‹ Histoire de la cathédrale de PoitiersChapitre 55 sur 99 · JX DU DÉAMBULATOIRE MÉRIDIONAL , DES CROISILLONS ET DBS BAS · texte numérisé non relu

JX DU DÉAMBULATOIRE MÉRIDIONAL , DES CROISILLONS ET DBS BAS

S. — Parallélisme des sujets. — Symbolisme du Vieux Testament. — S et harmonie dans Tart dirétien.— Vitrail de la Sainte-Enfanoe. — Soin ) pas représenter les bourreaux en soldats. —L'Enfant Jésus en adoles- — Vitrail de la Passion. — But moral dans le choix du sujet. — Prônier il de Joseph.— Richesse des détails. — Rapprochement entre la peinture sculpture dans TÉglise.— Deuxième vitrail de Joseph.— Style du xii* au siècle. ^Les ânes et les chameaux.— Vitrail de saint Biaise.— Explication 1 lé^nde. — Légende inconnue. — Vitraux de Job , — de TEnfantigûe. — Autre légende inconnue. — Autre douteuse. — Premier vitrail sué. — Beau travail du xiii* siècle. — Deux pages égarées.— Deuxième 1 de Josué. — Vitrail de Moïse. — Mutilation officielle. — Vitrail de un. — Remarquable inintelligence de la pose. — Cause possible de cette rertance.

cette dernière forme, nous allons passer au déam- )ire méridional, au lieu de descendre de fenêtre en e jusqu'au bas de la nef du nord , en passant par le îptqui la coupe. Cette marche semble d'abord moins elle ; mais on en comprendra la raison en observant e s'allie nécessairement au parallélisme suivi dans la ie nos vitraux. On reconnaît effectivement, au preabord , que là , comme en tant d'autres églises , on a figurer par le choix des sujets le lien mystique dit certains faits du peuple de Dieu à d'autres faits ►tre Evangile. Ces rapports sont faciles à saisir, l nous voyons d'un côté l'histoire.d'Abraham , celles c et de Loth, et de l'autre les touchants épisodes de nte Enfance, la passion du Sauveur, et tout ce qui j^stérieusement figuré de lui dans les temps anciens* est considéré dans les Pères comme la figure des ; délivrés, par le mérite de leurs œuvres sous la

loi ancienne, du feu réservé aux méchants '. Mêlé atf habitants de Sodome sans participer à leurs crimes , y gémissait de leur infâme conduite^ comme l'Eglise, q} reste pure au milieu des méchants qu'elle condamne La punition de sa femme est un avertissement aux chr^ tiens convertis d'éviter jusqu'au désir des habitude criminelles qu'ils ont abandonnées ^ ; ses filles donnai naissance à deux peuples qui livrèrent des guerres frc quentes aux Juifs représentent les ennemis de TEglise causes de ses tribulations ^. Isaac, né d'une mèi stérile, sacrifié par son père, épousant Rebecca qu'Eliézer reconnaît près d'une fontaine, nous montre 1 naissance miraculeuse du Fils de Dieu, son sacrifie opéré sur la même montagne , ses noces mystiques ave l'Eglise^ qu'il s'est acquise par son sang, et dont l'ea baptismale opère la fécondité ^ — Telles sont les figure primitives reproduites dans leurs réalisations sur les ve rières de la fenêtre géminée correspondante. Toute la vi du Sauveur s'y déroule depuis sa naissance jusqu'à s mort, peut-être jusqu'à son ascension, car plusieui panneaux, là encore, ont disparu^ et ne laissent plus qu des regrets. Bientôt ce même parallélisme se renouvelle r dans les deux bras du transept. — Nous verrons au nor se développer tous les épisodes successifs de l'histoire d Joseph , jalousé par ses frères, condamné à mort, vendu tombant dans la pire des conditions, devenu le demie

* Tertullien, contra Jud. , c. ii.

' Saint Aug. , contra Faustum , lib. xxii , c. 44 . ' Item , de Civit. Dei, lib. x, c. 8.

* Id. in ps. Lix.

* s. PateriuS) Sup, Gènes, , lib. i , c. 33. — Ad calcem opcr. sancti Greg. pap».

des hommes, et tout à coup se relevant pour monter au niveau de Pharaon , dans le gouvernement du premier empire du monde , et complétant ainsi la parfaite ressemblance qui avait fait de lui l'image prophétique de la vie, de la mort et de la glorification de Notre-Seigneur Jésus- Christ. — Dans le croisillon du sud , la même idée se représente sous les traits de Job descendu de la plus haute prospérité dans l'abîme de la plus profonde misère, et par la main de Dieu y sous laquelle il s'est volontairement humilié , se relevant de ses épreuves , et remontant au faite de toutes les grandeurs humaines. Voilà donc, de côté et d'autre , la vertu méconnue sur la terre, Dieu $e plaisant à éprouver ses saints comme Vor dam la fourmite *, et les couronnant après leurs combats \ Mais ce n'est là que la moitié de la vie chrétienne ; le salut obtenu par l'expiation de la pénitence et du repentir doit figurer à son tour dans ce livre des leçons divines , et l'Evangile, l«i de miséricorde et de charité, nous exposera, côte à côte de Jacob et vis-à-vis de Joseph , l'Enfant Prodigue , d'abord dissipateur et ingrat, puis malheureux et contrit, retrouvant dans le cœur d'un excellent père la place qu'il y avait perdue, et que son retour lui fait recouvrer. — Sous ces histoires inspirées se présente donc toujours la pensée du Sauveur. Elles sont un rapprochement continuel entre lui^t nous, l'application la plus large de la méthode symbolique que nous avons déjà exposée* On voit donc ^ne fois de plus, par cette observation, comme tout était combiné pour un ensemble étonnant d'unité et d'harmonie , et combien il faut de travail et de réflexion

* Tanquam aurom in fornace probavit illos. (Sap. m , 6.) ^Dominum légitimé certantes coronaatem. {Offlc. mius martyris.)

pour comprendre ces œuvres magnifiques, jugées cependant avec tant de dédain, même par des savants de notre siècle, et traitées par d'autres, qui ne le sont guère, avec une suffisance inouïe et une inconcevable légèreté î

Maintenant c'est la deuxième fenêtre du déambulatoire sudquenousallons décrire.— La première est entièrement garnie de verre moderne , sauf une bordure insignifiante qu'on lui a donnée aux dépens de quelque autre^ Cette fenêtre, qui n'a jamais changé de forme, comme il est arrivé à plusieurs de celles qui la suivent, aura sans doute vu briser ses belles histoires , qui devaient se rattacher aussi, par le symbolisme des Écritures, à celle qu'a remplacée, vis-à-vis, la grande ouverture à moitié bouchée en diagonale. Ces ravages n'ont épargné qu'à demi sa plus proche voisine; mais, moitié lisant, moitié devinant, on peut encore découvrir un sens dans chacune de ses formes.

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