‹ Histoire de la Cathédrale de RodezChapitre 11 sur 152 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

dise M. de Gaujal (i), au v° siècle la ville n'était pas située dans le quartier du Bourg, mais dans celui de la Cité. La ville gauloise et gallo-romaine s'étendait depuis les abords de la cathédrale actuelle jusque vers les rues de la BuUière et de Saint-Jusl, à l'est. M. de Caumont remarque (2) que ce fut au iv° siècle que, pour se défendre contre l'invasion des barbares, les villes chefslieux s'environnèrent de murailles, et que toutes les cités, ainsi environnées de murailles, furent rétrécies dans leurs proportions pour être d'une défense plus facile. Dans cinquante villes à peu près dont les plans ont été relevés, M. de Caumont a trouvé que la surface est presque la même et ne dépasse guère dix hectares. C'est donc à cette surface plus ou moins exiguë que se réduisait la ville de Rodez au siècle. Et le centre de la population étant vers la place de la Cité (3), la distance de ce

(1) M. de Gaujal traite cette question fort légèrement dans le tome lit de ses Études historiques sur le Rouergue. Son mémoire contient beaucoup d'affirmations et de conjectures, mais des preuves sérieuses il n'y en a pas. Si, en effet, le Bourg est l'ancien Segodun des Gaulois, comment expliquer la présence du grand cimetière public des Ruthénois dans ce quartier? La Cite' n'oftre rien de semblable. Autre fait à remarquer. Dans la Cite' tous, les anciens édifices religieux : Saint- Vincent, la cathédrale , Saint-Pierre-le-Doré , Saint-Étienne-del-Mazel , sont bâtis sur le périmètre. Le milieu était déjà pris par les maisons et on n'avait pas jadis la trop facile ressource de l'expropriation. Dans le Bourg au contraire, le monastère de Saint-Amans occupe le bon milieu du quartier. Preuve certaine que cette partie de la ville de Rodez n'était pas encore bâtie au vie siècle. M. de Gaujal n'a pas dit, tant s'en faut, le dernier mot sur l'histoire topographique de Rodez. C'est encore un sujet npui". Les archives départementales de l'Aveyron renferment quelques sources précieuses. On pourra surtout consulter dans le fonds de Vévêché et du chapitî^e, les nombreuses pièces relatives aux rues, places et quartiers de Rodez.

{9.) Bulletin monumental, vol, XXV, p. 63.

(3) Sur ce point de la ville, les maisons devaient être alors bien plus serrées qu'aujourd'hui. La place dite delà Cî7e fut, sinon établie, du moins agrandie au xiiF siècle. Dans les chartes de cette époque, elle est tou-

point à l'église de Saint-Amans est trop considérable pour qu'on puisse croire que l'église principale, l'église unique, ait été bâtie dans cet endroit.

Bien plus, il y a une raison décisive, selon nous, qui prouve que la ville de Rodez n'était pas sur le quartier du Bourg, c'est que ce quartier était presque entièrement occupé par le cimetière de la ville. Ce fait est reconnu par nos historiens, et les monuments funéraires que l'on découvre tous les jours en creusant le sol, tendent à le confirmer Le beau cippe en grès rouge qu'on voit au musée de l'Aveyron fut trouvé en 1839 dans les fondations d'une maison près de l'église de Saint-Amans. — En 1857 la municipalité fit pratiquer des tranchées pour la conduite des eaux de Vors. Ces fouilles amenèrent la découverte de nombreux tombeaux dans les rues de la Pomme et de Saint-Amans, sur les places de la Magdeleine, de l'Olmet et du Bourg {\). On en a compté jusqu'à dix couches (2) superposées dans le voisinage de l'église de Saint-Amans. La plus basse doit remonter à l'époque

jours appelée la place du Marché neuf, nom qui lui est resté presque jusqu'à nos jours. De là vient aussi le nom de la rue Neuve, une des principales rues qui aboutissent à la place de la Cité. Arch. de l'Aveyron. Les deux fonds de l'evêche' et du chapitre de Rodez. A cette époque la Cité s'était beaucoup augmentée d'hommes et de richesses, comme dit la charte des privilèges accordés par l'évêque B... en 1244. V. Gaujal, t. I, p. 309.

(1) En 1350, les consuls du Bourg élevaient des constructions sur la place de ce nom. Un arrêt du conseil du roi rendu à la requête de l'évêque de Rodez les condamna à démolir parce qu'ils bâtissaient sur un sol qui avait été et était depuis longtemps un cimetière. Ibid. Fonds de Vévêché. Parchemi?i original dans les compositions entre l'évêque et les consuls. M. de Barrau constate que « l'usage s'est même conservé de prononcer Tabsoute à l'un des coins de la place ou se trouvait alors une croix. » Mémoires, l, IP partie, p. 125.

(2) M. B. Lunet, le dit dans un rapport à la Société des lettres, sciences et arts de l'Aveyron, séance du 30 juillet 1857. Mémoires, t. VIII.

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