‹ Histoire de la Cathédrale de RodezChapitre 10 sur 152 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

jusqu'à la fin du vi® siècle, et voici comment on le prouve.

D'après les auteurs qui soutiennent cette opinion, saint Amans serait le premier évêque de Rodez. Il aurait le premier converti les Ruthénois, et sur l'emplacement de l'église qui porte encore son nom, d'après les plans, au moins, que son diacre Naamas avait apportés de Rome, il aurait établi sa cathédrale sous le vocable des apôires saint Pierre et saint Paul. Saint Quintien, au commencement du vi« siècle, aurait reconstruit cette église et l'aurait dédiée à saint Amans lui-même, son premier fondateur. Ce ne serait qu'à la fin du même siècle que saint Dalmas aurait bâti une nouvelle cathédrale dans laquelle aurait été transféré le siège épiscopal.

Or, il n'y a rien de plus incertain que ces données historiques. Elles sont prises pour la plupart d'une ancienne Vie de saint Amans qui n'a jamais été soumise à un travail critique et qui ne mérite pas une grande confiance. On ne la fait pas remonter au delà du xi^ siècle (1).

Les historiens ne sont pas même d'accord sur l'époque où a vécu saint Amans. Plusieurs le font contemporain et même disciple de saint Martial, qui l'aurait ordonné évêque de Rodez (2); d'autres ne le mettent qu'au siècle (3).

Si saint Amans a été le successeur immédiat de saint Martial, il est peu vraisemblable qu'il ait laissé là le temple bâti par ce premier apôtre, et qu'il soit allé fonder sa cathédrale à l'autre extrémité de la ville.

(1) On trouve cette Vie de saint Amans, écrite en vers romans, dans la collection des Poésies des troubadours, par Raynouard.

(2) Bonaventure de Saint-Amable^ auteur limousin. Gallia christiana^ édit. des Bénédictins en 13 vol. in-f». Ruthena christiana. Manuscrit:appartenant au séminaire de Limoges.

(3) Bailiet, Bosc, Gaujal.

Mais si saint Amans n'est venu qu'au siècle, comme le veut Baillet et après lui tous nos historiens, nous ne pouvons admettre qu'il ait été le premier apôtre de Rodez, et qu'il y ait bâti le premier temple chrétien. En effet, il paraît certain que la foi chrétienne a été prêchée dans les Gaules dès le premier siècle par les disciples des apôtres. C'est ce que dit le P. Longueval (1), et il rétablit sur de bonnes preuves. Il est vrai qu'il ajoute qu'elle n'y fit pas d'abord de progrès durables ; il est vrai aussi qu'il ne croit pas à l'apostolat de saint Martial et de plusieurs autres au premier siècle; mais les difficultés qu'il allègue ont reçu de nos jours les solutions les plus satisfaisantes.

De plus, pour ce qui concerne Rodez, la tradition locale ne dit pas que saint Amans y fonda une église; elle dit seulement qu'il restaura l'église de Rodaz qui était dans un fâcheux état de décadence (2). Il y avait donc avant lui une église à Rodez, il y avait des fidèles, il y avait une chrétienté.

Nous admettons, si on veut, que saint Amans a bâti une église, mais, à coup sûr, il s'est conformé à la tradition liturgique, et il n'a pas manqué de l'établir sur les fondements de l'ancienne, c'est-à-dire sur l'emplacement de la cathédrale actuelle.

Il est impossible d'admettre qu'il l'ait bâtie là où est maintenant l'église de Saint-Amans ; car elle aurait été trop loin du centre de la population de Rodez, et comme

11 n'y en avait pas d'autre à celte époque, l'état religieux de la ville en aurait trop souffert. En effet, quoi qu'en

(1) Histoire de l'Eglise gallicane, Dissertation préliminaire.

(2) Mémoires de la Société' des lettres, sciences et arts de l'Aveyron, IV, 485.

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