CHAPITRE XIV
dans toutes les Indes. Un pieux missionnaire dominicain de Rodez, nommé le P. Lacoste, l'avait portée en 1683 dans son couvent. Elle y fut toujours honorée avec ferveur sous le titre de Notre-Dame des Indes. Il est merveilleux qu'après la destruction du couvent et malgré tant de désordres révolutionnaires, le tableau soit resté intact et soit passé sans encombre et sans dommage à l'église cathédrale (1).
Depuis cinq ou six ans les lampes allumées se multiplient dans les chapelles devant l'autel de la sainte Vierge et des saints. Nous en trouvons une à la chapelle de Notre- Dame des Sept-Douleurs, deux à celle de Notre-Dame du Rosaire, une à la chapelle de Sainte-Anne. C'est un bon signe. Les fidèles montrent ainsi le besoin et la confiance qu'ils ont dans l'intercession des saints. Les chrétiens du moyen âge pensaient de même. En 1298, Pétronille Fua-
ga, épouse de , portier de l'évêque de Rodez, donne
et assigne pour l'entretien de la lampe qui brûle devant les reliques m thesaurario ecclesie Béate Marie Ruthenensis in honorem \Beate Marie Virginis et Omnium Sanctorum quorum reliquie ibidem requiescunt, la rente annuelle d'une hémine d'huile payable à la fête de saint André, apôtre (2).
Dans la chapelle du Trésor il y avait un bassin pour recevoir les offrandes des fidèles, pecunias que ponuntur
(1) Pour de plus longs détails, voir la brochure intitulée : Notre- Dame de Guadalupe ou des Indes ^ notice du tableau miraculeux de 'Nutre-Dame des Indes gui se voit à Guadalupe au Mexique, de plusieurs copies de ce tableau, et en particulier de celle qui est conservée à Rodez, avec des prières pour une neuvaine et pour un triduo d'exercices . Deuxième édition, 1858. Ratery , imprimeur.
(2) Archives de l'Aveyron, fonds du chapitre de Rodez. Registre de notaire, fo '22, coté n» 250.
in loco vulgariter vocato hO SOT in capella ubi reliquie in dicta ecciesia consueverint custodiri (1).
Le vitrail de la chapelle représente la scène la plus émouvante de l'histoire du tableau de Notre-Dame des Indes, c'est quand l'image miraculeuse* de la madone se découvre sous le manteau de Diego à l'évêque de Mexico. Il a été fait en 1873. Il provient de la même manufacture que ceux du Sacré-Cœur et du patronage de saint Joseph.
Chapelle de Saint-François-Régis. C'est la chapelle qui portait, au commencement du xiv^ siècle, le nom de Saint-Paul. L'histoire manuscrite des évêques de Rodez par Sicard dit, en parlant de Pierre de Pleine-Chassaigne : « Il mourut le 6 février de l'année 1318; son corps fut enterré dans la chapelle de Saint-Paul, près le Saint Soulier, qui est aujourd hui la sacristie ; mais son tombeau ne s'y peut voir depuis qu'on a haussé la dite chapelle. » M. Magne et M. de Barrau en ont conclu que la chapelle de Saint-Paul était la grande sacristie des chanoines et, en conséquence, c'est là qu!ils placent le tombeau de Pierre de Pleine-Chassaigne; chose tout à fait impossible, puisque la sacristie du chapitre n'existait pas encore en 1318, et que le chocher, dont elle occupe le rez-dechaussée, n'a été bâti qu'en 1385, soixante-sept ans après la mort de Pierre de Pleine-Chassaigne. Il faut donc chercher ailleurs le lieu de la sépulture de cet évèque ; et ce lieu ne peut être que la chapelle actuellement nommée de Saint-Régis.
Le texte que nous avons cité lui convient d'ailleurs parfaitement ; elle était, en etïet, au xiv^ siècle, voisine de la chapelle, du Saint-Soulier ou des reliques ; elle a
(Ij Archivas de l'Aveyron, caisse des compositions, pièce T.