fort au long M. Frédéric Portai , dans son curieux et savant ouvrage, qu'on rie lira pas sans frt» it pour rétude de ces matières \ •
Revenons aux vitraux de nos absidioles. Par l'examen des faits historiques qui brillent de côté et d'autre , par le plan général des verrières parallèles , C3ii juge bien qu'une seule et même pensée a présidé à leur confection; donc ils sont sortis d'un même atelier* , donc ils sont contemporains. Ainsi le premier, à la droite du crucifix, donne la légende du pape sai^at Fabien, martyrisé sous l'empire de Dèce, en 250; - — le second, à gauche, celle de saint Pierre, autre pape, le fondement de l'Eglise et le tronc de toute la lraditi43n ecclésiastique.
Afin de conserver autant que possible à chaque forme sa . physionomie spéciale, nous avons voulu les reproduireavec toutes leurs divisions : le lecteur aura de la sorte unepl«s juste idée de l'ensemble, et saura mieux que par toutes les explications possibles comment le peintre a procédé. Cette manière aura encore l'avantage de caractériser l^s médaillons que des accidents ont rendus inexplicables f ^* de laisser le champ libre aux interprétations arbitraire^ dont nous ne voudrions pas prendre la responsabili^^*
* Des couleurs symboliques dans V antiquité ^ le moyen âge et les ie^^ modernes y 4 vol. in-8«.— Paris*, Treuttel et Wûrlz, 4857.
AlisidioleW.
ornements accessoires , véritables chefs-d'œuvre de patience, eu égard aux mille pièces dont ils se composent, qu'autant que des variantes remarquables viendront s'offrir à nos observations.
Une seule nous reste maintenant à faire; elle regarde les costumes , et par corollaire les couleurs choisies qwi les distinguent tous. Las peintres du moyen âge sont al)solument étrangers à Pctude des costumes anciens. A quelque période historique que se rattachent les faits qu'ils exposent, leurs personnages de tout âge et de(o»il sexe sont toujours vctus comme ils l'étaient eux-même^les grands portent un ample manteau et une longue rob^» ils sont coiffés d'une espèce de toque ronde et plate c^^ chaperon; le plus souvent leur chaussure consistées ^^ bottines mon tant jusqu'à rai-jambes, quand, par unee^^' ception reçue, la nudité de leurs pieds ne doit pas oxpr"^i* mer une idée spéciale, comme l'immortalité pour Notr^S' Seigneur et les anges , et pour les apôtres la missic^»^
évangélique caractérisée par une prédiction d'Isaïe '.
L'habit court, au contraire, est exclusivement donné ai^*^ gens de conditions inférieures; le plus souvent ils sor:::=3it dépourvus de coiffure; ils portent quelquefois un simpl^*^ bonnet pointu, assez bas de forme; ils n'ont jamais d^B^ manteau. Ce dernier point est particulièrement reiàar=3'quable dans les légendes de Joseph et de l'Enfant Prc*:^digue. L'un et l'autre, encore riches et dans leur premier — ^ condition honorable, sont élégamment drapés de ce vôl^S* ment de luxe. — Tombés dans l'adversité ou la misère^^ ils nous paraissent soudain réduits au sayon du pauvre ;
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I ne les reconnaît plus qu'à la couleur d'abord consacrée lent tobe, qu'ils conservent dans tout le cours de leur stoire, ou qu'ils ne remplacent par une nouvelle qu'aulit qu'il le faut pour obéir à quelque raison symbolique. Itô couleurs, en effet, ne sont pas toujours, dans les întures sur verre, non plus que dans les fresques, îlribuées au hasard et selon la seule convenance du litre. Les draperies en particulier doivent être à cet ard l'objet d'une graïide attention, sans laquelle on Dtse ménager de grosses erreurs dans l'interprélatîon S sujets. Les détails dans lesquels nous ne pouvons Lrer ici se coihprendront à l'aide de principes généraux* isi, l'observateur qui se placé en face d'une verrière ur eii découvrir le sens, s'aidera beaucoup en se raplant que le bleu est le symbole de la sagesse divine, l'immortalité, de l'intelligence ;— que le roûge exprimé mour, le feu céleste de la charité, la dispensation de grâce , la souveraineté! -^ On rend par le blanc la puié,nnnocence, le bien; par le jawn^, la toute-puissance la science divines, le prix de la victoire, la sagesse éter- !le, comme par le bleu ; — le vert indique l'idée de régérâtion spirituelle, de l'espérance, et de la vérité sur lalelle elle est fondée; — le noir est le mal moral, l'amour la matière; — le rose, composé de rouge et de blanc, ppelle l'amour de la sagesse divine, de •même qufè niés les autres couleurs combinées modifient les unes T les autres toutes les pensées qui leur sont propres. H a plus : les mêmes couleurs appliquées à deux objets îilraires en prennent une signification opposée. Ainsi , «us enfant, rég^jnéraleur du monde, aura une robe 'rie, comme on le voit dans nos belles peintures de iinle-Radégonde de Poitiers; et Satan, de son côté, sera
ornements accessoires , véritables chefs-d'œuvre de patience, eu égard aux mille pièces dont ils se composent, qu'autant que des variantes remarquables viendront s'offrir à nos observations.
Une seule nous reste maintenant à faire; elle regarde les costumes , et par corollaire les couleurs choisies qui les distinguent tous. Les peintres du moyen âge sont absolument étrangers à Pétude des costumes anciens. A quelque période historique que se rattachent les faits qu'ils exposent, leurs personnages de tout âge et de tout sexe sont toujours vctus comme ils Tétaient eux-même3 • les grands portent un ample manteau et une longue rob^» ils sont coiffés d'une espèce de toque ronde et plate o^ chaperon; le plus souvent leur chaussure consistées ^ bottines mon tant jusqu'à mi-jambes, quand, par unee:^^' ception reçue, la nudité de leurs pieds ne doit pas oxpc*^^' mer une idée spéciale, comme l'immortalité pour Notr^^' Seigneur et les anges , et pour les apôtres la missic:^^
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